Chroniques 1835-1839

 
 
 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 20 / 04 / 2020

 

Voici les chroniques de la fortification et de la place forte de Strasbourg. Pour aider à la compréhension de l’histoire particulière des fortifications et de la garnison de Strasbourg, nous vous proposons d’aborder toutes les facettes de la place forte, comme les activités des unités et des services.

Nous avons ajouté quelques dates repères de l’histoire et des actualités qui influent sur le développement des techniques militaires. Certaines rubriques peuvent paraître anodines, comme un communiqué de désertion, mais ce dernier nous donne livre des informations sur la région de recrutement de cette unité ou sur l’équipement. Compte tenu que des erreurs de traduction sont toujours possibles, surtout avec des termes anciens, je garde les mots et expressions allemandes entre guillemets. Toutefois, il s’agit bien de l’orthographe de l’époque.

Nous vous invitons donc à vous plonger dans l’ambiance et l’histoire des années 1835 – 1839.

Cette chronique n’est pas définitive et elle est régulièrement complétée et mise à jour. Pour l’instant les chroniques antérieures à 1870 sont encore assez succinctes, car la priorité est donnée aux années 1870 – 1882, pendant lesquelles les nouvelles fortifications de Strasbourg ont été érigées.

 

 

Fortifications : ouvrages en cours de construction ou de modernisation

 

Allemagne

 

 

(Sous le terme générique Allemagne, il s’agit de tous les états allemands du futur empire).

 

Allemagne Front Nord Côtes de la Mer du Nord et de la Baltique

 

Embouchure de la Geste

Ouvrage en cours de construction :

Fort Wilhelm (1833-1877) tour en forme de demi-cercle « Halbrunde Turmfort », entre l’embouchure de la Geeste et Bremerhaven.

 

Prusse – Front Ouest Rhénanie

 

Place forte de Koblenz

Ouvrages en cours de construction :

Rive droite du Rhin

Werk Nöllenköpfchen – Fort Rheineck (1827-1838 environ). Installé sur l’emplacement d’anciennes redoutes françaises du siège de 1799, d’abord sous la forme d’un magasin à poudre défensif en 1827 muni d’une enveloppe en 1831 et agrandit jusque vers 1838. Ouvrage terrassé qui défendait l’avant-terrain devant la Feste Ehrenbreitstein. Ouvrage constamment modernisé. 1859 : installation d’une citerne. 1867-1868 : installation d’un blockhaus en tant que réduit, élargissement du fossé principal, d’une caponnière, de plateformes pour 3 batteries d’artillerie. 1875-1881 : remodelage complet de l’ouvrage gâce au fond issu de la dette de guerre française, il a désormais la forme d’une lunette, face gauche de 110 m et face droite de 60 m, flanc droit de 50 m, avec rempart aménagé pour l’artillerie et l’infanterie. Sous le rempart une caserne à deux niveaux. 1880 : baptisé Fort Rheineck. 1877-1878 : l’ouvrage est relié à l’ouvrage Werk Pleitenberg à la place de la batterie intermédiaire. 1882-1883 : effondrement du rempart ui a été reconstruit. 1899 : mise en service de la station télégraphique relié au réseau de la place forte. 1920-1921 : arasement complet de l’ouvrage dans le cadre du Traité de Versailles. Etat : arasé.

 

Allemagne Front Est

 

Place forte de Posen actuel Poznan

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche de la Warta - Enceinte urbaine

Fort Winiary (1828-1842) Forto Winiary, ouvrage avancé de l’enceinte urbaine, comprend 5 bastions et un réduit de gorge. En 1828 construction des deux écluses du fort ; 1828-1834 construction de la redoute du fort ; 1832-1842 construction de l’enceinte urbaine du fort.

 

France

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Royan

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Chay (1812-1858) souvent appélé Fort de Royan, équipé d’un corps de garde Mle 1846. 1914 : armement 6 x 95 mm, 2 x 19 cm Mle 1878, 4 x 27 cm Mle 1870 M, 4 x 24 cm Mle 1876 sur affût GPC.

 

 

France Front Nord-Est

 

 

Place forte de Belfort

Ouvrage en cours de construction :

Fort de la Justice (1825-1842).

 

Place forte de Besançon

Ouvrages en cours de construction :

Le Fort du Grand Chaudanne - Forts de Chadanne (1837-1842 ou 1841-1845) Fort Baudran. Erigé à la place d’une lunette, grand polygone à cinq bastions.

Le Fort du Petit Chaudanne - Forts de Chadanne (fin du Second Empire). Annexe du Grand Chaudanne, qu’il renforce côté Nord-Ouest.

 

Place forte de Lyon

Construction de 17 forts et ouvrages proches de l’enceinte urbaine à partir de 1831.

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Caluire (1831-1835) dès dénommé fort de Cuire.

Fort du Colombier (1931-1835).

Fort de la Duchère (1844-1851).

Fort de La Motte (1932-1835).

Fort de Loyasse (1838-1840).

Fort de Montessuy (1831-1836) et ses deux batteries annexes

Fort de Sainte-Foy (1842-1848).

Fort de Sainte Irenée (1831-1841).

Fort de Vaise (1834).

Fort de la Vitriolerie (1843-1846).

 

Front Sud-Ouest – Pyrénées

 

Fortifications des Pyrénées Atlantique

Fort du Portalet (1838), autre source (22 juillet 1842-1870), fort de montagne, construit sur une falaise sur l’instruction du roi Louis-Philippe, parfois appelé Fort Urdos, situé dans le département des Pyrénées Atlantiques (64), dans la commune d’Etsaut. Il protège la route du col de Somport. 1871-1925 : Garnison 18e régiment d’infanterie de Pau. 1914 : Etat de l’armement : 4 canons de 90, en cas de mobilisation en plus 6 canons de 90 mm et 3 mortiers. 1941-1943 : Durant le régime de Vichy, sert de prison pour les hommes politiques de la IIIe République. 15 août – 16 novembre 1945 : Le maréchal Pétain y est détenu pendant quelques mois. 1962 : Le fort est démilitarisé. 1966 : Le fort est acheté par un particulier qui n’arrive pas à concrétiser son projet et l’ouvrage n’est pas entretenu. 1999 : Racheté par le Comunauté de communes de la Vallée de l’Aspe. 30 novembre 2005 : Classé et inscrit à la liste des monuments historiques. 2006 : Début des travaux de restauration et des expériences de réinsertion. Site Internet.

 

 

Chroniques des années 1835 - 1839

 

 

Dimanche 23 juillet 1837

 

France, Strasbourg : changement de préfet du Bas-Rhin.

Le 23 juillet 1837, le comte Louis Sers (1791-1865) est nommé préfet du Bas-Rhin. Il reste à ce poste jusqu’au 26 février 1848.

Source : S1048 : Himly, François-J. : Chronologie de la Basse Alsace Ier – XXe siècle ; Strasbourg 1972, p. 173.

 

Jeudi 12 septembre 1839

 

France : voies ferrées, ligne Mulhouse - Thann. C’est en 1837 qu’est accordée, à une compagnie privée, la première concession de voie ferrée en Alsace-Lorraine. Cette concession avait pour objet la construction et l’exploitation de la ligne Mulhouse à Thann. La ligne est livrée à l’exploitation le 12 septembre 1939.

Source : S0422

 

Mercredi 5 octobre 1836

 

France, Strasbourg : tentative de coup d’Etat par Louis Napoléon Bomaparte.

Le 5 octobre 1836 le neveu de l’empereur, Louis Napoléon Bonaparte choisi Strasbourg, chef lieu du Bas-Rhin, pour tenter un coup de main destiné à renverser le pouvoir royal de Louis Philippe. Il pensait réussir avec l’aide de la garnison de la place, où il pensait avoir gagné de solides appuis. Il avait acquis la confiance du colonel Vaudrey, commandant le 4e régiment d’artillerie et d’un certain nombre de jeunes officiers épris des souvenirs de l’Empire ou rêvant de promotions rapides en cas de succès. C’est une amie du colonel Vaudrey, une cantatrice dénommée Mme Eléonore Gordon, qui est un des agents les plus dévoués du prince. L’ancien sous-officier Fialin de Persigny, le futur ambassadeur et duc du second Empire, a également contribué à nouer les fis de la conspiration.

En effet, le 5 octobre 1836 à l’aube, le prince Louis Napoléon se présente à la caserne d’artillerie, place d’Austerlitz. Le colonel Vaudrey le fait reconnaître comme l’empereur ou le fils de l’empereur (beaucoup de soldats ignorait que Napoléon est mort), et sous la conduite d’officiers affidés, des pelotons d’artilleurs sont dirigés sir l’Hôtel de la Préfecture et sur celui de la Division militaire, où le préfet Choppin d’Arnouville et le général Voirol, surpris dans leur lit, sont faits prisonniers. Le prince Louis Napoléon se dirigeait avec le gros de la troupe à la caserne Finckmatt, où était logé le 46e de ligne. Il se met à haranguer les soldats dans l’étroite cour de la caserne, dominée par les remparts. Un officier fit immédiatement battre le rappel pour étouffer la voix de l’orateur et saisit au collet le chef de la conspiration. Il est acculé au mur et les artilleurs menacés au haut des remparts, ils ne pouvaient guère se défendre. Quand les Strasbourgeois, réveillés par le bruit des déplacements de militaires à travers les rues, s’enquirent des causes de ce vacarme, l’affaire était déjà complètement terminée. On emmène Louis Napoléon à la prison militaire des Ponts-Couverts, où une cellule lui est assignée. Le roi Louis Philippe se motra très indulgent. Après avoir été maintenu quelques jours dans cette prison, Louis Napoléon est expédié en chaise de poste à Paris, puis doté d’un généreux viatique, il est dirigé de Lorient sur un vaisseau de l’Etat, vers les côtes américaines. Cependant ses complices sont traités avec moins de management.

Source : S0830 : Reuss, rodolphe : Histoire de Strasbourg depuis ses origines jusqu’à nos jours, édition de 1922 rééditée par les Editions de la tour Gile en 1996, p. 24-26.

 

Vendredi 6 janvier 1837

 

France, Strasbourg : début du procès des participants à la tentative de coup d’Etat de Louis Napoléon.

Ceux qui avaient été arrêtés sur place et les fugitifs par contumace, sont envoyés devant la cour d’assise du Bas-Rhin. Les absents qui se sentaient protégés par l’immunité de leur chef, se sont également présentés au procès, défendus par les plus célèbres avocats de Paris. Les débats s’ouvrent le 6 janvier 1837. Après une douzaine de jours d’interrogatoires et de plaidoiries, et après vingt minutes de délibération en Chambre du Conseil, le chef du jury, M. Weiss de Truchtersheim, apporte les réponses posées par le président Gloxin : « Non, les accusés ne sont pas coupables », une déclaration saluée par le public présent dans la salle. Les arguments sont que les citoyens sont égaux devant la loi, et comme le principal instigateur était soustrait à tout châtiment légal, ses comparses ne pouvaient pas être condamnés.

Source : S0830 : Reuss, rodolphe : Histoire de Strasbourg depuis ses origines jusqu’à nos jours, édition de 1922 rééditée par les Editions de la tour Gile en 1996, p. 24-26.

 

 

 

 

 

 

 

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