1885

 

Dernière mise à jour :3 juin 1882

 

Année 1885 divers

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

Allemagne Front Est

 

Place forte de Spandau

Ouvrage en cours de construction :

Fort II Fort Hahneberg (1 juillet 1882 – mai 1888). Fort détaché de ceinture de type Biehler, version modernisée à remparts bas pour l’infanterie, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne à fossé sec, conçu pour un effectif de 356 hommes. Il comprend : 3 traverses-abris et 4 plates-formes double d’artillerie par face, 4 traverses et 4 plate-formes d’artillerie par flanc, une caserne de gorge brisée vers l’intérieur à deux niveaux, comprenant de gauche à droite 6 + 2 + 2 + 6 casemates et des latrines à l’extrémité de chaque aile ; flanquement des fossés par les remparts, par la caponnière double de saillant, les deux caponières d’épaule et la caponnière de gorgede la caserne de gorge ; entrée couverte par un tambour comprenant une place d’armes de gorge, un blockhaus de garde ; système de contres mines. Construction par la Société Heydt Schöttle et Schuster de Strasbourg. Compte tenu de sa construction tradive ce fort n’a été que très peu renforcé avec du béton après 1887, installation de grilles défensives et installations de batteries annexes : trois batteries annexes, deux sur l’angle de gorge, avec 8 obusiers de 15 cm et une sur le glacis du flanc droit avec 2 pièces de 15 cm ainsi qu’une batterie annexe sur l’angle de gorge gauche un abri à munitions avec 4 canons courts de 15 cm (plusieurs autres options de dotation sont préconisées). En 1895 abaissement du profil des traverses. 1927-1934 occupation de l’ouvrage par une association technique d’aéronautique. En 1934 centre d’instruction de la Wehrmacht. 1945 à la fin de la guerre des archives sont incendiés dans l’aile droite de la caserne. 1949 début de destruction partielle, à l’explosif des murs de contrescarpe, puis abandon au milieu de la zone frontière du mur de Berlin. En octobre 1993 création d’une association qui restaure le fort. 

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ulm

Ouvrages en cours de construction :

Werk XXXVFort Oberer Eselsberg Nebenwerk (1883-1887), petit fort détaché, modernisé et renforcé en 1901, 1903-1904, caserne de gorge avec caponnière, tracé modernisé d’un fort détaché de type Biehler.

Werk XXXVIFort Oberer Eselsberg Hauptwerk (1881-1887), fort détaché de type Biehler à fossé sec de taille moyenne, 3 traverses-abris par front, à tracé modernisé avec rempart bas pour l’infanterie, lunette applatie, gorge rentrante bastionnée, caserne de gorge sur l’aile gauche. Modernisé et transformé en fort d’infanterie à partir de 1903. Renforcé avec du béton lors des travaux de mise en état de défense de 1914. Caserne très détérioriée à la suite de la destruction d’explosifs en 1944. Démoli en 1971 malgré les nombreuses protestations pour l’installation d’un centre logistique de l’université, il ne reste que les fossés et une partie des fronts.

 

Place forte d’Ingolstadt

Ouvrages en cours de construction :

Rive gauche du Danube

Fort II – Werk 145 (19 juillet 1877 – 27 juillet 1888) Fort Hartmann, érigé au nord-ouest de Hummelberg. La fin des travaux a été retardée par l’effondrement de la contrescarpe. Fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie, de taille moyenne. Comprend 3 traverses-abris par face ; caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur, comprenant de gauche à droite environ 3 + 6 + 6 + 5 casemates et 2 coffres de flanquement de part et d’autre de l’entrée ; un grand magasin à pourdre sous chaque flanc ; une caponnière double à feux de revers sur le saillant et une caponnière simple sur chaque angle d’épaule. Alors que les forts de la rive gauche du Danube ont des fossés pleins d’eau, le Fort II est l’exception avec son fossé sec. 17 septembre 1888 – 18 avril 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1888-1897 aménagement des batteries annexes. Le fort à été détruit et le site avait été utilisé comme décharge. Quelques restes sont encore présents sous un monticule en herbe comme une partie de la batterie annexe gauche.

Fort III – Werk 146 (4 avril 1877 – 1er août 1887) Fort Von der Tann érigé sur le Kraiberg au sud-est de Gaimersheim. La construction a durée plus longtemps que prévu à cause des difficultés liées au terrain qui ont entraîné des éboulements. Grand fort détaché de ceinture à fossé sec de type Biehler, au tracé pentagonal de lunette aplatie. Comprend 4 traverses-abris par face ; caserne de gorge à deux niveaux, brisée vers l’intérieur, comprenant de gauche à droite environ 6 + 6 + 6 + 8 casemates et 2 coffres de flanquement de part et d’autre de l’entrée ; un grand magasin à pourdre sous chaque flanc ; une caponnière double à feux de revers sur le saillant et une caponnière simple sur chaque angle d’épaule. C’était le plus grand fort de la gauche du Danube. 18 septembre 1888 – 18 juin 1891 : renforcement partiel de l’ouvrage. 1888-1892 construction des batteries annexes droite et gauche. 1940-1945 utilisé comme dépôt de munitions. Le glacis et les batteries annexes avaient servis parès la guerer à l’installation des réfugiers. Le fort a été détruit à l’explosif en 1946. Actuellement ce site est un parc public et quelques débris sont visibles.

 

Belgique

 

Place forte d’Anvers

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Lier (1876-1893), également dénommé Fort de Lierre.

Fort de Steendorp (1877-1892) ou fort de Ruppelmonde : 1 coupole 2 x 15 cm.

Fort de Schoten (1885-1892), également dénommé fort de Schooten.

Fort de Walem (1878-1893 ou 1876-1893 ?), également dénommé fort de Waelhem.

 

France Front Ourest – Côtes de la Mer du Nord, de la Manche et de l’Atlantique

 

Place forte de Brest

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Crozon (1883-1886), presqu’île de Crozon, fort au tracé pentagonal.

Réduit de Landouec (1885-1887).

 

Place forte de Lorient

Ouvrage en cours de construction :

Poste optique de Beg en Aud (1884-1905).

 

France Front Nord-Est

 

Place forte du Quesnoy

Ouvrage en cours de modernisation :

Place forte du Quesnoy (1533) construction des premiers bastions. 1654 : place prise par les Français. 1668-1672 : importants travaux de modernisation sous la direction de Vauban. 1867 : déclassée. 1878 : reclassée. 1882-1886 : la place est réorganisée. 1901 : déclassée. Octobre 1918 : les Néozélandais prennent la place occupée par les Allemands à l’aide d’échelles d’assaut.

 

Place forte de Maubeuge

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Bourdiaux (1885-1888) fort Jourdan.

 

Position de La Fère – Laon – Soissons

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Condé-sur-l’Aisne (1877-1888). 16 février 1932 : déclassée.

 

Place forte de Verdun

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Moulainville (1883-1885) batterie Dornier.

Fort de Bois-Bourru (1881-1887) fortin de Caurra, fort ; modernisé 1891-1894, 1904-1907, 1913-1914, 3 tourelles de mitrailleuses, 1 observatoire, 2 casemates de Bourges.

Fort de Choisel (1883-1885 ou 1883-1886) fort Manèque, poste puis fort pentagonal, modernisé 1894-1897, 1901-1903, 1906-191909, 1911-1913 : caserne bétonnée, 2 casemates de Bourges, 2 tourelles de mitrailleuses, 1 tourelle de canon de 155R, 1 tourelle de canons de 75 Mle 05, 5 observatoires cuirassés ; 1916-1917 : transformé en centre de résistance avec réseau souterrain de galeries.

Fort de Douaumont (1885-1891) fort Gérard, grand fort en forme de pentagone à gorge rentrante, modernisé 1887-1889, 1901-1903, 1907-1909, 1911-1913, 1 tourelle de 75, 1 tourelle de 155, 2 tourelles de mitrailleuses, 5 observatoires, 1 casemate de Bourges.

Fort de Landrecourt (1883-1886) fort Jamin. 1890-1892 : installation d’une caserne de guerre. 1907-1910 : installation : 1 tourelle de 75 Mle 05, 2 tourelles de mitrailleuses, 3 observatoires cuirassés, 1 casemate de Bourges. 1914-1918 : installation d’un réseau de galeries souterraines.

Fort de Moulainville (1883-1885) fort Feuquières, fort, modernisé 1889-1891, 1905-1909, 1 tourelle de 75, 1 tourelle de 155, 2 tourelles de mitrailleuses, 4 observatoires, 1 casemate de Bourges.

Poste de Belle-Epine (1883-1886) non renforcé.

Poste puis ouvrage de Le Chana (1883-1884), poste Pierquin, ouvrage d’infanterie. 1906-1911 : Modernisation de l’ouvrge : 1 tourelle de 75 Mle 05, 1 observatoire. 1944 : Cuirassements endommagés par des essais américains.

 

Rideaux des Hauts de Meuse

Ouvrages en cours de construction :

Fort Les Paroches (1883-1885) fort Colaud, ouvrage peu modernisé, 1890 un magasin sous roc et 1900-1910 réseau de fils et grilles.

Ouvrage Jouy-sous-les-Côtes (1883-1885) fort Raoult, peu modernisé. 1890 : abri sous roche. 1910 : réseau de fils et de grilles. 1917-1918 : installation d’un réseau de galeries profrondes.

 

Place forte de Toul

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Bruley, poste puis fort, (1885-1887) fort Pully, modernisé 1904-1907 ; 1 tourelle de 75, 1 tourelle de mitrailleuses, 2 observatoires et 1 casemate de Bourges.

Fort de Gondreville, ouvrage puis fort, (1884-1887) fort Dahlmann, modernisé 1906-1909, 1 tourelle de 75 modèle 05, 1 tourelle de mitrailleuses, 2 observatoires cuirassés, 1 casemate de Bourges.

 

Place forte de Langres

Ouvrage en cours de construction :

Redoute puis fort de Montlandon (1883-1885) fort Mortier.

 

Place forte d’Epinal

La place d’Epinal décrite par un cours de fortification permanente de 1885, organisation des Etats : « On a longtemps hésité sur la manière dont il convenait de constituer ou plutôt de terminer au Nord le rideau défensif de la haute Moselle. Pouvait-on se contenter d’une simple ligne d’ouvrages que de bonnes communications eussent reliés entre eux pour favoriser les mouvements de la défense, ou devait-on comme pour la position centrale appuyer les extrémités de cette ligne à une grande place ? « Si les défenses d’Epinal étaient assez développées pour recevoir un corps de 15 à 20 000 hommes », écrivait le général de Rivières, « on serait toujours en mesure d’opposer aux partis venant de l’Alsace par les cols de la grande chaîne des forces supérieures à leurs têtes de colonnes ».

Comme appui de la défense de la haute Moselle, Epinal devrait donc être une place d’une certaine importance, mais son rôle grandit encore si l’on considère que l’action peut être exercée contre les flancs d’une armée d’invasion dirigée au sud de Toul par Bayon et Charmes, et tandis que dans le premier cas on doit supposer des forces agissant offensivement sur la rive droite de la Moselle, on doit au contraire dans le second préparer à ces forces des débouchés et un point d’appui sur la rive gauche.

C’est par suite de ces considérations qu’après avoir établi d’abord 4 forts de Dogneville, de Longchamp, de Razimont, de la Mouche sur la rive droite, on a été conduit à occuper sur la rive gauche les positions de Bambois (Le Bambois situé à 6 500 m de la ville, bat la vallée du Courcy et chemin de fer de Vesoul jusqu’au viaduc de Xertigny), du Roulon (Entre Bambois et le Roulon on a construit la batterie des Friches), de Girancourt (Les 2 batteries de Sanchey au Nord-Est et de Tieha au sud-est complètent l’action du fort de Girancourt) et d’Uxegney (Deux batteries à Bois l’Abbé et à la grande Haye complèteraient l’organisation du front Nord), occupation très étendue qui maîtrise sur une grande longueur les voies ferrées de la région. L’organisation de la rive gauche est à peu près terminée aujourd’hui, et l’on s’occupe de renforcer l’espace considérable qui existe entre le saillant de Longchamp et de fort de Razimont par la création de deux batteries de Woëvre et des Adelphes.

Motifs qui ont engagé à ne pas fortifier le noyau central.

Quelque éventualité que l’on envisage, on est porté à attribuer à la place d’Epinal un rôle surtout offensif ; on ne voit pas en effet, que l’ennemi puisse, par les seules communications des Vosges, jeter des forces assez considérables pour entreprendre un siège important ; et l’on ne peut guère supposer que de prime abord il détache des armées qui pénétreraient au sud de Toul des corps capables d’exécuter une opération de cette nature ; il aurait intérêt à masquer Epinal pour protéger ses communications, mais non à en faire le siège, aussi cette place présente-t-elle cette particularité qu’elle n’a pas de noyau fortifié, et que probablement, on se contentera au lieu de lui constituer une enceinte, de créer sur les hauteurs les plus rapprochées de la ville, celles de Laufremont et de la Justice, par exemple, sur la rive droite, celles de Chantraine, de St-Antoine et de Benavaux sur la rive gauche ; des ouvrages secondaires entre lesquels on organiserait, le cas échéant, une enceinte avec les ressources de la fortification passagère.

C’est encore par suite de la même considération que l’on a admis comme points d’appui sur la rive droite ces forts de la Mouche et de Razimont qui occupent il est vrai les points culminants de la forêt d’Epinal et tiennent les chemins secondaires conduisant dans la vallée de la Vologne, mais qui sont en plein bois et semblait par conséquent dans d’assez mauvaises conditions au point de vue de la défensive.

Cette organisation est très rationnelle et très forte et une troupe mobile, de la force d’une brigade, à peu près, doit utiliser ces points d’appui pour surveiller exactement toute la région qu’ils couvrent, pour prendre l’offensive contre les partis qui auraient franchi les Vosges par quelqu’un des 14 passages qui existent entre le ballon d’Alsace et le Donon ».

Ouvrages en cours de construction :

Fort des Adelphes (1883-1885) fort Richepance, modernisé en 1892, 1908-1914.  Tourelle de 75 mm, 1 tourelle de mitrailleuses, 3 observatoires, 1 casemate de Bourges.

Fort de Bois l’Abbé (1884-1885) fort Poniatowski, non modernisé.

Magasin de la Cense Billot (1885-1886), magasin à poudre modèle 1874.

Magasin de Golbey (1885) magasin à poudre sous roc.

 

Place forte de Belfort

La place de Belfort décrite par un cours de fortification permanente de 1885, organisation des Etats : « Quant à la place de Belfort, point d’appui naturel de tout le système que nous venons d’indiquer, le plus grand accroissement de force qu’elle ait reçu lui vient précisément de la présence de ce rideau défensif auquel elle s’appuie, et dont les forts apporteraient les plus grandes difficultés à une opération d’investissement. Quelques batteries, celles de la Côte et de la Charme, placées entre le Salbert et le mont Vaudois suffisent à assurer complètement la défense à l’ouest, car elles battent parfaitement toute la hauteur Chanvillars où prennent naissance les principaux affluents de la Savoureuse et de la Lisaine.

Au Nord, la place est couverte par la grande forêt d’Arso et l’on a construit à son extrémité, un grand fort, le fort de Roppe qui formerait le réduit et le point d’appui de la défense mobile, très-puissante lorsqu’elle peut agir dans un terrain difficile, dont les voies d’accès sont battues par des batteries aussi dominantes, aussi puissamment armées que celles du Salbert et de Roppe. Ce fort appuie également la défense de l’Est par les vues qu’il prend sur tout le terrain et particulièrement sur les vallées de la Madeleine et de l’Autruche. Pour compléter la défense de l’Est on remplace en ce moment par des ouvrages permanents les ouvrages de campagne construits antérieurement en fortification demi-permanente à Bessoncourt, à Vezelois, à Méroux et ses forts doivent être complétés par la réorganisation de Sévenans, de Méroux et de Chèvremont. En arrière, mais organisées en ouvrage de campagne existent d’autres batteries en seconde ligne, les épaulements du Bosmont, les batteries du Haut-Taillis et de Pérouse.

Enfin au Sud, considérant que le massif qui se termine au fort de la Chaux est d’accès difficile, on avait conservé jusqu’ici de simples batteries, mais il est admis en principe que deux ouvrages permanents seront établis l’un au bois d’Oye, l’autre sur le Mont Daumin. Ainsi jusqu’à présent la place ne comprenait comme ouvrages permanents que les mêmes ouvrages qui existaient déjà à l’état embryonnaire en 1870 et grâce auquel on a pu faire cette défense énergique et prolongée qui nous a valu de conserver cette importante position ; seulement les ouvrages alors provisoires de Bellevue, des hautes et basses Perches ont été construits avec soin, pourvus d’abris, dotés d’un puissant armement. En arrière enfin se trouve l’ancienne enceinte avec le camp retranché que terminent les forts de la Miotte et de la Justice.

Projets pour l’agrandissement de Belfort. De nombreux projets ont été faits pour substituer à l’organisation actuelle un système d’occupation plus étendue et l’on a proposé de se porter au-delà des grands bois jusqu’à la vallée de Saint Nicolas et le canal du Rhône au Rhin, et d’y établir des ouvrages permanents à Novillars, à Eschêne, à Bourogne, à Allenjoie pour se relier par ce dernier à l’ouvrage de la Chaux. Rien n’est plus naturel que la tendance que l’on éprouve à accroitre ainsi la puissance défensive et le rayon d’action d’une place dont l’importance est pour nous si indispensable, mais d’une part, certains ouvrages comme celui de Novillars eussent été placés pour ainsi dire à la frontière même, et d’autre part, on a reculé devant une extension aussi considérable par suite non seulement des dépenses qu’elle entraîne, mais du caractère même de l’occupation que l’on conçoit pour Belfort. Ce n’est pas une garnison ordinaire qui doit occuper cette place, c’est un corps d’armée et il est naturel que l’organisation défensive soit en quelque sorte en raison des moyens d’action qu’on suppose au défenseur.

Sans doute l’impression qu’on éprouve lorsque l’on considère Belfort comme place isolée est que le rayon de protection à l’Est est bien limité, et cette ligne d’ouvrages dont la vue est bornée à un kilomètre environ par de grands bois ne paraît pas remplir complètement les conditions imposées à des ouvrages de protection, mais d’une part, le noyau central ne joue ici comme à Toul qu’un rôle secondaire, et les facilités d’évacuations qu’assure l’organisation des ouvrages à l’Ouest rend bien moins redoutable encore aujourd’hui l’effet d’un bombardement, et d’autre part, la présence des forts du rideau défensif a en réalité communiqué à la position de Belfort des propriétés toutes nouvelles que n’accroîtraient pas les nouveaux ouvrages proposés de façon à en justifier la dépense. Entre les ouvrages de Roppe, du Salbert et de Giromagny existent des espaces considérables dont l’accès est interdit à l’ennemi et qui par la proximité même du ballon de Servance rendent fort difficile un investissement de ce côté, et si l’ennemi porte ses principaux efforts vers l’Est et le sud, tous les établissements qu’il peut former sont tenus sous la menace constante des actions que permet d’exercer l’occupation du Lomont, base naturelle et point d’appui des forces réunies et organisées sur la rive gauche du Doubs. C’est par suite de ces considérations qu’on s’est borné à l’amélioration des ouvrages du Vézelois, de Meroux ; de Chèvremont auxquels on a substitué des forts permanents et à la création d’un ouvrage à Bessancourt ; ces forts serviront de point d’appui aux forces actives qui occuperont et disputeront la lisière des bois organisés défensivement ».

Ouvrages en cours de construction :

Fort de Bessoncourtfort Sénarmont (1883-1886).

Fort du Bois d’Oye (1883-1886) fort Eblé, grand fort pentagonal à gorge rentrante.

 

Place forte de Pontarliers

Ouvrage en cours de construction :

Fort de Joux (1879-1887) comprend 2 casemates cuirassées Mle 1878 en fonte dure.

 

France Front Sud-Est

 

Place forte de Lyon

Ouvrage en cours de construction :

Rive droite de la Saône :

Deuxième ceinture de forts détachés :

Fort du Paillet (1883-1886) au nord-ouest de Lyon, sur la rive droite de la Saône. Etat actuel : appartient à la commune de Dardilly. Occupé par plusieurs associations dont l’une qui fait visiter l’ouvrage.

 

Place forte de Grenoble

Ouvrage en cours de construction :

Fort de Comboire (1882-1885) fort Monteynard, fort à cavalier, tracé en forme de pentagone très étiré.

 

Place forte de Briançon

Ouvrages en cours de construction :

Baraquement du Granon (1885-1895), près du Col du Granon (2 404 m).

Batteries de la Lauzette (1885) dès fois orthographié Lausette, comprend 4 batteries étagées. Juin 1914 : ces batteries contribuent à mettre en échec une attaque italienne.

Position de la Lauzette (1885-1888) comprend 4 batteries de la Lauzette et le blockhaus de la Lauzette ainsi que quelques aménagements.

 

Place forte de Tournoux

Ouvrage en cours de construction :

Batterie du Cuguret (1885-1888).

 

Place forte de Saint-Vincent

Ouvrages en cours de construction :

Batterie du Chatelard (1883-1885) ou batterie Châtelard, située au-dessus du fort de Saint-Vincent.

Batterie de Dormillouse (1884-1886) ouvrage de montagne.

 

France Front Sud Côtes de Méditerrannée

 

Frontière italienne

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Mont Bardonnet, fort Suchet (1883-1886), 2 tourelles Mougin Mle 1876, près de Nice.

 

Place forte de Nice

Ouvrages en cours de construction :

Batterie des Granges (1883-1890) parfois dénommée Batterie Basse.

Fort du Mont Chauve d’Aspremont (1885-1888) fort La Palice.

 

Place forte de Port Vendres

Ouvrages en cours de construction :

Batterie de Cinq Cents (1885-1886), armement 2 pièces de 7 et une de 12.

Batterie de la Galline (1885-1886).

Batterie des Gascons (1885-1886).

Tour Madeloc (1885-1886) batterie secondaire.

 

Italie Centre

 

Place forte de Rome

Ouvrages en cours de construction :

Forte Trionfale (1882-1891), fort détaché de ceinture.

Forte Antenne (1882-1891), fort détaché de ceinture.

Forte Pietralata (1881-1885), fort détaché de ceinture.

 

Pays-Bas

 

Ligne d’Utrecht ou Nouvelle Ligne d’eau « Waterlinie »

 

Place forte d’Utrecht

Ouvrage en cours de modernisation :

Fort bij Rijnauwen (1868-1871). Grand fort à fossé plein d’eau, plus grand fort de la Waterline (31 ha). En 1877-1885 il est modernisé, construction d’une grande caserne à l’épreuve des bombes et des batteries de flanquement n°3 et 4. En 1885 son équipage était de 675 hommes et 105 pièces d’artillerie. 1918 installations d’abris de groupe en béton type 1918. En 1939 installation d’une casemate de mitrailleur « Koepelkazemat type G » et d’abris de groupe « Groepschuilplaats Type P ». 1942-1943 lieu de détention et d’exécution. Classé aux monuments historiques « Rijksmonument » et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Secteur de Ouderkerk

Ouvrage en cours de construction :

Fort bij Abcoude (1884-1887). Commune de Ronde Venen. Classé aux munuments historiques du royaume « Rijksmonument » et au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Roumanie

 

Place forte de Bucarest

Construction des fortifications de Bucarest dont le plan adopté pour le camp retranché comprenait 18 forts situés à une distance de 12 à 13 km du centre de la place et laissant entre eux des intervalles de 3 à 4 kilomètres ; une batterie intermédiaire dans chacun des intervalles.

 

Progrès de l’artillerie et du génie

 

Allemagne

1885 : réalisation d’une tourelle cuirassée à éclipse « Versenckbar » avec affût cuirassé pour pièces de petit calibre, qui trouvera ultérieurement de nombreuses applications dans le cadre de la défense rapprochée.

1885 : réalisation d’un mortier à sphère appelé « Kugelmörser », dont le tube était fixé dans une boule de fonte durcie, qui tournait dans un couvercle cuirassé.

1885: Expériences de tir contre les ballons captifs aux polygones de Tegel et Kummersdorf. L’augmentation de la portée des armes, qui oblige souvent à entamer la lutte à des distances considérables, et l’adoption du principe de tir indirect ont conduit à la création d’observatoires élevés, transportables, d’où l’on peut découvrir les troupes, les batteries et les travaux de l’adversaire. De là l’introduction du ballon captif dans le matériel des armées de toutes les grandes puissances européennes.

En 1885 et en 1887, des expérimentations de tir contre un ballon placé à 1 400 m des pièces et à 400 m d’altitude ont été menées aux polygones de Tegel et de Kummersdorf. Il fut percé en quelques coups et descendit rapidement. 2 autres aérostats, planant à une hauteur de 100 à 250 m, et à 5 000 m de distance de la batterie, tombèrent, l’un après 10 coups et l’autre après 26, percés tous les 2 d’une vingtaine de trous.

1885 : mise en service du canon révolver système Hotchkiss de 3,7 cm « 3,7 cm-Revolver-Kanone System Hotchkiss ».

France

1885 : Explosifs Turpin. D’après le brevet anglais de 1885, la poudre picrique de M. Turpin est composée d’acide picrique fondu en grains que l’on recouvre ensuite d’une sorte de vernis formé par l’évaporation d’une nitro-cellulose dissoute dans l’éther. Le même inventeur revendique de manière générale l’emploi de l’acide picrique mélangé à toutes autres substances pour la fabrication d’explosifs d’une grande puissance. M. Turpin a vendu son brevet anglais à M.M. Amstrong qui, depuis 1888, fabriquent à Lydd (angleterre), sous le nom de Lyddite un explosif de guerre plus ou moins analogue à la mélinite.

1885 : Mélinite. Cette substance explosive, employée par le gouvernement français pour le chargement des obus, a été expérimentée pour la première fois, en 1886, au fort de la Malmaison. Elle dérive des explosifs Turpin ; c’est un mélange d’acide picrique et de nitrocellulose soluble. Les perfectionnements apportés à sa fabrication par MM. Berthelot et Sarrau, permettent de la fabriquer actuellement dans des conditions particulières de stabilité et d’innocuité, comme aussi de la manipuler sans danger. Elle est insensible aux frottements et aux chocs, et on peut la charger dans les obus sans aucun risque. Elle fait explosion sous l’influence d’un détonateur muni lui-même d’un allumeur.

Roumanie

1885 : à l’occasion du concours organisé pour la planification des fortifications de la capitale roumaine Bucarest, une coupole Schumann réussi à se qualifier face à une construction du belge Henri Alexis Brialmont, qui s’était avérée trop faible. Néanmoins, on a encore souligné la lourdeur de mise en œuvre de la coupole allemande.

 

Publications de l’année 1885

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : 1884 – 1885. Fortification. Fortification permanente. 1ère partie. Chapitre 1er. Historique des formes de la fortification jusqu’à Vauban.

Editeur : Ecole Supérieure de Guerre.

Date de l’édition : 1885.

Détail du cours : Historique des formes de la fortification jusqu’à Vauban. Modifications des formes de la fortification sous Vauban et ses successeurs. Conditions imposées actuellement à la fortification. Organisation des nouveaux ouvrages. Constitution des ouvrages d’après leur rôle technique. Des ouvrages demi-permanents.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : 1884 – 1885. Fortification. Fortification permanente. 2e partie. Attaque et défense des places.

Editeur : Ecole Supérieure de Guerre.

Date de l’édition : 1885.

Détail du cours : Chapitre I : Des modes irréguliers d’attaque ; Chapitre II : Du siège régulier ; Chapitre III : Préparation à la guerre de siège ; Chapitre IV : Opérations de l’attaque et de la défense pendant la période d’investissement ; Chapitre V : Rôle de la défense ; Chapitre VI : Opérations de l’attaque et de la défense rapprochée de la 1ère parallèle à la chute des forts ; Chapitre VII : Opérations de l’attaque et de la défense entre la ligne des forts et le noyau central ; Chapitre VIII : Attaque et défense du corps de place ;

Chapitre IX : Attaque etdéfense d’une place à simple enceinte ; Chapitre X : Attaque et défense d’un fort.

 

Auteurs : Auteurs divers.

Titre : 1884 – 1885. Fortification permanente. 3e partie. Organisation défensive des Etats.

Editeur : Librairie militaire Berger-Levrault et Cie.

Date de l’édition : 1883.

Détail du cours :

Chapitre I : Comment a été comprise à diverses époques l’organisation défensive des Etats, pages 1-31 ;

Chapitre II : Comment est comprise aujourd’hui l’organisation défensive des Etats, pages 32-43 ;

Chapitre III : Organisation défensive de la frontière Nord de la France, pages 44-103 ;

Chapitre IV : Organisation défensive de la frontière du Nord-Est ou frontière d’Allemagne, pages 104-156 ;

Chapitre V : Organisation défensive de la frontière suisse, pages 157179 ;

Chapitre VI : Organisation défensive de la frontière italienne, pages 180-221 ;

Chapitre VII : Organisation défensive de la frontière des Pyrénées, pages 222-237 ;

Chapitre VIII : Défense des côtes, page 238-286 ;

Chapitre IX : Organisation des positions de seconde ligne, page 287-304 ;

Chapitre X : Organisation des positions centrales, pages 305-338 ;

Chapitre XI : Organisation défensive des Etats secondaires Belgique, Suisse, Hollande, pages 339-358 ;

Chapitre XII : Organisation défensive de l’Allemagne ;

Chapitre XIII : organisation défensive de l’Italie

Chapitre XIV : Organisation défensive de l’Autriche ;

Chapitre XV : Organisation défensive de l’Angleterre ;

Chapitre XVI : Organisation défensive de la Russie ;

Chapitre XVII : Organisation défensive de l’Espagne.

 

Auteur : Brialmont A.

Fonction et titres de l’auteur : Lieutenant général.

Titre : La fortification du temps présent. Tome premier.

Editeur : Guyot Frères, imprimeurs - éditeurs, Bruxelles.

Date de l’édition : 1885.

Table des matières : Introduction.

Chapire 1. Caractère et utilité des grands pivots stratégiques. Principes généraux de la défense des Etats.

Chapitre 2. Organisation des grands pivots stratégiques.

Chapitre 3. Etat actuel de l’artillerie. Expériences diverses.

Chapitre 4. Considérations générales sur l’emploi de l’artillerie dans la défense des places. Rôle des batteries cuirassées et particulièrement des coupoles.

Chapitre 5. Artillerie de place. Choix des bouches à feu.

Chapitre 6. Forme, dimensions et organisation intérieure des forts d’un camp retranché. Armement. Rôle de l’infanterie dans la défense.

Chapitre 7. Organisation des remparts.

Chapitre 8. Eléments de détails de la fortification.

 

Auteur : Brialmont A.

Fonction et titres de l’auteur : Lieutenant général.

Titre : La fortification du temps présent. Tome second.

Editeur : Guyot Frères, imprimeurs - éditeurs, Bruxelles.

Date de l’édition : 1885.

Table des matières : Introduction.

Chapitre IX. Divers types de forts détachés.

Chapitre X. Batteries intermédiaires.

Chapitre XI. Moyens proposés pour augmenter la puissance de feux dans les intervalles des forts.

Chapitre XII. Enceinte de sûreté des places et camps retranchés.

Chapitre XIII. Têtes de pont.

Chapitre XIV. Forts d’arrêt.

Chapitre XV. Force et composition des garnisons.

Chapitre XVI. Principes généraux de l’attaque et de la défense des places à forts détachés.

Chapitre XII. De la défense des côtes.

 

Auteur : Brialmont A.

Fonction et titres de l’auteur : Lieutenant général, inspecteur général des fortifications et du corps du génie de Belgique.

Titre : La fortification du temps présent. Atlas.

Editeur : Guyot Frères, imprimeurs - éditeurs, Bruxelles.

Date de l’édition : 1885.

 

Auteur : Fehleisen Egmond.

Titre : Deutch-Französiche Krieg 1870-71 in Wort und Bild. Zwieter Band.

Editeur : Druck und Verlag von Enszelin und Laiblin.

Date de l’édition : 1885.

 

Auteur : Martin Henri.

Titre : Histoire de France depuis 1789 jusqu’à nos jours. Tome septième.

Complément au titre : Deuxième édition. 

Editeur : Librairie Furne Jouvet et Cie, éditeurs, 5 rue Palatine, Paris.

Date de l’édition : 1885.

Référence MJR : S0892, original.

Table des matières :

Chapitre premier. Second Empire (suite). Election de 1869. Ministère Ollivier. Le plébiscite. Le concile de Rome.

Chapitre II. Second Empire (suite). La question Hohenzollern, déclaration de guerre à la Prusse.

Chapitre III. Second Empire (suite). Guerre contre la Prusse. Woerth et Spicheren. Les batailles devant Metz. Chapitre IV. Second Empire (fin). Sedan. Le 4 septembre.

Chapitre V. Page 157. Troisième République. Gouvernement de la Défense Nationale. Siège de Paris. Chute de Strasbourg.

Chapitre VI. Page 184. Troisième République. Thiers et Gambetta. Délégation de Tours. Le 31 octobre.

Chapitre VII. Page 208. Troisième République. Capitulation de Metz.

Chapitre VIII. Page 234. Troisième République. Première Armée de la Loire. Victoire de Coulmiers. Bataille de Champigny. Revers sur la Loire.

Chapitre IX. Page 254. Troisième République. Seconde Armée de la Loire. Suite du siège de Paris. Armée du Nord. Seconde Armée de la Loire (suite). Bataille du Mans.

Chapitre X. Page 295. Troisième République. Siège de Belfort. Armée de l’Est. Bataille d’Héricourt.

Chapitre XI. Page 310. Troisième République. Gouvernement de la Défense Nationale. Fin de la guerre. Fin du siège de Paris. Bataille de Buzenval. Armistice. L’Armée de l’Est en Suisse. Démission de Gambetta.

Etc.

 

Auteur : Lacoix Désiré.

Fonction et titres de l’auteur : Rédacteur du Moniteur de l’armes.

Titre : Les aérostiers militaires du château de Meudon (1794-1884) avec gravure.

Complément au titre : Petite bibliothèque aéronautique. Avec planches et figures dans le texte. 4 ouvrages reliés ensembles.

Editeur : Auguste Ghio, Palais-Royal 1, 3, 5 et 7, Galerie d’Orléans, Paris.

Date de l’édition : 1885.

Détails des quatres ouvrages assemblés sous ce titre :

Georges Espitalier ; 1ère conférence ; photocopie pages 5-42 ;

Georges Espitalier ; 2ème conférence ; Les ballons militaires et leur emploi à la guerre ; Etudes aérostatiques ; ; Librairie militaire Xavier Drevet, éditeur, 14, rue Lafayette, Grenoble ; 1887 ; pages p1-35 ;

Georges Espitalier ; Les ballons militaires à l’étranger ; pages 36-43.

Désiré Lacroix : Les aérostiers militaires du château de Meudon ; Auguste Ghio, Palais-Royal 1, 3, 5 et 7, Galerie d’Orléans, Paris ; 1885 ; pages 1-15.

 

Auteur : Plessix H, chef d’escadron d’Artillerie ; Legrand-Girarde E, lieutenant-colonel du Génie.

Titre : Manuel complet de fortification.

Editeur : Librairie militaire Berger-Levrault et Cie.

Date de l’édition : 1885.

 

Auteurs : Schadow Richard.

Titre : Daniel Specklin. Sein Leben und seine Tätigkeit als Baumeister.

Date de l’édition : 1885.

 

Auteur : Schwartze Théodore.

Titre : Le téléphone. Le microphone et le radiophone. 

Editeur : Bernard Tignlol, éditeur, 45, quai des Grands-Augustins, Paris.

Date de l’édition : 1885.

Chroniques de l’anné 1885

 

Janvier 1885

Allemagne, Buckau : technique cuirassements.

En janvier 1885, expérience de tir à Buckau contre une partie de coupole destinée à l’armement d’un fort autrichien.

 

Jeudi 8 janvier 1885

Allemagne, fortifications : présentation du projet de fort d’arrêt du Major Schumann.

Le Major (commandant) Schumann présente le projet d’un grand fort d’arrêt doté d’un grand nombre de tourelles pour l’artillerie et la défense rapprochée.

 

Jeudi 23 avril 1885

Allemagne, fortifications : questions posées à la Commission de défense du territoire par l’ordonnance impériale du 23 avril 1885.

Les questions posées par Hänisch, confiées par l’ordre du cabinet impérial (AKO) du 23 avril 1885 à la Commission de défense du territoire pour y être étudié, devaient clarifier :

s’il était permis de réduire l’artillerie des forts à quelques rares points et de transformer ces ouvrages pour une défense énergique par l’infanterie ;

s’il fallait garder les batteries annexes dans leur volume actuel ;

s’il faut réaliser un cuirassement complet pour quelques pièces ou s’il valait mieux favoriser une domination de l’artillerie des défenseurs par la masse, par une meilleure disponibilité au combat et par la protection des magasins à munitions ;

de combien peut-on réduire l’équipement des ceintures urbaines sans que cela n’affecte la ceinture de défense extérieure ;

La Commission de défense du territoire a transmis les trois premières questions à une sous-commission composée d’ingénieurs et d’officiers de l’artillerie et elle a cependant répondue à la question concernant l’équipement des enceintes urbaines, en préconisant qu’il fallait également maintenir une capacité à contenir une attaque pour celle-ci.

 

Mai 1885

Allemagne, fortification : premières réponses aux trois questions posées à la Commission de défense du territoire.

En mai 1885, la sous-commission chargée des trois premières questions a décidé, que l’armement en artillerie des forts ne devait être réduit qu’avec parcimonie. La seule grande modification que l’on a accordé est la suppression des pièces légères abrités dans les traverses - abris et destinées à contrer un assaut, il fallait en effet en cas de besoin, les sortir des abris pour les faire entrer en action sur les remparts à ciel ouvert. On estimait que ce procédé n’était plus réalisable.

La grande masse de l’artillerie devait être maintenue sur ces positions à ciel ouvert, mais toutefois, on estimait que la mise en place de quelques exemplaires de pièces sous cuirassement pouvait entraîner une action décisive dans le déroulement d’un siège. On a accordé un poids certain à l’équipement des places fortes avec des ballons d’observation et à la réalisation de poste d’observation cuirassés dans les forts. Dans l’ensemble, on n’a pas réussi à trouver une solution suffisante concernant la forme des futures fortifications.

 

Jeudi 3 septembre 1885

Allemagne, fortifications : la question des enceintes urbaines.

L’enceinte de Strasbourg est à peine achevée que l’on se pose déjà la question en Allemagne de l’utilité des enceintes urbaines. En ce temps où les ceintures fortifiées des grandes places allemandes ont commencé de plus en plus à avoir une nouvelle physionomie, les ceintures de remparts urbains, un autre élément classique de la fortification, est passé de plus en plus en arrière plan. Bien que l’ordre du cabinet impérial « A.K.O. » du 3 septembre 1885 avait déterminé que « les enceintes de nos grandes places forment dès le temps de paix une ligne de fortification continue, qui protège contre les assauts par surprise et qui sur les points les plus importants sont aménagés pour la mise en batterie de pièces d’artillerie lourdes ». Mais au fil des ans la situation va évoluer et l’on s’oriente petit à petit vers la suppression des enceinets urbaines. Ainsi déjà cinq années plus tard, parvenait au ministère de la guerre prussien, conditionné par la croissance rapide des villes, diverses demandes pour repousser ces enceintes vers l’extérieur. Repousser ces enceintes vers l’extérieur, les auraient rapprochées de trop de la ceinture fortifiée, et aurait agrandi leur circonférence dans une mesure impossible à gérer. En conséquence, il aurait fallu abandonner complètement l’enceinte urbaine. On n’a pas trouvé immédiatement de règle générale au sujet de cette question, bien que l’enceinte urbaine de Coblence ai été abandonnée à la suite de l’ordre du cabinet impérial « A.K.O. » du 13 mars 1890. L’abandon de cette enceinte ne peut pas être considéré comme l’exemple type, puisque la mission très restreinte de la place de Coblence –barrer l’accès des ponts de la Moselle et du Rhin au niveau de la ville pouvait être pris en compte par les ouvrages situés sur les hauteurs. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que la situation évoluera.

 

Jeudi 3 décembre 1885

Allemagne, fortifications : réponses aux question posées et projet de nouvelles fortifications à Mutzig.

Les décisions de la Commission de défense du territoire ont été confirmé par l’ordre du cabinet impérial « A.K.O. » du 3 décembre 1885. Concernant la question de l’armement en pièces d’artillerie, Brandenstein avait dit à la Commission de défense du territoire, qu’il était favorable à l’utilisation de cuirassement, puisque c’était la seule façon de les protéger contre les tirs courbes.

« Conformément aux propositions de la commission de défense du territoire... sont classés dans les places fortes à conserver et à renforcer en première ligne : Metz, Strasbourg, Neuf-Brisach, les fortifications projetées près de Sarrebourg – Molsheim, Bitche, Thionville, Cologne, Königsberg, Boyen, Thorn, Posen, Pillau, Weichselmünde, Swinemünde, Friedrichsort, les fortifications de l’Elbe inférieure et de l’embouchure de la Weser ainsi que les fortifications côtières de Wilhelmshaven. Sarrelouis est, comme l’avait déjà indiqué, à abandonner dès les fortifications de Sarrebourg – Molsheim sont pratiquement achevées. Sonderburg doit être abandonné complètement dès que les ouvrages construits sur la baie de Kiel, près de Pries et de Robsdorf sont achevés. Le projet d’une autre extension des fortifications terrestres de Kiel doit être abandonné. Toutes les autres places fortes et ouvrages doivent être maintenus, et les projets agréés doivent être construits, mais pour Stralsund et Colberg, il n’est pas utile d’y garder l’armement et les matériels de mise en état de défense ».

 

Sources

 

Bibliographie

Auteurs divers : Revue militaire de l’Etranger.

Burger Matthias : Die Bundesfestung Ulm, Deutschland grösste Festungsensemble ; autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2006. S2830.

Burger Matthias : Bundesfestung Ulm, Ein Führer durch die Festungsanlagen, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2010. S2551.

Burtscher Philippe : De la ceinture fortifiée de Strasbourg à la Position de la Bruche, Editeur : Cercle d’Etudes des Fortifications et Société d’Histoire de Mutzig et environs, 1999. S0175.

Doise Jean : Histoire militaire de l’Alsace militaire, La défense du pays in Saisons d’Alsace n°87 de mars 1985, pages 41-42. S2534.

Dumsky Walter : Die deutschen Festungen von 1871 bis 1914 : Strategische Bedeutung und technische Entwicklung. Erlanger Historische Studien herausgegeben von Professor Dr. Karl-Heinz Ruffmann Professor Dr. Hubert Rumpel. Bd. / Vol. 11 ; Frankfurt am Main, New York, Paris ; 1987.

Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008. S2757.

Frobenius H. : Unsere Festungen. Entwicklung des Festungswesens in Deutschland seit Einführung der gezogene Geschütze bis zur neusten Zeit. Band I : Die Ausgestaltung der Festung ; 1912.

Grabau A. : Das Festungsproblem in deutschland und seine Auswirkung auf die strategische lage von 1870-1914, Berlin, 1935.

Gosch Frank : Festungsbau an Nordsee und Ostsee ; Die Geschichte der Deutschen Küstenbefestigung bis 1918, Mittler & Sohn, Hamburg, Berlin, Bonn, 2003. S2938.

Lacoste W. : Neubreisach 1871 – 1916, Strassburg Vorfeld 1914-1916 in DAWA Sonderheft 29, 1997.

Lacoste W. : Die Weserforts. Beiträge zur Geschichte in DAWA Sonderheft 28. Deutschen Atlantikwall Archiv, 1999.

Le Halle Guy : Histoire des fortifications en Franche-Comté et pays d’Ain, Martelle Editions, 1991. S0360.

Le Hallé Guy : Le système Séré de Rivières ou le témoignage des pierres, Ysec, 2001. S1253.

Muller H. (Major au grand Etat-major allemand. Traduit avec l’autorisation de l’auteur par Alfred Bertrang, capitaine-commandant attaché à l’état-major de l’artillerie belge) : Développement de l’artillerie de place et de siège prussienne sous le rapport du matériel, de l’organisation, et de l’instruction de 1815 à 1875, établi d’après les documents officiels ; Librairie militaire de J. Dumaine, Paris, 1876. S0487.

Rolf Rudi : Die Deutsche Panzerfortifikation. Die Panzerfesten von Metz und ihre Vorgeschiche ;

1991 ; Biblio Verlag, Osnabrück. S0081.

Generalleutnant a.D. Schirmer : V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie ; Verlag Bernard & Graefe, Berlin ; 1937. S0596.

Richard Pierre : Fort du Mont-Bart, position stratégique, construction du fort, autoédition, 2000. S2267.

Schulze Manfred P. : Fort Hahneberg. Das einzige Aussenfort der Festung Spandau ; Heimatkindliche Vereinigung Spandau 1954 e.V. Förderkreis Museum Spandau, Berlin 2004. S1897.

Tempelman Lex & Will Chris : De Nieuwe Hollandse Waterlinie, 2009.

Theile Markus : Das Fort Oberer Kuhberg, autoédition Föderkreis Bundesfestung Ulm e.V., 2014.

Torfs L., en collaboration avec A. Casterman : Les agrandissements et les fortifications d’Anvers ; Bruxelles, 1871.

Truttmann Philippe : La barrière de Fer ; L’architecture des Forts du Général Séré de Rivières (1872-1914) ; Gérard Klopp éditeur, 2000. S2480.

Weinsberg Alexandre : Le fort de Queuleu in Fortifications & Patrimoine, Association Le Mur, Année 2000. S0530.

 

Archives & Bibliothèques

Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

Archives départementales du Bas-Rhin ; Strasbourg.

Bibliothèque du mess de garnison de Strasbourg

Bibliothèque Nationale de France

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg

Bibliothèques Municipales de Strasbourg.

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

Bundesarchiv Abteilung Militärarchiv, Freiburg

Geheimes Staatsarchive Preussischer Kulturbesitz, Berlin.

Generallandessarchiv Karlsruhe et Bundesarchiv, Stuttgart.

Service Historique de la Défense, Vincennes.

 

Sites Internet

Accès aux ouvrages en ligne de la BNF et de la BNUS :

https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/content/accueil-fr?mode=desktop

Bundesarchiv (archives fédérales allemandes)

http://www.bundesarchiv.de/DE/Navigation/Home/home.html

Site très complet recensant les fortifications françaises 1874-1918 environ :

http://www.fortiffsere.fr/

Arme du Génie et fortifications diverses

http://franchissement.forumgratuit.org/

 

Fortifications allemandes de l’ancien territoire d’Alsace-Lorraine :

Fort de Mutzig – FKWII (Feste Kaiser Wilhelm II)

http://www.fort-mutzig.eu/desk/smart/smart_menu.php?langue=fr

Fort Ducrot à Mundolsheim

http://www.fortpodbielski-ducrot-mundolsheim.fr/

https://www.facebook.com/Fort-IIIa-PODBIELSKI-fort-Ducrot-152901354769096/

Fort Rapp à Reichstett

https://www.facebook.com/fortrappreichstett/

 

Traductions et rédactions des articles : MJR 2019

 

 

 

 

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