Chroniques 1914-07

 

DDernière mise à jour / Letzte Änderung : 06 / 08 / 2021

 

Page rédigée par : MJR

 

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg

 

 

Introduction

 

 

Dans cette chronique nous avons rassemblé l’essentiel des informations relatives aux fortifications, à l’évolution des techniques civiles et militaires, à l’évolution des armées européennes et aux garnisons d’Alsace-Lorraine. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

A travers la lecture de ce document, nous vous invitons à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année, mais pour les textes originaux retranscrits sur cette page, il est dès fois nécessaire de gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française de cette époque.

Cette chronique n’est pas définitive et évolue constamment pour être complétée et mise à jour. Avant d’aborder les chroniques de l’année, nous commençons par vous présenter succinctement la liste des fortifications principalement européennes en cours de construction ou de modernisaation et l’évolution des techniques militaires de cette année.

 

Abréviations et termes allemand couramment utilisés :

 

A.K.O. = Allerhöchste Kabinetts-Order = Ordre du cabinet impérial / Ordonnance impériale (ordre signé par l’Empereur d’Allemagne).

Bau = bâtiment

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

Reichsland = Terre d’Empire = partie annexée de l’Alsace-Lorraine.

IR = Infanterie-Regiment = Régiment d’infanterie (généralement suivi de son numéro).

AK = Armee-Korps = corps d’armée.

Adjudant = chef de cabinet, il s’agit d’une fonction, tenue par un militaire du grade allant de Leutnant à Feldartillerie = artillerie de campagne.

Fliegerkompagnie = compagnie d’aviateurs.

Freiherr = titre de noblesse non attaché à un territoire.

Fußartillerie = artillerie à pied, artillerie de siège et de forteresse

General en fonction de la personnalité pour qui il exerce cette fonction. Ce terme n’a rien avoir avec le grade d’adjudant usité en France.

Generalstab = état-major général.

Geschäftszimmer : bureau de l’état-major, du service ou de l’unité.

Infanterie-Regiment = régiment d’infanterie.

Kavalier – cavalier, ouvrage de fortification que l’on trouve sur l’extension de l’enceinte urbaine de Strasbourg.

Kommando = commandement.

Kommandeur = commandant de grandes unités ou service, chef de corps.

M.G.K. = Maschinen-Gewehr-Kompagnie = compagnie de mitrailleurs.

Pioniere = génie.

Stabsgebäude = batiment état-major.

Stube = pièce, chambre.

 

Les grades allemands et leur équivalence françaises :

 

General der Infanterie, General der Kavalerie = équivalent au général de corps d’armée.

Generallieutenant = équivalent au général de division.

Generalmajor = équivalent au général de brigade.

Oberst = = colonel.

Oberstlieutenant = lieutenant-colonel.

Major = chef de bataillon, chef d’escadron, commandant.

Hauptmann ou Rittmeister (pour les troupes montées) = capitaine.

Oberleutnant = lieutenant.

Leutnant = sous-lieutenant.

 

Remarque : l’orthographe allemande diffère de celle d’aujourd’hui. Par exemple pour les portes on note la présence d’un h « Thor » qui a disparu ultérieurement (Tor), et de nombreux mots s’écrivent encore avec un c, alors que quelques années plus tard on utilisera le k, comme pour Fortification écrit ultérieurement Fortifikation. On germanise les mots d’origine française. J’emploi autant que possible l’orthographe d’origine.

 

Les sources sont indiquées par un numéro commençant par S « S0000 ». Le détail concernant ces sources est indiqué en fin de page.

 

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

 

Dans cette rubrique je recense l’essentiel de l’activité de construction des fortifications en Europe. Elle permet de comparer les ouvrages érigés à Strasbourg à ceux qui ont étaient en construction à la même période. Certes, cette liste comporte certainement des lacunes, quelques erreurs ou dates de construction divergentes en fonction des sources. Ces informations peuvent évoluer et être complétées par des informations analyses complémentaires. L’ensemble des informations est tiré des sources citées en fin de page et complétées par les relevés effectués sur le terrain. Compte tenu que l’année 1914 est traitée en plusieurs pages, compte tenu du début de la première guerre mondiale, la rubrique relative aux fortifications concerne toutefois l’année 1914 entière.

 

Compte tenu de l’actualité très riche à l’approche du début de la première guerre mondiale, la rubrique est entièrement traitée dans la page précédente 1914 01-05.

 

Chroniques générales de la place forte de Strasbourg

 

 

Voici les chroniques de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services. Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement.

Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire de cette année, mais prenez garde à gratter la couche de nationalisme que l’on retrouve dans la presse allemande et française.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour.

 

 

Juillet 1914 / Juli 1914

 

 

L’année 1914 est marqué par le début de la 1ère guerre mondiale. Aussi nous allons élargir un peu le sujet pour ce début de guerre en sortant du cadre de la place forte de Strasbourg, pour essayer de vous présenter cette spirale qui entraîne dans un premier temps une grande partie de l’Europe dans une guerre sanglante. Toutefois pour comprendre la perception des événements dans la place forte, nous allons recourir à quelques extraits de journaux personnels rédigés au jour le jour au cours de cette période. A la veille de la 1ère guerre mondiale, je pense qu’il est intéressant de voir dans le détail les unités stationnées à Strasbourg et dans les ouvrages de fortification.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : unités affectées à la garde et au casernement des ouvrages de fortification en été 1914.

Une partie des forts détachés et des cavaliers de l’enceinte urbaine ont une garnison permanente, constituée d’une ou deux compagnies. Chaque année, un des trois bataillons d’infanterie des régiments de la garnison fournit les personnels destinés à assurer tous les services de la place. Les compagnies sont relevées tous les ans en automne, à la fin des grandes manœuvres. Elle séjourne en principe pendant un an dans les ouvrages. Elles fournissent les personnels qui assurent la garde des ouvrages cités et des ouvrages voisins dépourvus de garnison permanente. La garde des ouvrages est relevée toutes les 24 heures. Mais en août 1914 les unités citées seront relevées dès le début de la première guerre mondiale, par des formations de réservistes.

Fort Moltke

Unité en garnison : 1. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 32, III. Bataillon, 11. Kompagnie. Officier résident au fort : Leutnant Schreder.

Fort Roon.

Unité en garnison : 1. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 32, III. Bataillon, 9. Kompagnie. Officier résident au fort : Leutnant Frohne.

Fort Kronprinz

Unités en garnison : Infanterie-Regiment Nr. 126 Grossherzog Friedrich von Baden, I. Bataillon, 1. Kompagnie & 3. Kompagnie. Officiers résidant au fort : Leutnant Breuling, Leutnant Magenau.

Fort Baden

Unités en garnison : Niedersächsisches Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 10, II. Bataillon, 7. Batterie & 8. Batterie. Officiers résidant au fort : Leutnant Maurach, pièce 21 et Leutnant Alber, pièce 20.

Fort Bismarck

Unités en garnison : Infanterie-Regiment Nr. 126 Grossherzog Friedrich von Baden, I. Bataillon, 2. Kompagnie & 4. Kompagnie. Officiers résidant au fort : Leutnant Koeperle, Leutnant Tuttmann.

Fort Sachsen

Unités en garnison : 4. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 143 ; II. Bataillon, 6. & 7. Kompagnie. Officiers résidant au fort : Leutnant Klein et Leutnant Haacke.

Fort Tann

Unité en garnison : 4. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 136, I. Bataillon, 1. Kompagnie. Officier résidant au fort : Leutnant Lawaczek.

Fort Werder

Unité en garnison : 4. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 136, I. Bataillon, 4. Kompagnie. Officier résidant au fort : Leutnant Schumann.

Fort Bose

Unité en garnison : Infanterie-Regiment Nr. 105, König Wilhelm II von Württemberg, 3. Kompagnie. Officier résidant au fort : Leutnant Ernst.

Kavalier 8, 9, 10, 11

Unité en garnison : 4. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 136, I. Bataillon, 2. & 3. Kompagnie.

Kavalier XII

Wallmeister-Schule, école des gardes des fortification (personnel du génie).

Kavalier XIV

Services en garnison : Geschäftszimmer, Niedersächsisches Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 10, II. Bataillon, bureau du 2ème bataillon, pièce 19 et Geschäftszimmer Zalmeister II. Bataillon, trésoriers du 2ème bataillon, pièce 21.

Kavalier XV

Unité en garnison : Niedersächsisches Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 10, II. Bataillon, 5. Batterie.

Kavalier XVI

Unité en garnison : Niedersächsisches Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 10, II. Bataillon, 6. Batterie.

Bilan : en 1914, à Strasbourg, 9 forts détachés sur 14 ont une garnison permanente d’une ou deux compagnies.

Source : S0633.

 

Allemagne, Strasbourg garnison : répartition des unités dans la garnison jusqu’à la mobilisation.

Voici la liste des état-majors, unités et services divers de la garnison de Strasbourg d’après l’annuaire des officiers de la garnison « été 1914 », à priori édité vers le mois de juillet 1914. Quatre forts détachés ont une garnison de deux compagnies.

General-Kommando des 15. Armee-Korps

Adresse : bureaux, Brandgasse 11 (rue Brûlée). Tribunal du 15e corps d’armée : Antwerper Ring 38. Intendance du 15e corps d’armée, Kleberstaden 12. Service de santé, Sanitätsamt : Brandgasse 11, 3e étage.

Général commandant le 15e corps d’armée : General der Infanterie von Deimling, Exzellenz, Brandgasse 13. Téléphone : 296.

Chef des Generalstabes, chef de l’état-major général : Oberst Graf von Waldersee.

Etat-major général : Major Meister, K.W. Hauptmann Fischer, Hauptmann von Kalm.

Adjudantur : Major Reinecke, Hauptmann Starke (Kommandiert zur Dienstl.), Major Wasserfall.

Intendant : Wirkl. Geheim Kriegsrat von Seebach. Korpsarzt : Generalarzt Dr. Brandt. Ober-Arzt Dr. Wolff. Korps-Stabs-Apotheker : Dr. Crato. Korpsstansveterinär : Wilden. Ober-Kriegsgerictsrat Dr. Dähn Ober-Kriegsgerichtsrat Stud. Kriegsgerictsrat Jorns. Militär-Oberpfarrer (kath) : Prälat Wilhelm. Oberkriegsgericht-Sekräter : Fritsch. Registrator : Katzwinkel.

Gouvernement

Bureaux du gouvernement « Geschäftsraüme » : Blauenwolkengasse (rue de la Nuée-Bleue) n°25 ; téléphone n°537, 795, 911, 12, 13, 3908 et 3907. Le gouvernement est doté de 7 postes téléphoniques.

Tribunal du gouvernement : Antwerperner Ring (boulevard d’Anvers) n°38, 1er étage.

Gouverneur militaire de la place forte de Strasbourg : Generalleutnant von Eberhardt, Exzellenz, Blauenwolkengasse 25, téléphone de forteresse « Festungstelephon » n°33.

Chef de l’état-major général du gouvernement (Chef des Generalstabes » : Oberstleutnant von Böckmann. Etat-major général du gouvernement « Generalstab » : Major Mohs ; Hauptmann Hosse. Adjudant : Hauptmann von Glasenapp. Garnisonarzt : General-Oberarzt Dr. Schickert. Kriegsgerichtsrat : Hauck et Mewes. Kriegsgerichtssekretär : Stoecklin.

Kommandantur

Bureaux de la Kommandantur (commandement de la place) : Gießhaus-Gebäude (bâtiment de la fonderie) n°5, 1er étage, téléphone n°17.

Tribunal « Gerichtszimmer » : Gießhaus-Gebäude, dans la cour, pièce 4.

Kommandant, commandant de la place : Generalleutnant von Vitinghoff gennant, dénommé Scheel, Exzellenz.

Platzmajor, major de place : Hauptmann Schmidt. Gerichtsoffizier : Leutnant Dierke.

30. Division

Geschäftszimmer, bureaux de la division : Brandgasse, rue Brûlée, n°11, téléphone n°35. Geschäftszimmer der Divisions-Intendantur : Steinwallstraße, 8. Gerichtszimmer der Division : Antwerpener Ring, téléphone 4052.

Général commandant la division « Kommandeur » : Generalleutnant von Eben, Exzellenz.

Generalstab : état-major général : Major Freiherr von Nettelbladt. Adjudant : Major Betcke. Vorsteher der Divisions-Intendantur : Int.-Ass. Von Chrismar. Divisionsarzt : General-Ober-Arzt Dr. Nickel. Kriegsgerichtsrat : Becker ; Dr. Osiander ; von Jan. Kriegsgerichts-Sekretär : Weigt ; Frommelt. Mil.-Ger.-Ass. Dittmar. Divisionspfarrer (evangelisch) : Lic. Duhm ; Streckenbach. Divisions-Pfarrer (katholisch) Dr. Paulus ; Booz.

60. Infanterie-Brigade

Geschäftsräume : Brandgasse 11, 1er étage, téléphone n°38.

Général commandant « Kommandeur » : Generalmajor von Altrock. Adjudant : Hauptmann Petri.

61. Infanterie Brigade

Geschäftsräume : Gießhausgasse 5, pièces 20-22, téléphone n°17.

Général commandant « Kommandeur » : Generalmajor von Frankenberg und Ludwigsdorf. Adjudant : Hauptmann Gottschalk.

85. Infanterie-Brigade

Geschäftsräume : Brandgasse 11, téléphone n°35.

Général commandant « Kommandeur » : Generalmajor von Ludendorff. Adjudant : Hauptmann von Guretzky-Cornitz.

3. Kavallerie-Inspektion

Geschäftsräume : Gießhausgasse 5, pièce 23.

Inspekteur : Generalleutnant von Heydebreck, Exzellenz. Adjudant : Rittmeister von Oertzen.

30. Kavallerie-Brigade

Geschäftsräume : Gießhausgasse 5, Ecke Broglieplatz, pièces 1-2, téléphone n°3346.

Kommandeur : Generalmajor von Zieten. Adjudant : Rittmeister Nolte. Zugeteilt : Pferdevormusterungskommissar, commissaire de recensement des chevaux, Major z. D. Kumme.

30. Feldartillerie-Brigade

Geschäftsräume : Gießhausgasse 5, pièce 5, téléphone n°17.

Kommandeur : General-Major Kühne. Adjudant : Hauptmann Ulfert. Feuerwerks-Oberleutnant, lieutenant-artificier : Urmann.

2. Fuß-Artillerie-Inspektion

Geschäftsräume : Gießhausgasse 3, 1er étage, téléphone n°18.

Inspekteur : Generalleutnant Borkenhagen, Exzellenz. Adjudant : Major Schiele ; Hauptmann Buchholz.

4. Fuß-Artillerie-Brigade

Geschäftszimmer : Kaserne von Decker, Stube 81/82, téléphone n°6.

Kommandeur : Generalmajor Bansi. Adjudant : Hauptmann Wendland.

3. Ingenieur-Inspektion

Geschäftszimmer : Stabsgebäude des Pionier-Bataillons 19, Zimmer 6-7, Festungs-Telefon n°25.

Inspekteur : Generalmajor von Sausin. Adjudant : Hauptmann Deyhle et Hauptmann Schultz.

3. Pionier-Inspektion

Geschäftszimmer : Stabsgebäude des Pionier-Bataillons 19, Zimmer 6-7, Festungs-Telefon n°25.

Inspekteur : Generalmajor von Mertens (officier qui a commandé les troupes du génie pendant le siège de Strasbourg). Adjudant : Hauptmann Grosser, Oberleutnant Windelband.

Kommando der Trains XIV., XV., XVI. und XXI. Armee-Korps

Geschäftsräume : Gießhausgasse 3, rez-de-chaussée, téléphone n°28.

Kommandeur : Oberst Brand. Adjudant : Oberleutnant Milde.

Kommando der Pioniere des 15. Armee-Korps

Geschäftszimmer : Pionierkaserne, Stabsgebäude, Stube 42-43, téléphone n°25.

Kommandeur : Oberst Müller. Adjudant : Leutnant Lahr.

Landwehr-Inspektion Straßburg im Elsass

Geschäftszimmer : Brandgasse 11, 1er étage, pièces 58, 60 et 62, téléphone n°36.

Inspekteur : Generalleutnant von Hopffgarten gennant Heidler, Exzellenz. Adjudant : Leutnant Lahr.

Kaiserliche Statthalter in Elsass-Lothringen

Détaché auprès du gouverneur d’Alsace-Lorraine : Major von Stempel.

Königliches Sächsischen 6. Infanterie-Regiment Nr. 105, König Wilhelm II von Württemberg

Chef, commandant honoraire : Seine Majestät, König Wilhelm II von Württemberg.

Kommandeur : Oberst Allmer.

Maschinengewehr-Kompagnie, et 1., 2. 3. Kompagnie : Grosse Schleusenkaserne.

5., 6., 7., 8. Kompagnie : Manteuffelkaserne, Bau I.

9., 10. 11., 12. Kompagnie : Illtorkaserne.

8. Württembergisches Infanterie-Regiment Nr. 126 Großherzog Friedrich von Baden

Chef, commandant honoraire : Friedrich II. Großherzog von Baden K.H.

Kommandeur : Oberst von Schimpf.

Zugeteilt (affecté à ce régiment) : Festungs-Maschinen-Gewehrabteilung Nr. 9 (compagnie de mitrailleurs de forteresse).

III. Bataillon : Bau II Margaretenkaserne.

II. Bataillon : Bau III Margaretenkaserne.

2., 4. Kompagnie : Fort Kronprinz.

1., 3. Kompagnie : Fort Bismarck.

1 Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 132

Kommandeur : Oberst Kreyenberg.

I., II. Bataillon, 10., 12. Kompagnie : Kaiserwilhemkaserne.

9. Kompagnie : Fort Roon.

11. Kompagnie : Fort Moltke.

4. Lothringisches Infanterie-Regiment Nr. 126

Kommandeur : Oberstleutnant Matthies.

1. Kompagnie : Fort Tann.

4. Kompagnie : Fort Werder.

2., 3. Kompagnie : Kavalier 8, 9, 10 et 11.

II. Bataillon : Manteuffelkaserne, Gebäude II.

III. Bataillon : Manteuffelkaserne, Gebäude III.

4. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 143

Kommandeur : Oberst von Petersdorff. Stab (état-major), I., II. Bataillon : Straßburg.

I. Bataillon : Kaiser-Friedrich-Kaserne.

II. Bataillon : 6., 7. Kompagnie : Fort Sachsen. 5., 8. Kompagnie : Nikolauskaserne et M.K.G. Kaserne an der Zitadellen-Allee.

III. Bataillon : Mutzig. Kommandeur : Oberst Foerster.

Affecté à cette unité : Festungs-Maschinengewehr-Abteilung Nr. 10 : Mutzig.

Commandant de compagnie : Hauptmann Knorr.

III. Bataillon des 10. Lothringischen Infanterie-Regiments Nr. 174 Forbach, provisoirement à Strasbourg.

Kommandeur : Oberst Foerster. III. Bataillon : Margareten-Kaserne.

2. Rheinisches Husaren-Regiment Nr. 9

Chef, commandant honoraire : General-Leutnant Karl Eduard Herzog von Sachsen-Coburg und Gotha K.H.

Kommandeur : Oberst Hugo. Nikolaus-Kaserne.

2. Ober-Elsässisches Feldartillerie-Regiment Nr. 51

Komandeur : Oberstleutnant Flechtner.

Artillerie-Kaserne Neudorf.

Straßburger Feld-Artillerie-Regiment Nr. 84

Stab und I. Abteilung, état-major et 1er groupe, à Strasbourg, II. Abteilung, 2e groupe, provisoirement sur le terrain d’exercice de Darmstadt.

Kommandeur : Oberstleutnant Bleidorn.

Niedersächsisches Fußartillerie-Regiment Nr. 10

Kommandeur : Oberstleutnant von Hellfeld.

Kaserne von Decker : I. Bataillon. 5. Batterie : Kavalier 15. 6. Batterie : Kavalier 16.

7., 8. Batterie : Fort Großherzog von Baden.

Badisches Fußartillerie-Regiment Nr. 14

Kommandeur : Oberst Pohl.

1., 2., 3. Batterie : Einquartierungsbaracke III, Schirmecker-Tor.

4. Batterie : Ordonnanzhaus en den Schleusen bei den Eisgruben.

III. Bataillon : Werderkaserne.

1. Elsässisches Pionier-Bataillon Nr. 15

Kommandeur : Major Rohde. Pionierkaserne.

2. Elsässisches Pionier-Bataillon Nr. 19

Chef, commandant honoraire : General der Infanterie zu Dienst Vogel von Falckenstein.

Kommandeur : Major Pampe.

Kaserne von Mertens.

2. Rheinisches Pionier-Bataillon Nr. 27

Kommandeur : Major Blum.

A priori : Esplanadenbaracke.

Badisches Pionier-Bataillon Nr. 14 à Kehl

Kommandeur : Major Eggeling.

Großherzog-Friedrich-Kaserne, Kehl.

Elsässische Train-Abteilung Nr. 15

Kommandeur : Oberstleutnant Gramsch.

Trainkaserne (actuel quartier Lecourbe).

Festungs-Fernsprech-Kompagnie Nr. 4 mit Königliches Württembergisches Detachement

Einquartierungsbaracke II, Steinring.

Flieger-Bataillon Nr. 4

Kommandeur : Major Siegert.

Fliegerhalle Polygon.

1. Kompagnie Flieger-Bataillon Nr. 4

Kompagnie-Chef : Hauptmann Genée.

Fliegerhalle, Polygone.

Bezirks-Kommando Strassburg

Geschäftsräume des Bezirks-Kommandos und des Hauptmeldeamtes : Nikolauskaserne, Flügel C.

Kommandeur : Oberst zu Dienste von Wussow.

Linien-Kommandantur Z

Geschäftszimmer : General-Direktion der Reichseisenbahnen.

Linien-Kommandant : Hauptmann Böttrich.

Artillerie-Depot

Geschäftszimmer : Broglieplatz 18, téléphone n°911.

1. Vorstand : Major zu Dienst Christel. 2. Vorstand : Major zu Dienst Eichmann. Zug-Hauptmann : Neumann. Feuerwerks-Hauptmann : Kalff.

Artillerie-Werkstatt

Geschäftszimmer : Zughausgasse 4, téléphone n°460.

Direktor : Oberst Bertog.

5. Festungs-Inspektion

Geschäftsräume : Odilienstraße 9, rez-de-chaussée.

Festungs-Inspekteur : Oberst Fritsch.

Fortifikation Straßburg

Geschäftsräume : Jakob-Sturmstaden 7, rez-de-chaussée. Festungs-Telefon n° 27.

Ingenieur-Offizier vom Platz : Major Wennhak.

Autres : Major Uhlig. Hauptmann Bartenstein. Oberleutnant Woelki, Wernecke. Hauptmann zu Dienst Kranz. Festungsbau-Hauptmann Jacob, Haas, Wittke, Buchholz, Bansemir. Festungs-Oberleutnant Stoetzel. Festungsbau-Leutnant : Blasenhauer, Cramer, Wollgast.

Artillerie-Offizier vom Platz

Broglieplatz 18, téléphone n°911.

1. Artillerie-Offizier vom Platz : Oberstleutnant Fehr.

2. Artillerie-Offizier vom Platz : Major Jahn.

3. Artillerie-Offiizer vom Platz : Hauptmann Uhenhut.

Verkehrs-Offizier vom Platz

Geschäftsräume : Feggasse 9, 2e étage. Festungs-Telefon n°37.

Major Lindow.

Oberleutnant Schwengberg, Maschinenmeister Kirchhof.

Vermessungsabteilung Straßburg im Elsass

Kaiser-Wilhelm-Kaserne

Vermessungs-Offizier vom Platz : Hauptmann von Langendorff.

Bekleidungs-Amt XV. Armee-Korps

Geschäftsräumen und Werkstatt : Vendenheimerstraße 5. Téléphone n°522.

4. Sanitäts-Inspektion

Geschäftszimmer : Manteuffelstraße, 8, rez-de-chaussée.

Sanitäts-Inspekteur : Obergeneralarzt Dr. Von Decker.

Sanitätsamt 15. Armee-Korps

Geschäftszimmer : Brandgasse 11, 1er étage, Festungstelefon n°36.

Korps-Arzt : Generalarzt Dr. Brandt qui a déjà été cité à l’état-major général du 15e corps d’armée.

Train-Depot 15. Armee-Korps

Geschäftszimmer : Nikolaus-Ring 26, Festungs-Telefon n°26.

Vorstand : Hauptmann Bezzenberger.

Gendarmerie-Brigade

Brigade-Geschäftszimmer : Gutleutgasse 12, 1er étage, téléphone n°3301.

Brigadier : General-Major Freiher von der Borch.

Gendarmerie-Distrikt Straßburg

Geschäftszimmer : Ruprechtsauer Allee 55, 1er étage.

Distrikts-Offizier : Hauptmann von Meske.

Festungs-Gefängniss

Geschäftszimmer : Festungsgefängnis, Zitadelle, Festungs-Telefon 30.

Vorstand : Hauptmann Gazert.

Intendantur des 15. Armee-Korps

Geschäftszimmer : Kleberstaden 12, Festungs-Telefon n°8.

Militär-Intendant : Wirklicher Geheim Kriegsrat von Seebach.

Intendantur der 30. Division

Geschäftsräume : Steinwallstraße 8, 1er étage.

Vorstand : Militär-Intendant-Ass. Von Chrismar.

Proviant-Amt

Schwarzwaldstraße 61-63, Festungs-Telefon n°5.

Proviant-Direktor : Rechnungs-Rat Krüger.

Proviantamts-Inspektor und Vorstand der Zweigverwaltung (annexe) Aring, Saarburgerstraße 3, Feldtelefon n°21. 

Garnison-Verwaltung

Geschäftsräume : Züricherstraße 10, Festungs-Telephon n°10.

Garnison-Verwaltungs-Direktor : R.-Rat Alter.

Garnison-Lazarett I

Militärlazarettstraße 2, Festungs-Telefon n°13.

Chefarzt : Divisions-Arzt der 30. Division, Generaloberarzt Dr. Nickel (déjà cité dans la 30. Division).

Garnison-Lazarett II

Kronenburg, Oberhausbergerstraße 74, Festungs-Telefon n°14.

Chefarzt : Generaloberarzt und Garnisonarzt von Straßburg, Dr. Schickert.

Militär-Bauamt Straßburg I

Geschäftsräume : Geilerstraße 40, 4e étage. Vorstand : Baurat Graeßner.

Militär-Bauamt Straßburg II

Geschäftsräume : Feggasse 9, 2e étage. Vortsand : Baurat Neumann.

Militär-Bauamt Straßburg III

Geschäftsräume : Vogesenstraße 9. Vorstand : Baurat Mebert.

Militär-Bauamt Straßburg IV

Geschäftsräume : Lessingstraße 41, 4e étage. Vorstand : Regierungs-Baumeister Till.

Wallmeister-Schule

Kavalier 12, am Steintor. Direktor : Hauptmann Bindernagel. Militär-Lehrer und Inspekteur-Offizier Oberleutnant Glatt. Militär-Lehrer : Festungsbau-Hauptmann Reinhardt.

Bilan : En juillet 1914, la garnison de Strasbourg (avec Kehl) comprend 20 généraux, 14 bataillons d’infanterie, 1 régiment de cavalerie, 3 groupes d’artillerie de campagne, 3 bataillons d’artillerie de forteresse, 4 bataillons du génie, 1 bataillon du train, 1 compagnie de transmissions, 1 compagnie d’aviateurs. J’ai indiqué les numéros de téléphones pour que l’on se rende de l’étendu de ce réseau, qui comprend un réseau de téléphones de forteresse et un réseau normal.

Source : S0633.

 

Mercredi 1er juillet 1914

 

France : Début de manœuvres navales.

Les manœuvres navales du Nord se déroulent du 1er au 10 juillet 1914.

Source : S2401

 

Allemagne, Reichsland, Strasbourg, place forte : pas de mesures particulières à la suite de l’assassinat du prince héritier d’Autriche.

Le 28 juin 1914, le gouverneur de Strasbourg von Eberhardt apprend du conseiller municipal Pauli une nouvelle qui allait bientôt se répandre comme une traînée de poudre : le prince héritier d’Autriche et sa femme ont été assassinés à Sarajevo. Les premières semaines de juillet n’allaient pas changer grand-chose à la vie de la garnison de Strasbourg. Aucune instruction ne parvient « d’en haut » pour une quelconque mesure préparatoire à la défense de la place. Dans ses mémoires, le gouverneur ne relate qu’une seule décision : la réalisation de 40 000 brassards blancs, destinés à être tamponnés et distribués aux formations de travailleurs affectés aux travaux de mise en état de défense. Il ne s’agit là que d’une initiative du gouvernement militaire de la place et cela pourrait être considéré comme une mesure secondaire. On craignait cependant que les hommes de ces formations passent pour des francs-tireurs et soient exécutés s’ils étaient pris par les Français !

Source : S0175, p. 170.

 

Jeudi 2 juillet 1914

 

Autriche-Hongrie, Vienne : lettre de l’ambassadeur de France.

« L’enquête sur les origines de l’attentant qu’on voudrait exiger du gouvernement de Belgrade, dans des conditions intolérables pour sa dignité, fournirait à la suite d’un refus le grief permettant de procéder à une exécution militaire », écrivait, le 2 juillet, M. Dumaine, ambassadeur de France à Vienne

Source : S1234, p. 70 ; M. Dumaine, ambassadeur de France à Vienne. Lettre à M. Viviani, 2 juillet 1914. Livre jaune, 1914, pièce 8.

 

Mardi 7 juillet 1914

 

Soir : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Bitche : manœuvres de la 60e brigade d’infanterie.

8 juillet 1914 : hier soir, les manœuvres de la « 60. Infanteriebrigade » se sont achevés par une revue des troupes. Les régiments strasbourgeois IR.105 et IR.138 sont arrivés dans le camp hier après-midi pour participer aux manœuvres de division. Les exercices de division doivent s’achever ce soir.

Source : S0442, n°158 p. 3.

 

Soir : Allemagne, Strasbourg-Metz : l’inspecteur volant.

Metz ; 8 juillet 1914. Hier soir, le Major Siegert, commandant le « Fliegerbataillon Nr. 4 » accompagné par un sous-officier, en provenance de Strasbourg, à atterri ici avec un biplan, afin d’inspecter la compagnie d’aviateurs « Fliegercompagnie » de Metz. Les aviateurs avaient été contraints de faire un atterrissage d’urgence dans les Vosges à cause de deux orages, ce qui n’a pas entraîné de dégâts. Dès que les orages s’éloignèrent, le vol a été poursuivi à partir de Phalsbourg.

Source : S0442.

 

Jeudi 9 juillet 1914.

 

18h00 : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : fuite du dessinateur alsacien Hansi.

Le dessinateur Waltz dénommé « Hansi », n’est pas revenu à Colmar hier soir 18 heures, le délai qui lui avait été fixé. De toute façon il ne devait pas se présenter à Colmar mais à Kottbus pour commencer sa peine de prison.

Source : S0442.

 

Vendredi 10 juillet 1914

 

Allemagne, Strasbourg : fête de l’anniversaire du grand duc de Bade.

L’anniversaire du grand duc de Bade a été fêté hier par la mise en place de drapeaux sur tous les bâtiments militaires, suivi d’un service religieux dans les églises de garnison des deux croyances, auxquels participaient le régiment d’infanterie n°126 « Grand duc de Bade » ainsi que le régiment badois d’artillerie à pied n°14 stationné ici, en tenue de parade. Au service religieux qui s’est déroulé dans l’église de garnison protestant, a également participé entre autres, le Statthalter von Dallwiz. Après les services religieux, les deux régiments se mirent en place sur le « Kaiserplatz » (actuelle place de la République), où venait d’arrivé les généraux rassemblés devant le palais impérial avec les officiers de la garnison qui n’étaient pas de service, pour écouter le discours. Le court discours adressé aux troupes par le gouverneur le Generalleutnant von Eberhardt est suivi d’un défilé des deux régiments, devant le gouverneur représentant le général commandant le XVe corps, le général von Deimling, qui était absent pour raison de service.

Source : S0442.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : interdiction des couleurs françaises.

Les couleurs françaises interdites dans la rue d’après une information parue dans la presse locale : « Strasbourg, le 10 juillet 1914. La politique de l’Autruche ! La police d’Alsace-Lorraine va vers des temps difficiles. Elle reçoit plus de travail, sans pour autant recevoir plus de pain. Dans la rue Schlüsselstraße à Colmar, d’après le « Elsäsische Kurier », un homme appartenant à la classe ouvrière a été arrêté, parce qu’il portait sur les épaules un grand et beau bouquet de fleurs, qui paraît-il, comportait les dangereuses couleurs françaises bleu, blanc et rouge, et a donc enfreint la loi en montrant ces couleurs en public. Ce bouquet composé de fleurs des champs assemblé avec goût a été confisqué et emporté au commissariat de police. Cette procédure a entraîné de l’étonnement mais également pas mal de d’hilarité. Espérons que le bouquet ne comportait pas quelques chardons. Ceci pourrait facilement piquer un fonctionnaire de police et se serait une entrave à une opération de police ».

Source : S0442.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : accident mortel au Fort Tann.

La presse locale nous livre ces informations : « Strasbourg, le 10 juillet 1914. Un soldat a tué un camarade. Un grave accident s’est déroulé mercredi soir vers 17 heures au Fort Tann près de Grafenstaden. Une sentinelle du Infanterieregiment Nr. 132 a pour rigoler, mis en joue son camarade comme s’il allait lui tirer dessus. Celui ci a également pris cela à la rigolade et simula un blessé grave. C’est à cet instant que le coup est parti –la sureté du fusil n’était pas mise- et atteignit son camarade dans la poitrine. Ce coup de feu a rapidement entraîné le décès. Les deux soldats sont originaires de Posen ».

Source : S0442.

 

Mardi 14 juillet 1914

 

France : appel à la grève générale en cas de guerre.

A l’appel de Jaurès et de Vaillant, la S.F.I.O. vote une motion appelant à la grève générale internationale contre une guerre éventuelle. 

Source : S1070.

 

Mercredi 15 juillet 1914

 

France, Russie, visite du Président de la République français et du Président du Conseil, le départ. Tandis que se déroulait les événements de la crise des Balkans, le Président de la République française, M. Raymond Poincaré, et le chef du gouvernement, M. René Viviani, président du conseil, ministre des Affaires Etrangères, se trouvaient hors de France. Ils avaient en effet, quitté Paris le 15 juillet 1914 et débarqué le 20 juillet 1914 à Cronstadt, où ils étaient les hôtes de la Russie.

Sources : S0132. S1070. S1234, p. 71.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, déclaration du dessinateur alsacien Hansi.

Une déclaration de Hansi. Paris, le 15 juillet 1914. La Figaro a publié un article du caricaturiste Hansi titré « Pourquoi je ne me suis pas rendu », dans lequel il attaque de la façon la plus vigoureuse le tribunal impérial « Reichsgericht » et il dit : « Je sais, j’avais promis de ne pas fuir. Je me suis présenté loyalement à Leipzig, dans l’espoir d’y trouver des juges. Mais dès le début de l’audience du procès, j’ai constaté que j’étais tombé dans un guet à pans. Je me suis fait attaquer par le procureur supérieur de l’Empire « Oberreichsanwalt » comme le dernier des apaches et les juges ne trouvèrent ni dans mon album ni dans ma vie la moindre circonstance atténuante. Le combat était si inégal. J’ai peut être vu l’Alsace-Lorraine pour la dernière fois. J’ai laissé à l’Allemagne une somme qui représente plus que toute ma fortune. Mais je suis libre, et je veux devenir français comme l’étaient mes pères ! ».

Source : S0442.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : zone interdite aux avions.

Interdit aux avions « Für Flieger verboten ». Le président du district « Bezirkspräsident » pense qu’il est opportun de rappeler l’interdiction de survol de la place forte : les vols avec des dirigeables, des ballons à air libres et aéronefs de toutes sortes au-dessus des zones interdites ou le décollage dans de telles zones, sont prohibés s’ils n’ont pas fait l’objet d’une autorisation écrite du « Generallkomando » commandement général. Les zones interdites sont comprises à l’intérieur des limites suivantes : le Rhin au sud, à partir du pont du Rhin à Drusenheim jusqu’à la limite du district, le long de cette limite jusqu’à la frontière de l’Empire, en longeant la frontière vers le Nord jusqu’à la limite de la Lorraine, près le ligne de voie ferrée Sarrebourg – Saverne, le long de cette ligne par Saverne – Hochfelden – Brumath, puis la route de Weyersheim – Bischwiller – Drusenheim au pont du Rhin.

Source : S0442.

 

15/07/1914 environ : France, témoignage du médecin Louis Maufrais.

« J’étais venu de Paris en visite chez mes parents, à Dol-de-Bretagne. Après le 14 juillet 1914, j’avais commencé à me faire du souci. Chaque matin, en, me rendant à l’hôpital Saint-Louis où j’étais externe, je rencontrais des groupes de réservistes en route vers la gare de l’Est, rappelés avant la mobilisation officielle. En les regardant entourés de copains qui lançaient leurs chapeaux sur l’air de la Marseillaise et de « Vive Poincaré ! », j’ai compris que l’heure était grave. J’ai aussitôt demandé au directeur de l’hôpital de me donner les quinze jours de vacances auxquels j’avais droit. Je ne croyais pas que la guerre fût fatale, mais je me disais : « Avec ce qui se prépare, les jours qu’on t’a accordés vont t’être retirés, et tu vas te retrouver à la caserne un bon matin… ». A l’époque, nous nous faisions de la guerre une idée très sommaire, sans doute un peu puérile. On pensait à la guerre de 1870. Hélas, nous allions bientôt déchanter ».

Source : S2529, p. 27.

 

Lundi 20 juillet 1914

 

France, Russie, visite du Président de la République et du Président du Conseil, arrivée à Cronstadt.

Le Président de la République française, M. Raymond Poincaré, et le chef du gouvernement, M. René Viviani, président du conseil, ministre des Affaires Etrangères, ont débarqué le 20 juillet 1914 à Cronstadt, où ils étaient les hôtes de la Russie.

Nota : Cronstadt ou Kronstadt est une ville portuaire russe située à environ 20 km de Saint-Petersbourg. 

Source : S1234, p. 71.

 

Mardi 21 juillet 1914

 

Allemagne, Berlin, ambassadeur de France.

Le 21 juillet 1914, M. Jules Cambon, ambassadeur de France à Berlin, soulignait l’attitude ambiguë du secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères von Jagow, qui déclarait ignorer absolument le contenu de la note que l’Autriche se préparait à remettre à la Serbie au sujet de l’attentat. « Il m’a été assuré d’ailleurs, écrivait M. Cambon, que dès maintenant les avis préliminaires de mobilisation, qui doivent mettre l’Allemagne dans une sorte de « garde à vous » pendant les périodes de tension, ont été adressés ici aux classes qui doivent les recevoir en pareil cas »

Source : S1234, p. 70 ; M. Jules Cambon, ambassadeur à Berlin. Lettre à M. Viviani, 21 juillet 1914. Livre jaune, 1914, pièce n°15.

 

Allemagne : consignes transmises aux ambassadeurs de Russie, de France et de Grande-Bretagne, au sujet de l’ultimatum austro-hongrois à la Serbie.

Deux jours déjà avant l’envoi de la note autrichienne, le gouvernement allemand avait transmis à ses ambassadeurs en poste dans les capitales européennes des indications, des éléments de langage et des consignes. On ne pouvait donc parler de surprise face à la dureté de la note autrichienne. Dès le 21 et 22 juillet 1914, Bethmann-Hollweg avait avisé les ambassadeurs allemands à Paris, Saint-Pétersbourg et Londres que les exigences austro-hongroises envers Belgrade devaient uniquement être décrites comme « équitables et modérées ». Si le royaume serbe les refusait, ce qui était malheureusement probable, la monarchie danubienne devrait, le cas échéant, les faire prévaloir en recourant à des « mesures militaires ». Le choix des moyens adéquats relevait exclusivement de Vienne.

Toujours selon les instructions du chancelier, les ambassadeurs devaient aussi « insister » auprès des gouvernements concernés dans leur explication du principe de localisation allemand : il s’agit dans le cas actuel d’une affaire à régler exclusivement entre l’Autriche-Hongrie et la Serbie, et les puissances doivent s’efforcer de limiter ce règlement aux deux intéressées. « Nous désirons instamment la localisation du conflit, parce que toute intervention d’une autre puissance, vu la diversité des obligations d’alliance, entraînerait des conséquences incalculables »

Source : S2633, p. 121-122 ; Bethmann-Hollweg aux ambassadeurs à Saint-Pétersbourg, Paris et Londres, 21 juillet 1914, Documents allemands…, I, n°100, p. 156-158.

 

Jeudi 23 juillet 1914

 

Autriche-Hongrie : l’Autriche lance un ultimatum à la Serbie.

L’Autriche lance un ultimatum exigeant le châtiment des militants austrophobes et la collaboration de la police autrichienne à l’enquête sur l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinant.

En effet, le 23 juillet 1914, la note autrichienne était remise à la Serbie. Elle ouvrait brusquement la période aiguë de tension politique, entre les puissances européennes intéressées par le jeu des alliances. Dans cette note, le gouvernement de Vienne formulait, entre autres exigences, l’insertion au Journal Officiel de Belgrade d’une déclaration, dont les termes étaient dictés au gouvernement serbe et comportaient, de la part de ce dernier, réprobation formelle de toute menée antiautrichienne. Un délai expirant le 25 juillet 1914 à 18 heures était imparti à la Serbie, pour répondre à cette note, qui présentait tous les caractères d’un ultimatum.

Sources : S0132. S1070. S1234, p. 70-71.

 

Après-midi : France, Russie, visite du Président de la République et du Président du Conseil, départ de Cronstadt.

Au moment où les chancelleries européennes apprenaient la remise de la note à la Serbie, MM. Poincaré et Viviani s’étaient remis en route pour la France ; ils avaient quitté la Russie le 23 juillet 1914 dans l’après-midi. Leur itinéraire de retour devait passer par Stockholm ; mais la gravité de la situation, dont ils furent informés en mer, les obligea à rentrer sans délai.

Source : S1234, p. 71.

 

Vendredi 24 juillet 1914

 

France, Paris, ambassadeur d’Allemagne.

Le 24 juillet 1914, le baron de Schoen, ambassadeur d’Allemagne à Paris, communiquait à M. Bienvenu-Martin, ministre des Affaires Etrangères par intérim, une note verbale qui, après des considérations menaçantes sur l’agitation panserbe, se terminait par cette déclaration : « Le gouvernement allemand désire ardemment que le conflit soit localisé, toute intervention d’une autre puissance devant, par le jeu naturel des alliances, provoquer des conséquences incalculables ».

Source : S1234, p. 71 ; Lettre de M. Bienvenu-martin, ministre des Affaires Etrangères par intérim aux ambassadeurs et ministre de France à Belgrade, Londres, Saint-Pétersbourg, Berlin, vienne, Rome, 24 juillet 1914. Livre jaune, 1914, pièce n°28.

 

Samedi 25 juillet 1914

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Saint-Léonard.

Journal de Charles Spindler : « Dimanche 25 juillet 1914 : Au sortir de la messe, ce matin, je vais comme d’habitude à la poste prendre mon courrier. J’y rencontre Laugel. Très agité, il m’interpelle : « Eh bien ! qu’est-ce que vous en dites ? – la guerre. – Et pourquoi ? – Mais vous ne lisez donc pas les journaux ? Il y a que la Russie s’oppose à ce que l’Autriche envahisse la Serbie ! – Ca s’arrangera ! » Il me tourne le dos en haussant les épaules. Mon beau-frère Auguste qui vient de me rejoindre, ne croit pas non plus à la guerre. Lui et les siens sont arrivés la veille de Paris, tout heureux à l’idée de passer de bonnes vacances en Alsace. Le journal l’Alsace a, il est vrai, un article de tête intitulé « L’heure est grave ». Mais je suis persuadé que personne ne désire la guerre ; il n’y a déjà eu des causes de conflits plus sérieuses et je me tranquillise avec la note du journal disant que la France et l’Allemagne unissent leurs efforts pour conjurer le péril. Et puis il s’agit des Balkans, cet épouvantail par lequel les politiciens se plaisent à inquiéter les esprits ! La situation n’a pas l’air de s’améliorer. Je vais faire une visite à Madame Laugel. Son mari doit assister à un mariage à Belfort et elle se demande s’il est prudent de s’absenter ».

Source : S1909.

 

15h00 : Autriche-Hongrie / Serbie.

A 3 heures de l’après-midi : la Serbie ordonne la mobilisation (Source historique allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

17h50 : Autriche-Hongrie / Serbie : la Serbie accepte ultimatum.

A 17h50 la Serbie accepte l’ultimatum mais demande quelques explications sur des points touchant à sa souveraineté.  Un délai expirant le 25 juillet 1914 à 18 heures était imparti à la Serbie, pour répondre à cette note, qui présentait tous les caractères d’un ultimatum.

Sources : S1070. S1234, p. 71.

 

18h30 : Autriche-Hongrie / Serbie : rupture des relations diplomatiques.

A 18h30, l’Autriche-Hongrie rompt ses relations diplomatiques avec la Serbie.  

Sources : S0132. S1070.

 

Soir : France, Allemagne : mesures préparatoires à la mobilisation.

Déjà on avait appris qu’en Allemagne certaines mesures préparatoires avaient été prises dès le 25 juillet 1914 : rappel des officiers permissionnaires, mise en place de la garde de certains ouvrages d’art, travaux et mouvements de troupes pour la mise en état de défense des places de la frontière. Aussi le ministre de la Guerre français, M. Messimy, prescrivait par télégramme dans la soirée du 25 juillet 1914 une première mesure de précaution, le rappel à leur poste des officiers généraux et des chefs de corps absents de leur garnison.

Source : S1234, p. 72.

 

21h00 : Autriche-Hongrie / Serbie.

9 heures du soir : l’Autriche ordonne la mobilisation d’une partie de son Armée contre la Serbie. (Source allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

Dimanche 26 juillet 1914

 

3h26 : Russie, préparatifs de guerre.

3 heures 26 du matin : la Russie ordonne le début de la période des préparatifs de guerre. (Source allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

Autriche-Hongrie, Serbie : diffusion de la nouvelle concernant la réponse inaceptable de la Serbie.

Malgré le caractère excessif des satisfactions qu’on exigeait d’elle, la Serbie dans sa réponse, remise dans le délai fixé, acceptait de se soumettre presque sans réserve aux conditions de la note autrichienne ; mais, après un examen de quelques minutes, le ministre d’Autriche à Belgrade déclarait la réponse inacceptable et rompait les relations diplomatiques. Cette nouvelle parvenait le 26 juillet 1914 aux cabinets de Paris, Londres et Saint-Pétersbourg.

Source : S1234, p. 71-72.

 

France, jounal l’Humanité, du 26 juillet 1914 : espionnage à Dijon.

25 juillet 1914. Il y a quelques jours un individu a été arrêté avec une inculpation d’espionnage. Il a été mené au centre d’aviation et confronté aux militaires de de centre. Il y a quelques semaines une autre arrestation avait été menée. Mais elle visait surtout des faits d’espionnage concernant l’artillerie. Un des personnages arrêté est un Allemand.

Source : S2382.

 

France, titre de l’Humanité : « Le conflit Austro-Serbe : les relations diplomatiques sont rompues ».

Le gouvernement serbe ordonne la mobilisation. La cour quitte Belgrade pour Kragujevatz. Les socialistes autrichiens manifestent contre la guerre. Article de Jean Jaurès.

Source : S2382.

 

France, jounal l’Humanité : M. Poincaré continue son voyage et est arrivé hier soir à Stockholm.

Il a été reçu par le Roi et le Président du Conseil. M. Poincaré à visité Stockholm.

Sources : S0132. S2382.

 

Allemagne, Reichsland, Metz : occupation des ouvrages de fortification.

Dès le 26 juillet 1914, le général commandant le XVIe corps d’armée, dont le territoire confinait à la frontière française, avait prescrit, de lui-même, sur celui-ci, quelques mesures militaires de sûreté sans grande importance ; elles s’étaient, d’ailleurs, sous des formes analogues, pendant les périodes de tension politique des années précédentes, montrées indispensables pour la protection de Metz : occupation des ouvrages du front Ouest de cette forteresse et de Thionville par de l’artillerie à pied et des mitrailleuses, en outre des compagnies de garde ordinaires ; patrouilles de nuit sur les routes passant entre les ouvrages ; interdiction de nouvelles permissions pour la troupe. (Source allemande).

Source : S2527, p. 142.

 

Allemagne, Thionville : mesures préparatoires à la mobilisation.

Du côté allemand, les mesures préparatoires à la concentration sont prescrites aux chemins de fer. Le chargé d’affaires de France à Luxembourg signale que, dans la région de Thionville, les quatre dernières classes libérées ont reçues l’ordre de se tenir à la disposition de la Kommandantur

Source : S1234, p. 72 ; Chargé d’affaires à Luxembourg. Lettre à ministre des Affaires Etrangères. Livre jaune, 1914, pièce n°59.

 

Allemagne, Reichsland, garnison de Mutzig.

Le 26 juillet 1914, le Major von Kuhn commandant du IIIème bataillon de l’IR 143 stationné à Mutzig informe le gouverneur qu’il a donné l’ordre de renforcer la garde de la Feste à la suite d’une information qui fait état de la mobilisation en Russie. En réponse, il lui est annoncé que cette mesure n’était pas fondée, mais cela provoque tout de même une visite du gouverneur désireux de fixer les mesures de protection indispensables, même si, officiellement, elles ne sont pas applicables.

Source : S0175-p. 170.

 

Grande-Bretagne : suspension de la démobilisation.

L’Angleterre suspend la démobilisation prévue de sa flotte rassemblée en vue d’un exercice de mobilisation. (Source allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

13h00 : France : premières directives de l’état-major général.

Le 26 juillet 1914, une série de télégrammes lancés par l’état-major de l’armée, entre 13 heures et 21 heures, prescrit les mesures suivantes : Sursis aux déplacements de troupes projetés. Suspension des autorisations d’absences pour les officiers et la troupe. Convocation à l’état-major de l’armée des officiers de liaison des armées. Rapatriement dans leurs garnisons des troupes de couverture en déplacement sur les territoires des 1er, 6e, 7e, 20e et 21e corps d’armées. Ordre au gouverneur militaire de Paris et à tous les commandants de corps d’armée d’appliquer le dispositif restreint de sécurité, réduit provisoirement à la participation de l’élément civil. Ordre au général commandant le 19e corps d’étudier d’urgence la constitution du plus grand nombre possible d’unités de réservistes des tirailleurs en Algérie et en Tunisie. Demande adressée au ministre de l’Intérieur d’inviter les préfets à agir confidentiellement sur la presse pour obtenir le silence et la discrétion au sujet des dispositions d’ordre militaire qu’imposent les circonstances.

Source : S1234, p. 72.

 

Soir : France, jounal l’Humanité titre : « Bagarres et arrestations lors de la retraite exécuté par la musique du 5e RI à Paris ».

La musique a été huée, des cris de à bas les trois ans et l’Internationale a été entonnée.

Source : S2382.

 

Lundi 27 juillet 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 36 minutes

 

Autriche-Hongrie / Serbie : la Grande-Bretagne propose une réunion diplomatique.

Berlin et Saint-Pétersbourg refusent.  

Source : S1070.

 

Matin : Allemagne, Strasbourg : retour du secrétaire d’Etat.

Strasbourg, le 29 juillet 1914. Le secrétaire d’Etat « Staatssekretär » Graf Rödern est revenu à Strasbourg lundi matin.

Source : S0442.

 

Allemagne, Metz, le général commandant le XVIe corps d’armée.

Dans son compte rendu au ministère de la Guerre relatif à ces mesures, le 27 juillet 1914, le général s’exprimait ainsi : « provisoirement, je n’ai pas considéré comme nécessaire de prendre d’autres dispositions : en particulier, je n’ai pas cru devoir rappeler les officiers et hommes de troupe en permission, en raison de l’émotion que causerait une telle mesure ; cela, malgré le nombre élevé de permissionnaires agricoles, au contingent Royal bavarois, et surtout puisque la Section III b du grand état-major m’a fait connaître, hier matin, que la situation n’était pas inquiétante ».

Source : S2527, p. 142.

 

Allemagne, rappel des troupes absentes.

Le même jour, le ministère de la Guerre ordonna le rappel des troupes absentes de leurs garnisons et qui, en cas de mobilisation, devaient, pour la protection des frontières et pour des missions spéciales, être « immédiatement » mises sur pied. Il prescrivit aussi la surveillance des grandes stations de T.S.F. par la Sûreté Générale.

Source : S2527, p. 142.

 

Après-midi : France : directives de l’état-major général.

Le 27 juillet 1914, les ordres suivants sont envoyés dans l’après-midi par télégramme : Aux commandants de corps d’armée et au gouverneur militaire de Paris : application intégrale du dispositif restreint de sécurité. Aux corps de couverture sur la frontière allemande (2e, 6e, 7e, 20e, 21e corps) et au gouverneur militaire de Paris, rappel des permissionnaires. De plus, le ministre de la Guerre télégraphie au commissaire résident général au Maroc l’avisant que, dans le cas de guerre continentale, il n’y a lieu de maintenir dans le protectorat que le minimum de forces indispensables : le général Lyautey adressera ses propositions en conséquence.

Source : S1234, p. 73.

 

Allemagne : préparation de la mobilisation.

Du côté allemand, nous avons la certitude que le rappel des permissionnaires a commencé depuis plusieurs jours et que les effets de la collection de guerre sont distribués. Ce même jour, le 27 juillet 1914, l’Allemagne effectue des réquisitions et met en place ses troupes de couverture. Le consul général de France à Bâle signale que les officiers allemands en déplacement dans cette partie de la Suisse ont reçu depuis plusieurs jours l’ordre de regagner l’Allemagne ; d’autre part, avis a été donné aux propriétaires de voitures automobiles du grand-duché de Bade de se préparer à les mettre à la disposition des autorités militaires, deux jours après un nouvel ordre. Le secret, sous peine d’amende, a été recommandé sur cet avis.

Source : S1234, p. 73 ; Consul général de France à Bâle. Lettre au ministre des Affaires Etrangères, 27 juillet 1914. Livre jaune, 1914, pièce n°60.

 

Nuit : Autriche-Hongrie, France : préparation de la mobilisation.

On apprend également que la mobilisation d’un certain nombre de corps d’armée austro-hongrois est ordonnée pour le 28 juillet 1914.

France. En présence de ces événements, l’ordre prescrivant le rappel des permissionnaires est télégraphié, dans la nuit, à tous les corps d’armée qui n’ont pas encore été touchés par cette mesure.

Source : S1234-p. 73.

 

Mardi 28 juillet 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 33 minutes

 

Allemagne – Russie : télégramme de l’empereur d’Allemagne au Tsar de Russie.

« Je déploie sur l’Autriche-Hongrie toute mon influence pour la pousser à s’entendre ouvertement et pacifiquement avec la Russie. J’espère que tu m’aideras ».

Source : S1318, p. 81.

 

Matin : France : préparation de la mobilisation.

Le 28 juillet, dans la matinée, les corps d’armée de l’intérieur reçoivent l’ordre de rapatrier toutes les troupes de leurs garnisons, et d’aviser par les brigades de gendarmerie les permissionnaires n’ayant pas été touchés par l’ordre de leur chef de corps d’avoir à rejoindre sans délai.

Source : S1234, p. 74.

 

Allemagne, rappel des troupes absentes.

Le 28 juillet 1914, le chancelier, sur la demande du ministère de la Guerre prussien fit appliquer les mesures prévues pour la période de tension politique : surveillance renforcée des voies ferrées par les agents des chemins de fer, dans les régions frontières et dans le district ferroviaire de Berlin. Ce fut-là la première mesure de sécurité prise à la demande de l’autorité centrale militaire.

Source : S2527, 142.

 

12h00 : Autriche-Hongrie : l’Autriche déclare la guerre à la Serbie.

Dans la journée, la nouvelle parvient à Paris que l’Autriche-Hongrie a déclaré officiellement la guerre à la Serbie, le 28 juillet 1914 à midi.

Sources : S0132. S1070. S0132. S1234, p. 74.

 

Allemagne, Strasbourg : titre du journal Strassburger-Bürger-Zeitung.

« Der Krieg zwischen Östreich-Ungarn und Serbien. Was tut Russland ? » La guerre entre l’Autriche-Hongrie et la Serbie. Que fait la Russie ?

Source : S0442.

 

Russie : La Russie décide une mobilisation partielle.

Source : S1070.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Saint-Léonard : 28 juillet 1914

Journal de Carles Spindler : « Je vais faire partie du jury chargé de juger de la valeur des compositions devant servir à la décoration murale des écoles primaires. La commission se réunit à l’école des Arts décoratifs à Strasbourg. J’y rencontre quelques professeurs de l’école et, en attendant l’arrivée des autres membres du jury, nous nous entretenons de la situation. Seul le gros T. dont l’âge et l’embonpoint devraient avoir dompté les instincts belliqueux, manifeste une ardeur toute juvénile. Il parle de s’engager comme volontaire, « Kriegsfreiwilliger » : « Schöne Löhnung ! Man kann was erleben bonne solde et des aventures ! » En sortant du concours, qui n’offrait rien d’intéressant, j’achète quelques journaux ; ils annoncent la mobilisation russe comme imminente. Sur le quai de la gare, je rencontre le banquier S., sa femme et son fils, tous trois consternés, car ce dernier, qui est à la réserve, devrait partir dès le premier jour. Ils me confient leurs peines. Mes préoccupations sont d’un tout autre ordre ; j’ai mes nouvelles constructions à payer et je prévois que les rentrées d’argent vont se faire rares. Mais comparés à l’inquiétude de ces pauvres parents, je juge mes soucis bien mesquins. A Saint-Léonard, je communique mes journaux et mes nouvelles à mon beau-frère, qui se montre assez rassuré parce que son employé lui écrit de Paris sans faire aucune mention des bruits de guerre, et cependant ce jeune homme serait incorporé dès le premier jour de la mobilisation. J’apprends que Laugel est parti aujourd’hui pour Belfort ».

Source : S1909.

 

13h30 : Suisse, Berne, attaché militaire français.

A une demande de renseignements faite par notre attaché militaire à Berne, au sujet de l’occupation possible par les Allemands de la gare de Bâle et de l’enclave de Porrentruy, la Suisse a répondu qu’elle s’opposerait par tous les moyens à la violation de son territoire

Source : S1234, p. 74 ; Attaché militaire à Berne. Télégramme à Affaires Etrangères, 13H30, 28 juillet 1914 ; Annexe 13.

 

Après-midi : France : ordre au gouverneur militaire de Paris.

Dans l’après-midi du 28 juillet 1914, ordre est donné au gouverneur militaire de Paris de prendre les mesures de protection concernant la garde des établissements civils. Ordre est également adressé aux généraux commandant les 2e, 6e, 7e, 20e et 21e corps d’armée d’exécuter les mesures prévues pour la surveillance de la frontière ; ne seront placées sur les routes que les barrières pouvant être surveillées par les douaniers ; jusqu’à nouvel ordre, il ne sera pas fait appel aux réservistes territoriaux. Les travaux préparatoires aux manœuvres de forteresse qui devaient avoir lieu sont ajournés. Le ministre de la Guerre demande au ministre des Postes et Télégraphes d’assurer un service permanent de jour et de nuit dans les bureaux des départements ci-après : Ardennes, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Vosges Haute-Saône, Doubs, territoire de Belfort.

Source : S1234, p. 74.

 

Après-midi : France, Allemagne : l’attitude de la diplomatie allemande, tant à Berlin qu’à Paris, devient de plus en plus inquiétante.

En Allemagne, les appels individuels de réservistes ont commencé et des éléments éloignés de la frontière en ont été rapprochés. L’approvisionnement et le renforcement des forts de Metz et de Thionville se poursuivent. Les batteries installées entre Château-Salins et Delme, en Lorraine annexée, ont reçues leur personnel.

Source : S1234, p. 74.

 

Soir : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg.

Strasbourg, le 29 juillet 1914. Retour du Statthalter von Dallwitz. Le Statthalter d’Alsace-Lorraine, Dr. von Dallwitz, est arrivé hier soir, après avoir abrégé ses vacances à Tarasp.

Source : S0442.

 

Mercredi 29 juillet 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 30 minutes

 

Allemagne, rappel des troupes absentes.

Le 29 juillet 1914, tard dans la soirée, suivirent les ordres de rappel dans leurs garnisons pour tous les corps de troupe se trouvant encore en marche et dans les camps, ainsi que celui d’assurer militairement la protection des installations de dirigeables, et des principaux ouvrages d’art sur les voies ferrées et cours d’eau des territoires frontières.

Source : S2527, p. 142.

 

Allemagne : la mise en place du dispositif de couverture se poursuit.

En Allemagne, la mise en place du dispositif de couverture se poursuit. Il se confirme que les réservistes des trois dernières classes auraient reçu leur feuille de mobilisation. La réquisition des chevaux et des automobiles est commencée ; les wagons de la région frontière sont évacués sur l’arrière. Les renseignements parvenus dans la journée font connaître les mesures prises du côté allemand, ainsi que les nouvelles suivantes : les réservistes allemands habitant le grand-duché de Luxembourg ont reçu l’ordre, le 29 juillet 1914, de rejoindre immédiatement leurs régiments respectifs. Les routes sont barrées autour de Metz, les troupes portées à la frontière se fortifient. Les réquisitions continuent.

 

Allemagne, Francfort : le Consul de France signale d’importants mouvements de troupe.

Le consul de France à Francfort signale d’importants mouvements de troupe, l’arrivée de régiments en tenue de campagne, les routes remplies de militaires, les ponts et les chemins de fer gardés sous prétexte de préparer les manœuvres d’automne.

 

Allemagne : Strasbourg : le ministre de France à Munich signale des mouvements de troupe.

Le ministre de France à Munich signale de Strasbourg des transports de canons automobiles, le rappel des permissionnaires des régiments de la brigade d’infanterie bavaroise en garnison à Metz, et relate que les moulins d’Illkirch (Alsace-Lorraine) ont été invités à réserver toute leur production pour l’armée.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, place forte de Strasbourg.

Le 29 juillet 1914 parvient l’ordre du ministère de la guerre de faire garder les hangars d’aviation et des ballons « avec munitions réelles », contre toute action terrestre ou aérienne.

Source : S0175, p. 170.

 

Belgique, rappel des trois derniers contingents libérés.

L’aggravation de la tension politique, à la fin de juillet 1914, servit de motif au gouvernement belge pour faire passer, à la date du 29 juillet 1914, l’Armée sur « le pied de paix renforcée » : c’est-à-dire pour convoquer, en plus de la classe alors présente sous les drapeaux, les trois derniers contingents libérés.En même temps, les instructions furent données pour l’achat de chevaux de complément, pour la délivrance et l’attellement du matériel de guerre : ce qui signifiait une mobilisation au moins partielle. (Source allemande).

Source : S2527, p. 134.

 

France : La CGT renonce à une action pacifiste.

Source : S1070.

 

France : Le gouvernement français ordonne le retrait des troupes à dix kilomètres des frontières.

Source : S0132.

 

11h00 : Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg.

Strasbourg, le 29 juillet 1914. Mort en service. Le sapeur « Pionier » Karl Stark de la 1ère compagnie du « Württembergischen Pionierbataillon Nr. 13 » d’Ulm, qui est entrain de faire des exercices à Kehl, est tombé dans le Rhin et s’est noyé, ce matin vers 11 heures au niveau de Kehl, lors du démontage d’un pont. Stark est le fils d’un maître tailleur de Gründelhardt près de Krailsheim.

Source : S0442.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg.

Strasbourg, le 29 juillet 1914. Pas de blocage du dépôt du moulin de l’Ill. Diverses rumeurs qui ont fait le tour de la Ville lors de la journée précédente, affirment que les autorités militaires ont procédées à la réquisition de l’entrepôt du moulin d’Illkirch « Illkircher Mühlenwerke ». D’après les renseignements que nous avons obtenus, cette nouvelle est absolument erronée. L’entreprise continue de satisfaire ses clients comme à l’accoutumé.

Source : S0442.

 

Mulhouse, IR 112, Allemagne, récit de Dominique Richert.

« Le 29 juillet 1914, notre matinée fut occupée par un exercice ; l’après-midi, l’artillerie de campagne effectua une séance de tir réel. Comme nous avions le droit d’y assister, je m’y rendis, pensant que je n’aurais peut-être plus jamais l’occasion d’observer un tir d’artillerie, ce qui me semblait très intéressant. Je me tenais juste derrière les batteries et pouvais bien observer les explosions des shrapnels et des obus autour des cibles. Nous autres soldats n’avions aucune idée de la menace de guerre. »

Source : S0620.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg.

Strasbourg, le 29 juillet 1914. L’accident au Fort Tann. Le tribunal du gouvernement de la 31ème division « Gouvernementsgericht der 31. Division » a siégé hier à l’occasion du procès à l’encontre du « Musketier » Emil Bajonschal, de la 8ème compagnie du Infanterieregiment Nr. 132, qui est accusé d’homicide « Machtvergehens ». L’accusation lui reprocha d’avoir tué par négligence, son ami, le Musketier Potzahnn du même régiment, de faction au Fort, alors qu’il s’entretenait avec lui. L’audience conclue, que le coup est parti alors que Potzahnn essayait, pour blaguer, de retirer le fusil de ses bras. C’est pour cette raison que l’accusé a été acquitté.

Source : S0442.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg : pénurie d’argent liquide.

Strasbourg, le 29 juillet 1914. Trafic postal et monétaire. Le milieu du commerce se plaint qu fait qu’il est très difficile de changer de l’argent au niveau des guichets postaux ; ce sont surtout les billets de banques qui ne sont acceptés qu’avec grande difficulté par les fonctionnaires. Cette attitude est en relation avec l’actuelle situation particulière. D’après les renseignements que nous avons obtenus par les autorités concernées, ces fonctionnaires n’ont pas reçu de consignes particulières, et les transactions doivent se dérouler comme d’habitude. Si certains fonctionnaires devaient agir autrement, ce ne serait que des initiatives personnelles. Dans ce cas, le public est invité à déposer une réclamation auprès de la poste concernée.

Source : S0442.

 

13h00 : Strasbourg : retour des unités en exercice.

Retour des troupes. Depuis mardi après-midi à 13 heures, les quatre régiments d’infanterie locaux, qui était sur les terrains d’exercice, reviennent à Strasbourg. Mais il ne faut pas en conclure qu’il s’agit d’une mobilisation, puisque de toute façon, toutes les troupes devenaient revenir pour le 28 juillet 1914.

 

13h00 : France : activation de l’écoute permanente aux postes TSF des places fortes.

Le 29 juillet 1914, à 13 heures, le message suivant est transmis aux postes de T.S.F. de Maubeuge, Verdun, Toul, Epinal, Belfort : « Le service d’écoute sera permanent à partir de la réception de ce radiotélégramme ».

Source : S1234, p. 75.

 

Allemagne – Russie : réponse par télégramme du Tsar de Russie à l’empereur d’Allemagne du 29 juillet 1914 à 13h00.

« L’indignation soulevée en Russie par les procédés de l’Autriche est énorme et je la partage. Fais ton possible pour empêcher ton allié d’aller trop loin ».

Source : S1318, p. 81.

 

Après-midi : France : mesures de protection des ouvrages fortifiés.

Dans l’après-midi, des ordres prescrivent l’application des mesures de protection concernant la garde des ouvrages fortifiés, des établissements militaires et des postes de T.S.F. dans le 7e corps d’armée pour Belfort et les forts de la Haute-Moselle, dans le 2e corps d’armée pour Longwy, Charlemont, Montmédy, les Ayvelles, dans les 20e corps et 6e corps pour les places fortes et forts isolés à l’exception de Reims, dans le 1er corps pour Maubeuge et dans le 21e corps pour Epinal. Réserve est faite momentanément pour les consignes relatives à l’occupation des stations de tir contre aéronefs. L’ordre est transmis à tous les corps de couverture de procéder à l’exécution des travaux de défense prévus dans les places.

Source : S1234, p. 75.

 

Après-midi : Grande-Bretagne : télégramme d’avertissement.

Dans l’après-midi : l’Angleterre lance le « télégramme d’avertissement » pour l’Armée et pour la marine (mesure qui correspond à peu près à « l’état de danger de guerre » de l’Allemagne. (Source allemande).

Source : S2527, p. 79.

 

Monténégro : Le Monténégro ordonne la mobilisation. (Source allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

Allemagne : du côté allemand, la mise en place du dispositif de couverture se poursuit.

Il se confirme que les réservistes des trois dernières classes auraient reçu leur feuille de mobilisation. La réquisition des chevaux et des automobiles est commencée ; les wagons de la région frontière sont évacués sur l’arrière.

Source : S1234, p. 75.

 

Allemagne, Francfort : le Consul de France signale des mouvements de troupe.

Le consul de France à Francfort signale d’importants mouvements de troupe, l’arrivée de régiments en tenue de campagne, les routes remplies de militaires, les ponts et les chemins de fer gardés sous prétexte de préparer les manœuvres d’automne.

Source : S1234, p. 75.

 

Allemagne, Strasbourg, ministre de France à Munich.

Le ministre de France à Munich signale de Strasbourg des transports de canons automobiles, le rappel des permissionnaires des régiments de la brigade d’infanterie bavaroise en garnison à Metz, et relate que les moulins d’Illkirch (Alsace-Lorraine) ont été invités à réserver toute leur production pour l’armée.

Source : S1234, p. 75.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Strasbourg.

Strasbourg, le 29 juillet 1914. Retour des troupes. Depuis mardi après-midi à 13 heures, les quatre régiments d’infanterie locaux, qui était sur les terrains d’exercice, reviennent à Strasbourg. Mais il ne faut pas en conclure qu’il s’agit d’une mobilisation, puisque de toute façon, toutes les troupes devenaient revenir pour le 28 juillet.

Source : S0442.

 

Allemagne, mesures prises pour préparer la mobilisation.

Les renseignements parvenus dans la journée font connaître les mesures prises du côté allemand, ainsi que les nouvelles suivantes : les réservistes allemands habitant le grand-duché de Luxembourg ont reçu l’ordre, le 29 juillet 1914, de rejoindre immédiatement leurs régiments respectifs. Les routes sont barrées autour de Metz, les troupes portées à la frontière se fortifient. Les réquisitions continuent.

Source : S1234, p. 77.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Saint-Léonard : 29 juillet 1914.

Journal de Charles Spindler : « Dans la journée Mlle Lebert nous dit que M. Appel, de l’Institut, a télégraphié aux siens, en villégiature au Klingenthal, de rentrer aussitôt à Paris. Comme je dois retourner demain à Strasbourg, ma famille de Paris attendra les nouvelles que je rapporterai pour prendre une décision. Je suis encore une fois forcé d’aller à Strasbourg à cause d’un concours de bijoux et de petits objets que la ville a organisé pour éliminer la bimbeloterie de mauvais goût qu’on offre actuellement aux touristes comme souvenirs d’Alsace. Je ne remarque le long de la voie ferrée ni soldats ni aucune mesure qui pourrait faire soupçonner la gravité de la situation. Cependant les gares sont encombrées de permissionnaires qui vont rejoindre leurs régiments. A Strasbourg, la foule est considérable, et tout le monde à l’air d’attendre quelque chose. Je me rends aussitôt à l’Ecole des Beaux-Arts où les concurrents ont exposés leurs maquettes. Il y a là le peintre Schneider, Bucher, le Ministerialrat Schütz et quelques autres messieurs qui composent avec moi le jury. On s’efforce de discuter les mérites des exposants, mais sans conviction. Car le cœur n’y est pas. Je serre la main de Schütz et lui demande ce qu’il pense de la situation. « La guerre, me dit-il, est absolument sûre et certaine. Au ministère, tout le monde en est convaincu ; du reste, nous avons l’ordre de faire partir nos familles pour l’intérieur de l’Allemagne, et, tel que vous me voyez, je suis en train de faire mes paquets. Je retourne de ce pas à la maison surveiller mon déménagement ». Tout cela me donne à réfléchir. Aussitôt la séance terminée, je me joins à Bucher, et ayant pris congé de nos collègues, je fais un bout de chemin avec lui. Pas plus que moi, il ne paraît avoir envisagé l’éventualité d’un conflit avec la France. Sa femme et ses enfants sont depuis quelques semaines en villégiature aux environs de Lyon. En cas de mobilisation, lui-même, n’ayant pas atteint la limite d’âge, sera attaché comme médecin à un lazaret de Strasbourg. Nous supputons les chances des antagonistes : il croit que les Français sacrifieront Nancy et que la bataille décisive se livrera au-delà. L’animation a pris des proportions inusitées en ville. Les officiers arpentent les rues avec une certaine arrogance ; j’en suis quelques-uns chez mon ami, le libraire W. Ils demandent avec quelques nervosités des cartes d’état-major. W. me confie ses craintes : son personnel serait obligé de partir presque complet. Quant à la guerre, il me dit avec lesquels il a eu l’occasion de causer font peu de cas de la Russie ; ils comptent la battre sans peine. C’est la France qui subira les premiers coups ; ils espèrent l’écraser dès le début sous une avalanche de troupes. Je fais quelques emplettes ; la monnaie a disparu comme par enchantement ; on ne voit plus que du papier. Sur la place Gutenberg, je suis tout à coup interpellé par Mme T. (Allemande, veuve d’un Alsacien), très pimpante, très coquette dans son costume de jeune veuve. « Wir schlagen los ! (Nous attaquons !) me crie-t-elle du plus loin qu’elle m’aperçoit en agitant son ombrelle. Es geht nach Paris ! (Nous marchons sur Paris !) ». Je l’accoste pour lui demander ce qu’elle compte faire. « Moi, je vais, comme d’habitude, passer mon été à Barr, mais il est évident que la ville offre plus de sûreté que la campagne ». Elle ajoute d’un air convaincu : « Du reste, ça ne sera pas long ! » L’issue de la guerre ne fait évidemment pour elle aucun doute, et je suis un peu indigné de la désinvolture avec laquelle elle envisage la question. Dans mon fort intérieur, je me dis qu’il n’est pas encore si sûr que les Allemands aient le dessus. Au café où je me rends ensuite, je me trouve vis-à-vis du peintre C., passablement triste. Il est Allemand ; sa femme est Alsacienne ; il a des cousins et des beaux-frères dans l’armée française. Je le console en lui disant qu’il partage le sort de beaucoup d’autres compatriotes. Au retour, je remarque que déjà la voie est gardée par des militaires. Long arrêt à la gare de Molsheim. Je fais les cent pas avec le curé R. Il est feu et flamme pour la juste cause de l’Allemagne. Il ne comprend pas l’attitude de la France qui, après avoir acquitté Mme Caillaux, se fait le champion d’un Ziginervolk (un peuple de romanichels), les Serbes, persécuteurs enragés des catholiques. Je n’essaye pas de disculper Mme Caillaux, et je m’embarque. Malgré la gravité des nouvelles que j’apporte, nos Parisiens ne peuvent encore se décider à sacrifier leurs bonnes vacances. Ma belle-sœur se propose d’aller demain à Strasbourg et, selon les nouvelles qu’elle apportera, on prendra une décision définitive ».

Source : S1909.

 

Allemagne, rappel des troupes absentes.

Le 29 juillet 1914, tard dans la soirée, suivirent les ordres de rappel dans leurs garnisons pour tous les corps de troupe se trouvant encore en marche et dans les camps, ainsi que celui d’assurer militairement la protection des installations de dirigeables, et des principaux ouvrages d’art sur les voies ferrées et cours d’eau des territoires frontières.

Source : S2527, p. 142.

 

18h30. Allemagne – Russie : réponse par télégramme le l’empereur d’Allemagne au Tsar de Russie.

« L’Autriche a raison, ses demandes sont justes et modérées. Une entente directe entre toi et l’Autriche est possible et je l’appuierai. Naturellement toutes mesures militaires pourraient être considérées comme une menace et rendre impossible la médiation que j’ai assumée ».

Source : S1318, p. 82.

 

Soir : Allemagne, rappel des troupes absentes.

Le 29 juillet 1914, tard dans la soirée, suivirent les ordres de rappel dans leurs garnisons pour tous les corps de troupe se trouvant encore en marche et dans les camps, ainsi que celui d’assurer militairement la protection des installations de dirigeables, et des principaux ouvrages d’art sur les voies ferrées et cours d’eau des territoires frontières.

 

Soir : Russie.

Le soir : la Russie ordonne la mobilisation de plus de la moitié de son Armée contre l’Autriche-Hongrie. (Source allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

Nuit : Allemagne, ordre de construction de fortifications.

Dans la nuit du 29 au 30 juillet 1914, l’ordre fut également donné de construire, pour les fortifications de la frontière, tous les emplacements de troupes et de batteries, dont la construction était prévue en deçà de la frontière.

Source : S2527, p. 142.

 

Jeudi 30 juillet 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 28 minutes

 

Allemagne, disposition de sûreté pour la flotte : Le 30 juillet 1914, la flotte allemande reçut l’ordre de prendre les dispositions de « Sûreté ». Pour l’armée de terre, cette mesure ne fit que nécessiter la mise en place des troupes actives destinées à la garde des îles de Borkum, Pellworn et Sylt – en tout : cinq bataillons et quart d’infanterie, une compagnie de pionniers, un bataillon d’artillerie à pied, avec matériel, munitions et approvisionnements.

Source : S2527, p. 142.

 

Allemagne – Russie : échanges télégraphiques entre l’empereur d’Allemagne et le Tsar de Russie. Le 30 juillet 1914, Guillaume adresse à Nicolas une dépêche dont le ton menaçant semble calculé pour le pousser à des résolutions extrêmes : « Si la Russie, comme c’est le cas d’après ce que j’apprends par toi et par ton gouvernement, mobilise contre l’Autriche, le rôle de médiateur dont tu m’as chargé amicalement, et que j’ai accepté sur ta demande expresse, sera bien difficile, sinon même impossible. Le lourd fardeau de la décision repose maintenant sur tes épaules ; elles ont à porter la responsabilité de la paix et de la guerre ».

Le Tsar répond au Kaiser immédiatement, et son télégramme est d’une si belle franchise de ton, d’une telle probité d’allures qu’il aurait ébranlé des résolutions moins ancrées. « Je te remercie de tout cœur pour ta rapide réponse. Je t’envoie ce soir Tatichev avec mes instructions. Les mesures militaires qui s’exécutent étaient déjà décidées depuis cinq jours, uniquement pour nous défendre contre les préparatifs de l’Autriche. J’espère de tout cœur qu’elles ne t’arrêteront en rien dans ton rôle de médiateur auquel j’attache un grand prix. Nous avons besoin que tu pèses sérieusement sur l’Autriche pour qu’elle consente à une entente avec nous ».

A cet appel presque douloureux, le Kaiser ne répond pas, et, le 31 juillet 1914, l’Allemagne proclame l’état de menace de guerre. A minuit, M. de Pourtalès somme la Russie de commencer sa démobilisation à la fois contre l’Allemagne et l’Autriche avant douze heures et d’en donner à l’Allemagne l’assurance formelle. Faute de quoi, l’Allemagne sera forcée de mobiliser.

Source : S1318, p. 83-84 ; 30 juillet, Livre blanc, n°23.

 

Allemagne, Reichsland, XVIe corps.

L’exécution, prévue par le commandant du XVIe corps, pour le 31 juillet 1914, de la prise du dispositif de couverture, fut suspendue, sur l’intervention du ministère de la Guerre.

Source : S2527, p. 142.

 

Allemagne : Sûreté pour la flotte.

L’Allemagne ordonne « la Sûreté » pour la flotte. (Source allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg.

Le 30 juillet 1914, un décret du ministère ordonne que les travaux de mise en état de défense de la place de Strasbourg soient entamés par la troupe à des fins d’exercice, sur les terrains militaires uniquement. Il est encore hors de question de réquisitionner les terrains privés. Cette première mesure allait avoir une portée limitée du fait de l’implantation projetée des futures lignes défensives, planifiées dans leur plus grande partie hors des périmètres militaires ! Néanmoins, il était déjà possible d’entamer les travaux de déboisement des glacis des forts des secteurs défensifs nord-ouest, ouest et sud.

Pour ces premiers travaux on disposait alors de 11 compagnies des régiments d’infanterie d’active du 126, 136 et 143 ainsi que 13 sections des 15ème et 19ème bataillon du génie. Le service de garde étant assuré par des éléments du IIème bataillon de l’IR 105 (4 compagnies dont une de mitrailleurs) et une compagnie du I/IR 105. Cette garde sera renforcée un peu plus tard par le déploiement de pièces d’artillerie en défense contre aéronefs.

Le décret du ministère fut également appliqué à la Feste Kaiser Wilhel II à Mutzig et le gouverneur put, dès lors, ordonner le début des travaux sur les hauteurs de Dangolsheim. Aussi le 30 juillet, le Major Mohs, Premier officier d’état-major, est dépêché auprès du Major von Kuhn et de l’Oberstleutnant Karbe, Ingenieuroffizier vom Platz de la Feste pour aborder les détails des mesures de sécurité.

Ce 30 juillet 1914 à Strasbourg les préparatifs vont bon train. En début d’après-midi la circulation sur les ponts du Rhin est maintenant sévèrement contrôlée par les fantassins du IR II/105. Des mitrailleuses sont postées sur les tours du pont en défense contre avion. Des pièces d’artillerie sont aussi déployées en DCA sur le nœud ferroviaire des lignes Kehl – Appenweier et Auenheim sur la rive droite du Rhin, car il est capital pour l’acheminement des troupes.

Source : S0175, p. 171.

 

Autriche-Hongrie, Serbie : Les Autrichiens bombardent Belgrade.

Les Autrichiens bombardent Belgrade.

Source : S1234, p. 78.

 

Belgique, proposition de concentration des troupes.

Le 30 juillet 1914, le Chef d’Etat-major général proposa au Roi une concentration étudiée déjà depuis longtemps : dans l’hypothèse d’une violation de la neutralité belge par l’Allemagne, elle prévoyait le rassemblement de l’Armée de campagne derrière la Gete, dans la zone Hannut – St-Trond – Tirlemont – Hamme-Mille. (Source allemande).

Source : S2527, p. 138.

 

France, nouvelles de Russie et de Belgique.

On apprend le même jour que la Russie mobilise les quatre arrondissements militaires voisins de la frontière autrichienne et que le ministre des Affaires Etrangères belge a déclaré que tout sera mis en œuvre pour la défense de la neutralité de la Belgique.

Source : S1234, p. 75.

 

16h00 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Déjà hier, vers 16 heures, à la suite des rumeurs de guerre, les maçons qui posaient l’enduit dans le cadre de la rénovation de l’église, arrêtèrent les travaux ».

Source : S0216.

 

16h55 : France : retour du président de la République.

Le 30 juillet 1914, le président de la République et M. Viviani étant rentrés de leur voyage en Russie, le conseil des ministres se réunit dans la matinée et, considérant l’aggravation de la situation diplomatique, décide une importante mesure de précaution : la mise en place partielle de la couverture, mais en apportant une restriction formelle aux dispositions prévues par le plan.

L’ordre, expédié par télégramme à 16H55 aux corps d’armée de couverture, prescrit l’alerte et la mobilisation des garnisons d’extrême frontière, mais, jusqu’à nouvel ordre, aucun appel de réservistes ne devra être fait.

Les troupes de couverture faisant mouvement par voie de terre gagneront sans délai les emplacements prévus en cas d’attaque brusquée. Toutefois, pour des raisons diplomatiques, il est indispensable qu’aucun incident ne se produise de notre fait. En conséquence, aucun élément, aucune patrouille ne devra sous aucun prétexte dépasser une ligne dont le tracé est indiqué entre Hussigny et Delle par une énumération précise des localités, ligne qui se trouve en moyenne à 10 kilomètres en deçà de la frontière. Quant aux troupes de couverture devant faire mouvement par voie ferrée, elles se tiendront prêtes à embarquer (ministère de la guerre. Télégramme aux généraux les 2e, 6e, 7e 20e et 21e C.A. 129 3/11 T, 16H55, 30 juillet 1914. Annexe 15).

Source : S1234, p. 75-76.

 

France : La France ordonne la mise en place de la couverture (onze divisions d’infanterie et dix divisions de cavalerie sont mobilisées à cet effet). (Source allemande).

Source : S2527, p. 49.

 

France, lettre à l’ambassadeur de France à Londres.

Dans une lettre adressée le jour même à M. Paul Cambon, ambassadeur à Londres, M. Viviani justifie ainsi cette précaution exceptionnelle : « Vous attirerez l’attention de sir Edward Grey sur la décision prise par le conseil des ministres ce matin. Bien que l’Allemagne ait pris ses dispositifs de couverture à quelques centaines de mètres de la frontière sur tout le front du Luxembourg au Vosges et porté ses troupes de couverture sur leurs positions de combat, nous avons retenu nos troupes à 10 kilomètres de la frontière, en leur interdisant de s’en approcher davantage… En livrant ainsi une bande de territoire sans défense à l’agression soudaine de l’ennemi, le gouvernement de la République tient à montrer que la France, pas plus que la Russie, n’ont la responsabilité de l’attaque ». Suit la comparaison des mesures prises des deux côtés de la frontière par la France et par l’Allemagne, dès le 25 juillet pour cette dernière.

Source : S1234, p. 76 ; Ministère des Affaires Etrangères. Lettre à ambassadeur à Londres, 30 juillet 1914. Livre Jaune, 1914, pièce n°106.

 

France, autres mesures prises dans la journée.

En même temps que le télégramme précité, les commandants des corps d’armée intéressés reçoivent l’avis qu’ils exerceront provisoirement le commandement de leur secteur de couverture sans quitter le siège de leur quartier général. Les gouverneurs des quatre grandes places de l’Est sont avisés d’avoir à commencer la mise en place du matériel et de l’armement, ainsi que les travaux de mise en état de défense. Au cours de la journée du 30 juillet 1914, diverses autres mesures sont prescrites par le ministre de la Guerre : Ordre aux commandants de corps d’armée, de vérifier les affectations comportant des missions spéciales au moment de la mobilisation. Autorisation donnée au corps de couverture du Nord-Est d’acheter ou de louer des animaux nécessaires aux unités d’infanterie et d’artillerie. Dans les régions de corps d’armée et dans le gouvernement militaire de Paris, convocation pour une période d’exercice des maréchaux ferrants de la réserve et de la territoriale, qui ne sont pas affectés aux commissions de réquisition des chevaux. Convocation des présidents de commission de réquisition au siège de leur commission, en vue de prévoir sur place toutes dispositions nécessaires au bon fonctionnement de leurs opérations en cas de mobilisation. Ordre donné aux maires d’aviser discrètement les propriétaires d’animaux de se tenir prêt à conduire les animaux et les voitures classés dans les centres désignés, dès que l’ordre en sera donné. Convocation pour une période d’exercices anticipée des gendarmes réservistes territoriaux. Ordre aux officiers détachés pour accomplir un stage dans les autres armes de rejoindre leur corps d’affectation. Application des mesures concernant la transmission des renseignements par pigeons voyageurs, dans les villes frontières.

Source : S1234, p. 76-77.

 

Allemagne, France : mesures prises pour préparer la mobilisation.

On ne laisse plus rentrer les automobiles en France. Les Alsaciens-Lorrains ont interdiction de passer la frontière. Une patrouille de cavalier allemands viole notre frontière à Xures. La frontière du Luxembourg est garnie de troupes allemandes. Allemands et Autrichiens quittent Paris en masse.

Source : S1234, p. 78.

 

18h00 : Russie : mobilisation générale.

A 6 heures du soir : la Russie ordonne la mobilisation de la totalité de ses forces.

Source : S0132 ; S1070 ; S2527, p. 50.

 

19h25 : Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg.

A 19h25 un télégramme de l’inspection générale du corps des ingénieurs et du génie arrive de Berlin : « Entamer les préparatifs pour la construction de la Position de la Bruche, de manière que les travaux puissent commencer dans les meilleurs délais » !

Les tensions politiques devenaient de plus en plus perceptibles ; Le Gouverneur voudrait bien prendre davantage d’initiatives pour préparer la défense de la ville en raison de la dégradation rapide des relations entre la France et l’Allemagne et faire face à la guerre qui est, on le sent bien, désormais inéluctable. Von Eberhardt reste cependant lié aux autorités civiles de Strasbourg et ne souhaite pas compliquer la situation. Des négociations sont entamées en vue de d’anticiper les mesures d’approvisionnement à prendre en cas de mobilisation. Celles-ci sont déjà entamées en vue d’anticiper les mesures d’approvisionnement à prendre en cas de mobilisation. Celles-ci sont déjà planifiées pour la garnison, mais il reste à déterminer si des stocks suffisants sont disponibles pour la population civile en cas d’investissement de la Place forte. Sur ce point, les qualités de l’Oberbürgermeister Schwander rassurent les militaires.

Source : S0175, p. 171.

 

Soir : France, envoi d’un télégramme au commissaire résident général du Maroc.

Dans la soirée, le ministre prescrit par télégramme au commissaire résidant général au Maroc de diriger immédiatement sur les ports d’embarquement et sans attendre l’ordre de mobilisation : 1 bataillon de chasseurs, 3 bataillons de zouaves, 3 bataillons d’infanterie coloniale ; de prévoir le prélèvement, en cas de mobilisation, de 29 autres bataillons, de 2 régiments de chasseurs d’Afrique, de 3 batteries montées et d’éléments divers. « Quelque précaire puisse devenir dans ces conditions la situation au Maroc, il importe avant toute autre considération de présenter le maximum de forces sur le théâtre principal ».

Source : S1234, p. 77.

 

22h00 : Allemagne, Alsace, Mulhouse, IR 112, Allemagne, récit de Dominique Richert.

Le 30 juillet 1914, fatigués par nos activités, on alla se coucher de bonne heure. Vers dix heures du soir environ, la porte de notre chambrée s’ouvrit brutalement et l’adjudant de compagnie nous ordonna de nous lever aussitôt : la guerre était apparemment inévitable. Nous étions abasourdis et incapables de la moindre parole. La guerre, où, contre qui ? Bien sûr, tous réalisèrent très vite qu’il s’agissait de combattre la France. Soudain, l’un d’entre nous entonna le Deutschland über alles, presque tous le suivirent et bientôt ce chant résonna dans la nuit, repris par des centaines de poitrines. Je n’avais pour ma part aucune envie de chanter, parce que je pensais qu’une guerre offre toutes les chances de se faire tuer. C’était une perspective extrêmement désagréable. De même, je m’inquiétais en pendant aux miens et à mon village, qui se trouve tout contre la frontière et risquait donc la destruction.

On nous donna l’ordre de faire notre paquetage au plus vite, et alors qu’il faisait toujours nuit, on se mit en marche vers la gare de Hausen, dans la vallée du Danube. Comme il n’y avait pas de train pour nous, nous sommes retournés au camp jusqu’au prochain soir, avant de rentrer à Mulhouse, notre vieille ville de garnison, dans un train bondé, serrés les uns contre les autres comme des harengs saurs dans un tonneau. On arriva à destination le matin du 1er août 1914, à six heures, et on se mit en marche vers la caserne.

Source : S0620.

 

Vendredi 31 juillet 1914

 

Durée du jour : 15 heures et 25 minutes

 

Matin : Autriche-Hongrie : l’Autriche-Hongrie ordonne « l’Alarme ».

Le 31 juillet 1914 l’Autriche-Hongrie ordonne l’Alarme, c’est-à-dire une mise en place des troupes de couverture contre la Russie.  (Source allemande).

Source : S2527, p. 50.

 

Matin : France, mesures de préparation de la mobilisation.

Le même jour, dans la matinée, les 1er, 2e, 6e, 7e, 20e et 21e corps d’armée ont reçu l’ordre d’appliquer les mesures de surveillance prévues, concernant le fonctionnement des bureaux télégraphiques et téléphoniques pour la transmission des renseignements d’ordre militaire.

En vue d’aplanir les difficultés que pourraient rencontrer les corps de couverture du Nord-Est pour l’achat ou la location des animaux nécessaires, le ministre a autorisé les généraux intéressés à exercer les réquisitions par application de la loi du 3 juillet 1877, en renouvelant journellement les opérations et en les limitant au nombre d’animaux prévu pour le premier échelon. (Source française).

Source : S1234, p. 79.

 

Allemagne : préparation de la mobilisation : Le 31 juillet 1914, la situation diplomatique s’est encore aggravée et les renseignements d’ordre militaires indiquent que les Allemands accentuent leurs mesures préparatoires de guerre. Les communications télégraphiques traversant la frontière sont interrompues du côté allemand. La voie ferrée a été coupée entre Pagny et Novéant, le trafic s’arrête partout ; des locomotives françaises sont retenues à Montreux-Vieux et à Amanvillers. Les employés allemands des gares frontières sont rappelés. (Source française).

Source : S1234, p. 78.

 

Belgique, modification de la concentration des troupes.

Le 31 juillet 1914, sur le désir du Roi, qui voulait éviter une concentration dirigée à l’avance exclusivement contre l’Allemagne, ces plans furent modifiés dans le sans suivant : le rassemblement devait s’accomplir dans le rectangle Pervéze – Tirlement – Louvain – Wavre, à une journée de marche plus en arrière. (Source allemande).

Source : S2527 p. 138.

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine, Saint-Léonard :

Journal de Charles Spindler : « 31 juillet 1914. Le départ de Laugel pour Belfort a fait naître le bruit au village qu’il avait pris la fuite, pour ne plus revenir. Or, ce matin il me fait dire qu’il m’attend chez lui. Je trouve mon ami, sa femme et ses sœurs réunis en conseil de guerre dans le hall. Il a quitté Belfort hier soir, a voyagé toute la nuit et est venu échouer, à deux heures du matin à Sélestat. Sur tout le parcours il a constaté un désarroi inexprimable, les trains étant encombrés de gens partant pour la France ou la Suisse. A Belfort il a retrouvé son ami Helmer, qui a eu connaissance de la liste noire (Liste des Alsaciens suspects) sur laquelle il a lu le nom de Laugel, et il l’a assuré que dès la déclaration de guerre tous les éléments suspects seraient internés. Laugel paraît très indécis sur le parti qu’il doit prendre. Sa femme, cependant, conseille le départ immédiat. Je ne puis croire à des mesures si rigoureuses et je dissuade mon ami de partir. La guerre ne me paraît pas encore inévitable, et je pense à la confusion qu’il éprouverait en revenant au bout de quelques semaines dans le pays. Cette fuite le mettrait en mauvaise posture. J’avoue que je suis à peu près seul de mon avis. L’auto est commandée qui doit les emmener chez leurs amis les Siben, à Zimmerbach. Somme toute, ils ne risquent rien à faire un tour dans le Haut-Rhin, quitte à se raviser et à rentrer à Saint-Léonard, si les nouvelles qu’ils apprendront en route devenaient plus rassurantes. Là-dessus, je les quitte, en leur souhaitant de pouvoir revenir bientôt. Mon neveu Maurice est arrivé hier de Cologne, après avoir fait un petit voyage dans la Eifel. Tout y était calme et il ne s’explique pas nos craintes. A une heure, ma belle-sœur part pour Strasbourg. On attend avec impatience son retour. Tout le monde est à la gare, anxieux de ce qu’elle va nous apprendre.

Elle nous dit, - et l’on devine au tremblement de sa voix combien elle est encore émue, - que la guerre est imminente : à Strasbourg, l’effervescence est à son comble ; l’état de danger de guerre, Kriegsgefahrzustand, est proclamé, la nouvelle en est affichée sur des placards rouge sang ; des patrouilles ont, toute la journée, parcouru la ville pour l’annoncer dans les divers quartiers ; les roulements de tambour étaient d’un effet saisissant ; la foule est plutôt triste et anxieuse, à quelques exceptions près ; tout grouille de soldats ; les officiers roulent en auto ; l’individu n’est plus rien, on se sent pris dans un engrenage, la force militaire prime tout. Les chemins de fer sont dirigés par des soldats reconnaissables au brassard blanc… Ma belle-sœur ne peut croire qu’il y ait maintenant moyen de revenir en arrière : le déclenchement est fait ; nos parents devraient prendre le chemin de Paris plutôt aujourd’hui que demain. Ils s’occupent donc en hâte des préparatifs de départ… On passe encore quelques moments ensemble, mais tout le monde a la mort dans l’âme. Mes nièces Marguerite et Rosette ne cessent de parler de leur frère Jean (Tombé au Chemin des Dames, le 25 février 1918, comme offiicer français) qui, étant sous les drapeaux, devra marcher en première ligne. Ma sœur Elisa s’inquiète pour ses fils Georges et Maurice qui seront aussi appelés, l’un étant du Landsturm et l’autre de la réserve, mais du côté allemand. Et dire que la plupart de nos familles alsaciennes sont dans la même situation ! ».

Source : S1909.

 

12h00 : France, Paris : notification de l’état de danger de guerre allemand.

L’état de danger de guerre, proclamé en Allemagne à midi, a été notifié au gouvernement français à 19 heures par l’ambassadeur à Paris, M. de Schoen. Dès lors il faut envisager la mobilisation comme inévitable et les événements vont se précipiter.

Sources : S0132, S1234 p. 80 ; M. Viviani. Télégramme à ambassadeur à Pétersbourg, 31 juillet 1914. Livre Jaune, 1914, pièce n°117.

 

12h23 : Autriche-Hongrie : l’Autriche ordonne la mobilisation générale.

A 12 heures 23 : l’Autriche-Hongrie ordonne la mobilisation totale de ses forces. (Source allemande).

Source : S1070 ; S2527, p. 49.

On apprend que la mobilisation générale a été ordonnée presque simultanément en Autriche et en Russie et, à 13h30, la nouvelle arrive que l’Allemagne ait envoyé un ultimatum à la Russie. Remarque : on n’a pas la même heure en Allemagne et en France.

Source : S1234, p. 78.

 

13h00 : Allemagne, l’état de « danger de guerre » est décrété.

C’est seulement le 31 juillet 1914, à une heure de l’après-midi, à la proclamation de « l’état de danger de guerre », qu’entrèrent en vigueur toutes les mesures prévues dès le temps de paix pour la protection des frontières, des côtes et des voies de communication. La circulation des personnes et le trafic postal à travers la frontière furent surveillés, les relations téléphoniques avec l’étranger et le fonctionnement des appareils de télégraphie sans fil privés furent interdits, le trafic de marchandise interrompu dans les régions frontières. Mais aucune mobilisation de troupes n’était liée à ces mesures. On n’appela aucun homme de complément, on n’amena à l’intérieur de l’Empire à la frontière aucun détachement de troupe. Bien plus, ce furent les troupes des corps frontières sur le pied de paix, qui prirent à leur compte, sur leur territoire, la protection de la frontière en même temps que celle des voies de communication.

Source : S2527, p. 50 & 142.

 

Allemagne : ultimatum à la Russie.

Ultimatum allemand à la Russie pour qu’elle suspende ses préparatifs militaires.

Source : S1070.

 

France : communication de l’ambassadeur d’Allemagne.

L’ambassadeur d’Allemagne fait savoir au gouvernement français que si la Russie n’arrête pas la mobilisation, l’Allemagne mobilisera à son tour. Si la France entend rester neutre, elle devra remettre en gage les forteresses de Toul et de Verdun.

Source : S0132.

 

France, le président de la République demande la position de l’Angleterre.

Le président de la République Poincaré demande à l’Angleterre de préciser à l’Allemagne sa position.

Source : S1070.

 

14h00 : Allemagne, place forte de Strasbourg : ordre de construire le pont de guerre n°IV.

Le 31 juillet 1914, vers 14 heures, arrive l’ordre de Berlin de construire le Pont de Guerre n°IV sur le Rhin, au port du Rhin, au nord du pont-route. Celui-ci devrait pouvoir augmenter les capacités de franchissement du fleuve, complétées ultérieurement par l’édification d’autres ponts du même type.

Source : S0175, p. 171.

 

14h30 : Allemagne, place forte de Strasbourg : arrivé de l’ordre de l’état de danger de guerre.

A 14h30, nouveau télégramme du ministre de la guerre : « Danger de guerre imminent » ! Bien que cette missive ait été attendue du ministère de la guerre, elle permet enfin au Gouverneur militaire de disposer des pleins pouvoirs et de prendre toutes les dispositions jugées urgentes. L’une d’entre elles concernait tout particulièrement les massifs forestiers vosgiens. Il fallait procéder à certains déboisements qui permettraient à l’artillerie lourde de mieux contrôler les routes d’accès de l’ennemi.

Source : S0175, p. 171.

 

15h00 : Allemagne, Reichsland, Mutzig : état de danger de guerre.

Journal de Koehly, directeur d’école de Mutzig : « L’état de guerre est déclaré. Trois heures de l’après-midi : s’arrêtant aux principaux carrefours, le tambour-major Franz accompagné de deux soldats, baïonnette au canon, donne lecture du décret. Un cortège d’hommes au visage grave, de femmes en pleurs et une multitude d’enfants suivait les soldats. Le gendarme Schönian rassurait : « La mobilisation n’est pas la guerre ». Sans grand succès ! Quand j’apportai la nouvelle dans la cour de l’école, où la classe était en train de faire de la gymnastique, tous les élèves furent renvoyés. Monsieur Klein, l’instituteur, devait rejoindre « immédiatement » son unité. Prêt à 17 heures, il partit avec le train de 17 heures 26 pour Saverne où il devait se présenter. Des mouvements de troupe, sur pied de guerre, déjà remarqués la veille, devinrent plus nombreux. Des unités de différentes armes montaient vers le fort de Mutzig. Deux compagnies de notre bataillon stationné à Mutzig, se rendent vers la frontière par la vallée de la Bruche afin d’assurer la protection de la voie ferrée et de la frontière : deux autres montent au fort. Les casernes sont vides ».

Source : S0192.

 

15h30 : France, note du général Joffre chef d’état-major général au gouvernement.

Dans une note adressée au gouvernement à 15H30, le général Joffre évoque l’avance prise par l’Allemagne, en matière de couverture. Après avoir énuméré quelques-unes des mesures prises de l’autre côté de la frontière, il conclut : « Si l’état de tension continue et si les Allemands, sous couvert de conversation diplomatique, continuent l’application de leur plan de mobilisation, dont ils poursuivent l’exécution en évitant d’en prononcer le nom, il est absolument nécessaire que le gouvernement sache qu’à partir de ce soir tout retard de 24 heures apporté à la convocation des réservistes et à l’envoi du télégramme de couverture se traduira par un recul de notre dispositif de concentration, c’est-à-dire par l’abandon initial d’une partie de notre territoire, soit 15 à 20 kilomètres par jour de retard. Le commandant en chef ne saurait accepter cette responsabilité ».

Source : S1234, p. 78 ; Note du chef d’état-major général, 3h30 soir, 31 juillet 1914, Annexe 17.

 

Frane, Allemagne : frontière française.

A peine nos troupes de couverture sont-elles mises en place (mais maintenant à 10 kilomètres de la frontière) que les Allemands se livrent à des violations multiples, tant du sol français que de territoires neutres. Déjà le 30 juillet, ainsi qu’il a été dit, une patrouille de cavalerie allemande avait franchi la frontière dans la région de Xures.

Source : S1234, p. 83.

 

Après-midi : France, mesure de préparation de la mobilisation.

Dans l’après-midi, ordre a été donné d’appliquer complètement la mesure de protection relative à la garde des ouvrages, des établissements militaires, des postes de T.S.F. et à l’occupation des stations de tir contre aéronefs, et un ordre adressé à tous les corps d’armée prescrit l’interdiction de la navigation aérienne.

Source : S1234, p. 79.

 

17h00 : France, mesure de préparation de la mobilisation.

Le conseil des ministres, réuni à 17 heures, après avoir pris connaissance de cette note, approuvée par M. Viviani, prend la décision de lancer le télégramme de couverture. Préalablement tous les services des chemins de fer reçoivent à 17 heures du ministre de la Guerre l’avis que l’ordre de mise en route des troupes de couverture vat être donné. Ils procèdent immédiatement aux formations des trains et à leur envoi aux points d’embarquement. Depuis la veille, les sous-commissions de réseau et leurs délégations, tous les organes militaires et techniques, ont été mis en place.

Source : S1234, p. 78.

 

17h40 : France, mesure de préparation de la mobilisation.

A 17h40, le télégramme est lancé à tous les corps d’armée de la frontière du Nord-Est : « Faites partir troupes de couverture. Heure initiale 21 heures ». Cet ordre complète celui du 30 juillet, qui prescrivait les seuls mouvements des troupes de couverture s’exécutant par voie de terre. Toutefois, un télégramme adressé à 18h30 aux mêmes destinataires maintient « formellement l’ordre de ne pas franchir la ligne indiquée le 30 juillet ».

Source : S1234, p. 78.

 

Soir : Allemagne, Reichsland, Strasbourg : proclamation de l’état d’urgence.

Dans la soirée du vendredi 31 juilet 1914, l’état d’urgence a été proclamé publiquement dans les rues de Strasbourg. Le Reichsland d’Alsace-Lorraine est déclaré zone de guerre, ce qui signifie le transfert du pouvoir exécutif dans le Reichsland aux commandants militaires des forteresses et aux généraux commandant les XIVe et XVe corps d’Armée stationnés en Alsace-Lorraine ainsi que l’occupation de tous les points stratégiques, ferroviaires et routiers.

Source : S0132.

 

Soir : Allemagne, Reichsland, place forte de Strasbourg : A l’entrée en guerre contre la France, le Gouvernement de Strasbourg, ainsi que le XIV. AK (commandé par le général von Huene), le XV. AK, le XIV. Reserve AK constitué en pays de Bade et la 7ème division de cavalerie, sont placés sous l’autorité du Generaloberst von Heeringen au sein de la VIIe Armée.

Si au cours de la guerre, la place forte devait être située dans la zone d’opération d’une autre armée, le Gouverneur serait placé sous le commandement de son chef. Quel que soit le déroulement des événements pendant le conflit, il doit garder l’initiative de toutes les opérations lui permettant d’assurer une résistance maximale. A l’inverse, si une grande unité se retrouve isolée autour de la place, c’est à l’état-major de décider qui assurera le commandement, par défaut ce sera l’officier le plus âgé dans le grade le plus élevé. En revanche, si des troupes se sont placées sous la protection de la ceinture fortifiée de la place, c’est le Gouverneur qui en assure le commandement.

Malgré l’existence de ces liens hiérarchiques, le Gouverneur reste personnellement responsable de la résistance de la place jusqu’à l’épuisement de tous ses moyens. L’abandon de la place ou sa reddition ne peut être ordonné que par l’état-major de l’armée.

Source : S0175, p. 129.

 

19h00 : Belgique, mobilisation générale.

Le 31 juillet, à 7 heures du soir, la mobilisation effective fut ordonnée « en raison du caractère extrêmement dangereux qu’avait pris la situation générale en Europe », et le premier jour en fut fixé au 1er août. Chacune des divisions fut mobilisée dans les garnisons du temps de paix : Gand, Bruges, Ostende et Ypres, pour la 1ère ; Anvers pour la 2; Liège, Hasselt et Verviers pour la 3; Namur et Charleroi pour la 4; Mons, Tournai, Ath pour la 5; Bruxelles pour la 5e et pour la division de cavalerie. (Source allemande).

Source : S2527, p. 50 & 134.

 

19h30 : France, Paris : Cependant, « l’état de danger de guerre », proclamé en Allemagne à midi, a été notifié au gouvernement français à 19 heures par l’ambassadeur à Paris, M. de Schoen. Celui-ci a ajouté que le gouvernement allemand exigeait en même temps que la Russie démobilisât. Si le gouvernement russe n’a pas donné une réponse satisfaisante dans le délai de douze heures, l’Allemagne mobilisera à son tour Dès lors il faut envisager la mobilisation comme inévitable et les événements vont se précipiter.

Source : S1234, p. 80 ; M. Viviani. Télégramme à ambassadeur à Pétersbourg, 31 juillet 1914. Livre Jaune, 1914, pièce n°117.

 

19h30 : Allemagne, Reichsland, Wantzenau, journal de l’Abbé Aloys Postina.

« Deux voitures avec deux sous-officiers arrivèrent chez le maire ce soir et ramenèrent les affiches sur la mise en état de guerre de l’Alsace-Lorraine. Les voitures poursuivirent ensuite leur route, accompagnée pour chacune, d’un soldat et d’un citoyen de la Wantzenau, vers Kilstett, Gambsheim, Hoerdt et Weyersheim, pour transmettre les ordres.

Vers 19h30, l’annonceur municipal annonça aux habitants le passage en état de guerre, et les avis furent collés sur les murs. Partout on aperçoit des groupes d’hommes qui parlent de la guerre. Des femmes sanglotant se mêlent à ses groupes. Au même moment, une troupe de jeunes de 15 à 17 ans, passe dans les rues du village, criant plus qu’ils ne chantaient. Quel paradoxe ! Encore au cours de la même soirée, les passages à niveaux furent gardés par l’armée ».

Texte original / Original-Text : Tagebuch von A. Postina, Pfarrer von der Wantzenau, nördlich von Strassburg. 31. Juli 1914

Heute Abend trafen zwei Kraftwagen mit zwei Unteroffiziere beim Bürgermeister ein und brachten die Druckschriften Über die Verhängung des Kriegszustandes in Elsass-Lothringen. Die Autos fuhren als dann mit je einem Soldaten und einem Bürger aus Wanzenau nach Kilstett, Gambsheim, Hoerdt und Weyersheim, um die Befehle zu überbringen.

Um 7,30 wurde durch die Ortsschelle den Bewohnern die Verhängung des Kriegszustandes mitgeteilt und auf die Maueranschläge hingewiesen. Die Stimmung im Dorfe ist gedrückt. Allüberall stehen Gruppen von Männern und sprechen vom Krieg. Weinende Frauen mischen sich unter dieselben. Gleichzeitig durchzieht eine Anzahl 15-17jähriger, mehr lärmend als singend, die Dorfstrasse. Welch ein Gegensatz ! Noch an demselben Abend werden die Eisenbahnübergänge vom Militär besetzt. Schon gestern stellten um 4 Uhr, auf die Kriegsgerüchte hin, die Verpuzer die Instandsetzungsarbeiten an der Kirche ein.

Source : S0216.

 

Soir : France, mesure de préparation de la mobilisation.

L’application des mesures prévues se poursuit dans la soirée : Convocation pour une période d’exercices des réservistes et des territoriaux affectés au service de garde des voies de communication (G.V.C.). Réquisition adressée aux compagnies de chemin de fer en vue des transports militaires. Etablissement par la gendarmerie d’un service de planton permanent aux bureaux télégraphiques. Ordre aux corps de couverture du Nord-est d’interrompre les communications électriques d’intérêt privé traversant la frontière.

Source : S1234, p. 79.

 

21h30 : France : Jean Jaurès est assassiné au café du Croissant.

Source : S1070.

 

Nuit : France : mesure de préparation de la mobilisation.

En outre, à titre de mesure exceptionnelle, et suivant la décision prise par le gouvernement en raison de l’assassinat de M. Jaurès, la 2e brigade de cuirassiers, qui devait partir en couverture, reçoit l’ordre dans la nuit de rester à Paris jusqu’à nouvel avis.

Source : S1234, p. 80.

 

23h30 : France : mesure de préparation de la mobilisation.

Enfin, à 23h30, interruption générale des lignes électriques internationales.

Source : S1234, p. 79.

 

Sources

 

 

SXXXX = référence de la source (classement personnel). 

 

 

S0132

Henry Riegert ; Journal Historique de l’Alsace ; Tome 6 (1914-1946) ; Edition l’Alsace, Mulhouse, 1981.

 

S0175.

Burtscher, Philippe : 1870 – 1918 De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche ; Cercle d’Etude des fortifications, Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999.

 

S0192

Koehly, directeur d’école de Mutzig de 1895 à 1924 : Mutzig 1914 – 1918 – Chronique des années de guerre tiré de la Schul-Chronik ; Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1975.

 

S0216

A. Postina : Wanzenauer Kriegskronik ; Société d’Edition de la Basse-Alsace ; 1930.

 

S0442

Strassburger Bürger Zeitung 1914 mit illustrierter wöchentlicher Gratisbeilage „Feierstunden“; Journaux édités en 1914.

 

S0620

Richert Dominique : Cahiers d’un survivant. Un soldat dans l’Europe en guerre 1914-1918 ; Editions La Nuée Bleue, Strasbourg, 1994.

 

S0633

Taschenbuch für den Standort Strassburg – Sommer-Ausgabe 1914 ; Heinrich’schen Buch u. Kunsthandlung ; été 1914, Strassburg.

 

S1070

La Première Guerre Mondiale 1914 - 1918. Réalisé à partir de la collection de fascicules La Grande Guerre parus de 1996 – 1997 ; Volume I : Sur le front, à l'arrière, chronologie ; Nov’édit, 2001.

 

S1234

Les Armées françaises dans la Grande Guerre ; Tome Premier ; Premier volume ; Ministère de la Guerre ; 1922.

 

S1318

Ernest Denis : La Guerre – Causes immédiates et lointaines – L’intoxication d’un peuple – Le traité ; Librairie Delagrave, Paris ; 1915.

 

S1909

Ch. Spindler : L'Alsace pendant la guerre 1914-1918, Editions Place Stanislas, 2008.

 

S2527

La Guerre mondiale. Ecole Supérieure de Guerre. Archives du Reich. Traduit à l’Ecole Supérieure de Guerre (cours d’Allemand) : Tome 1 (1ère, 2ème et 3ème partie) ; Ecole Supérieure de Guerre, Réunion des Officiers, Paris, 1928.

 

S2529

Maufrais Louis : J’étais médecin dans les tranchées 2 août 1914 – 14 juillet 1919 ; Présenté par Martine Veillet. ; ditions Robert Laffont, 2008.

 

S2633

Gerd Krumreich : Le feu aux poudres. Qui a déclenché la guerre en 1914 ? Traduit par Claudine Layre ; Editions Belin, Paris, 2014.

 

 

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