Chroniques 1901

 
 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 05 / 04 / 2021 par MJR

 

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

Empire allemand

 

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Metz

Ouvrages en cours de construction :

Fort St Blaise, Feste Graf Haeseler (1899-1905), actuel groupe fortifié Verdun.

Fort de Sommy Feste Graf Haeseler (1899-1905), actuel groupe fortifié Verdun.

Feste Kronprinz (1899-1905), actuel groupe fortifié Driant.

Feste Kaiserin (1899-1908), actuel groupe fortifié Jeanne d’Arc.

Feste Lothringen (1899-1905), actuel groupe fortifié Lorraine.

 

Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig

Ouvrages en cours de construction :

Kriegskaserne I caserne de guerre n°1 (1901-1903).

Kriegskaserne II caserne de guerre n°2 (1899-1901).

Kriegskaserne III caserne de guerre n°3 (1901-1903).

J 1abri d’infanterie n°1 (1901) ; agrandi 1909-1910.

 

Place forte de Strasbourg

Ouvrage en cours de construction :

Rive gauche du Rhin

Kirschbaum-Batterie, Batterie des Cerisiers (1901-1902), batterie d’artillerie cuirassée pour 4 canons de 10 cm court sous coupole cuirassée « kz. 10 cm PT. ». La batterie est un ouvrage en béton accolé à droite d’un abri d’artilleur. Dispose d’un poste d’observation Ouest et d’un poste d’observation Est. 1939-1940 : échange des tubes allemands par des tubes de canons de 105 mm français. Fin juin 1940 environ : démolition partielle à l’explosif. 1946-1953, sert de polygone des destructions d’explosifs. Après 1953 : décharge municipale, la batterie est remblayée progressivement.

Batterie des Cerisiers – Kirschbaumbatterie, après la destruction à priori par la Wehrmacht vers la fin du mois de juin 1940.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ulm

Ouvrages en cours de construction :

Infanteriestützpunkt Haslach (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Jungingen-Ost (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Jungingen-Mitte (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Jungingen-West (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Weinberge (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Gleistetten (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, seul point d’appui d’infanterie sauvegardé.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord - Manche - Atlantique

 

Place forte de Dunkerque

Ouvrage en cours de construction :

Magasin des Dunes (1898-1901) magasin de secteur en béton armé. Disparu.

 

Fortifications côtières de Quiberon

Batterie de Port Haliguen (1901 environ) prequîle de Quiberon. Armement : 3 canons de 27 cm.

 

Place forte de Lorient

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Kernavest (1895-1905) 2 batteries bétonnées.

 

France Front Sud-Est

 

Place de Briançon

Ouvrages en cours de construction :

Barrage défensif des Aittes (1898-1901).

Batterie du Bois des Bans (1898-1901).

 

Place forte de Tournoux

Ouvrages en cours de construction :

Blockhaus des Fourches (1898-1902) ligne de 3 postes crénelés.

Casernement défensif de Restefonds (1901-1906) parfois désigné comme fortin, SE de Tournoux, altitude 2 548 m. Tracé rectangulaire de l’ensemble avec bastionnets flanquant les fronts extérieurs. 1912 : construction des bâtiments à l’extérieur du périmètre (pavillon des officiers, écuries et cuisines.

Source : S2757 : Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008, p. 436.

Fortin de la Pelousette (1899-1902) au SE de Tournoux. Ouvrage de surveillance.

 

France Front Sud Côtes de la Méditerranée

 

Place forte de Nice

Ouvrage en cours de construction :

Poste photoélectrique de la Pointe Malalongue (1900-1905) en contrebas du Cap Ferret.

 

Italie

 

Cette rubrique concerne les fortifications italiennes en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Mont Chaberton (1898-1910 autre source 1915), défendant le col du Mont de Montgenèvre. 1906 : il est armé de comprend 8 tours de 12 m de haut supportant chacune une coupole blindée Armstrong avec un canon de 149 mm de 36 calibres. Les canons pouvaient atteindrent la gare de Briançon. 1947 : le territoire est transféré à la France.

 

Abandon, désarmement, déclassement, dérasement

 

 

France

Place forte du Quesnoy (1533) construction des premiers bastions. 1654 : place prise par les Français. 1668-1672 : importants travaux de modernisation sous la direction de Vauban. 1867 : déclassée. 1878 : reclassée. 1882-1886 : la place est réorganisée. 1901 : déclassée. Octobre 1918 : les Néozélandais prennent la place occupée par les Allemands à l’aide d’échelles d’assaut.

 

 

Chroniques / Zeittaffel

 

 

Janvier 1901

 

Allemagne, voies ferrées : voies ferrées livrées à l’exploitation pendant l’année 1900.

Le déplacement des armées moderne repose essentiellement sur les voies ferrées existante. Aussi est-il important de suivre l’évolution des réseaux ferrés des différents pays. Par ailleurs, les ouvrages de fortification assurent en priorité la sécurité de ces lignes et des points de passage importants. La revue militaire des armées étrangères nous livre quelques informations relatives à l’empire allemand, dont voici quelques extraits : « Voies ferrées livrées à l’exploitation, pendant l’année 1900, en Allemagne. La longueur totale des voies ferrées qui ont été livrées à l’exploitation pendant l’année 1900, en Allemagne, s’élève à 1 181,3 kilomètres, dont 750 appartiennent aux différents réseaux de l’Etat et 431,3 à des compagnies privées. Les lignes à voie étroite ne sont représentées dans ces chiffres que par des longueurs de 2,4 kilomètres pour les réseaux d’Etat, et de 49,4 kilomètres pour les compagnies privées.

Parmi ces lignes nouvelles, celles qui appartiennent à l’Etat sont celles de :

Marienwerder à Freystadt, Neidenburg à Ortelsburg, Goldap à ROminten, Schoensee à Strasburg, Berent à Lippusch, dans la province de Prusse ; … Wissembourg à Lauterbourg, sur le réseau impérial d’Alsace-Lorraine ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 57, janvier-juin 1901, n°878 de janvier 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 84-86.

 

Allemagne, Alsace-Lorraine, voies ferrées : derniers aménagements effectués sur le réseau ferré.

Voici un autre article relatif aux voies ferrées en Alsace-Lorraine, publié par la revue des armées étrangère de janvier 1901 : « Le réseau ferré d’Alsace-Lorraine en 1900. Travaux exécutés dans les gares. Strasbourg. De 1885 à 1897, le transit des marchandises à la gare de Strasbourg a augmenté dans la proportion de 49%, et le progrès est surtout marqué depuis l’année 1894 ; en outre, le port du Rhin, qui est desservi par un embranchement spécial, contribuera à accroître l’importance de ce mouvement. (2. Le port fluvial de Strasbourg est le point terminus de la navigation du haut Rhin. Le mouvement de ce port était, en 1894, de 83 531 tonnes ; en 1897, il s’est élevé à 332 669 tonnes. En 1899, le trafic de Strasbourg par les voies navigables a atteint le chiffre total de 609 000 tonnes, dont 314 000 par le Rhin). En 1896, pour dégager la gare de Strasbourg, on avait remis en service une ancienne voie de raccordement reliant les lignes de Vendenheim et de Colmar et passant par Koenigshofen. Dès 1897, le gouvernement allemand estimait que, malgré cette précaution, la gare de Strasbourg avait atteint les limites de son rendement, et qu’il fallait la renforcer par la construction de nouvelles voies, destinées à la formation et au triage des trains de marchandises.

Dans l’impossibilité matérielle où l’on se trouvait d’établir ces voies dans le voisinage de la garde centrale et de la gare des marchandises, on songea à créer, à l’extérieur de la ville, une grande gare répondant au but que l’on se proposait. C’est pourquoi le gouvernement allemand a fait inscrire au budget de 1899 une première annuité de 3 887 500 francs pour l’achat des terrains nécessaires. La nouvelle gare s’étendra à l’ouest de Strasbourg et pourra recevoir tous les agrandissements désirables. Elle sera reliée à la gare de Strasbourg et à la station de Vendenheim par une double voie spéciale, indépendante de celle qui existe déjà de Strasbourg à Vendenheim ; des raccordements la mettront, en outre, en relation avec les stations de Schiltigheim et de Bischheim. On prévoit que ces importants travaux dureront cinq ou six ans, et que les frais incombant au budget de l’Empire s’élèveront à environ 23 millions de francs.

Sélestat. Les budgets de l’Empire, depuis 1898, ont alloué spécialement 506 000 francs pour l’agrandissement de la gare de Schlestadt (Sélestat) ; ces crédits semblent surtout destinés à l’augmentation du nombre des voies de service et à l’amélioration des systèmes de signaux. D’après un journal local, les dépenses prévues seraient fixées à 750 000 francs, et Schlestadt deviendrait une des plus grandes gares de triage de l’Alsace-Lorraine.

Colmar. Ces dix dernières années, le mouvement des voyageurs à la gare de Colmar a augmenté dans la proportion de 40 % et celui des marchandises de 60 %. Prévoyant que, dans ces conditions, la gare actuelle serait insuffisante, le gouvernement a décidé d’en proposer l’agrandissement. Une première annuité, qui s’élève à 1 million de francs, a été inscrite dans ce but au budget de 1900. La dépense totale est évaluée à 6 125 000 francs.

Mulhouse. Des travaux considérables ont été opérés dans les gares et les ateliers de Mulhouse ; mais ils n’ont qu’un intérêt relatif, en comparaison de ceux qui ont été entrepris depuis quelques années aux abords de la ville. La construction des lignes ou raccordement de Mulhouse (Nord) à Dornach, à Mulhouse (Wanne) et à Rixheim aura, en effet, comme résultat d’envelopper, en quelque sorte, la ville de Mulhouse d’un chemin de fer de ceinture et de doter sa banlieue, où abondent les établissements industriels de répondre à tous ses besoins.

Augmentation du matériel roulant. Le matériel roulant s’est accru, depuis 1895, dans des proportions qui résultent de l’examen du tableau ci-après (Ce tableau ne comprend que le matériel des lignes à voies normales appartenant à l’Etat). Locomotives à tender séparé : existant au 31 mars 1895 : 445 ; existant au 31 mars 1899 : 502 ; augmentations de 1895 à 1899 : 57. Dont locomotives à tender séparé pour trains de voyageurs : existant au 31 mars 1895 : 175 ; existant au 31 mars 1899 : 196 ; augmentations de 1895 à 1899 : 21. Dont locomotives à tender séparé pour trains de marchandises : existant au 31 mars 1895 : 270 ; existant au 31 mars 1899 : 306 ; augmentations de 1895 à 1899 : 36. Locomotives-tenders : existant au 31 mars 1895 : 125 ; existant au 31 mars 1899 : 135 ; augmentations de 1895 à 1899 : 10. Wagons à voyageurs : existant au 31 mars 1895 : 1 142 ; existant au 31 mars 1899 : 1 395 ; augmentations de 1895 à 1899 : 253. Wagons à marchandises couverts : existant au 31 mars 1895 : 2 332 ; existant au 31 mars 1899 : 2 962 ; augmentations de 1895 à 1899 : 630. Wagons à marchandises découverts : existant au 31 mars 1895 : 10 115 ; existant au 31 mars 1899 : 12 398 ; augmentations de 1895 à 1899 : 2 283. Fourgons à bagages : existant au 31 mars 1895 : 449 ; existant au 31 mars 1899 : 535 ; augmentations de 1895 à 1899 : 86. Wagons-postes : existant au 31 mars 1895 : 70 ; existant au 31 mars 1899 : 69.

A certaines époques de l’année, les chemins de fer allemands manquent de matériel roulant, malgré les mesures prises avant ces périodes de crise, dont les dates peuvent généralement être prévues. Cependant, il arrive aussi que des circonstances exceptionnelles motivent un trafic plus intense que celui sur lequel on pouvait compter. Ainsi, à l’automne de 1897, les eaux du Rhin étaient tellement basses que l’on dut suspendre la navigation ; il en résulta un accroissement du mouvement commercial sur les chemins de fer, et le nombre de wagons disponibles fut loin de correspondre aux besoins. Cette pénurie de matériel se manifeste surtout dans les régions industrielles, en Bavière, en Silésie, sur le Rhin, la Ruhr et la Sarre. L’Alsace-Lorraine en a souffert à plusieurs reprises : la direction impériale des chemins de fer s’est trouvée, en 1894 et en 1895, insuffisamment pourvue de wagons à voyageurs et, chaque année, de wagons à marchandises. Au reste les progrès du trafic par chemin de fer sont tellement rapides, que l’insuffisance de matériel n’a fait que croître d’année en année. Le gouvernement impérial a donc été conduit à augmenter l’effectif du matériel roulant des chemins de fer d’Alsace-Lorraine ; dans ce but, il a fait inscrire, à partir de 1896, dans trois budgets consécutifs, des crédits de 4 375 000 francs, destinés à l’achat de 27 locomotives, 162 wagons à voyageurs et 3 155 wagons à marchandises, dont 522 couverts et 2 613 découverts. Cette augmentation n’a pas suffi, et le gouvernement a prévu une dépense nouvelle de 23 750 000 francs pour la commande de 88 locomotives, 35 wagons à voyageurs, 66 fourgons à bagages et 2 741 wagons à marchandises. Les crédits ont été inscrits aux budgets de 1899, 1900 et 1901.

Le 31 mars 1895, la longueur totale des lignes à voie normale qui constituent le réseau alsacien-lorrain, dépendant de la Direction impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine, était de 1 456 kilomètres (2. Dans ces chiffres n’est pas comprise la longueur des voies de service), dont 681 kilomètres à double voies ; les chemins de fer à voie étroite avaient une longueur de 29 kilomètres. Il faut y ajouter :

a) La section Sarreguemines – frontière bavaroise, près de Bliesbrücken (12 kilomètres), appartenant à la compagnie des chemins de fer du Palatinat, qui l’exploite ;

b) La ligne de tramways à voie normale de Ribeauvillé (ville) à Ribeauvillé (gare) (4 kilomètres), possédée et exploitée par une compagnie privée ;

c) Comme lignes à voie étroites, les tramways de la vallée de Kaysersberg (20 kilomètres), les tramway strasbourgeois (77 kilomètres), les tramways de Mulhouse (27 kilomètres), qui sont la propriété de compagnies privées.

Au total, en 1895, la longueur des voies ferrées sur le territoire d’Alsace-Lorraine comprenait donc 1 472 kilomètres à voie normale, dont 693 à double voie, et 153 kilomètres à voie étroite ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 57, janvier-juin 1901, n°879 de février 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 171-179.

 

Autriche-Hongrie, armée : budget de l’année 1901.

La revue militaire des armées étrangères, dans un article de janvier 1901, nous apporte quelques informations intéressantes relative au budget de la guerre en 1901. Les montants sont indiqués en francs de l’époque : « Armée commune. Le budget de l’armée commune pour 1901 se monte à 326 760 505 francs, dont : Pour les dépenses ordinaires : 292 582 450,60 francs. Pour les dépenses extraordinaires : 26 426 954,40 francs. Dépenses pour la Bosnie : 7 751 100 francs. Soit une augmentation de 12 588 449 sur les dépenses de l’année 1900. L’augmentation du budget ordinaire est de 1 042 649 francs. L’augmentation du budget extraordinaire est de 11 650 800 francs. Les principaux articles du budget extraordinaire ont trait aux dépenses suivantes :

3 150 000 francs pour continuer la construction du fusil 1898 et la fabrication des munitions ;

3 570 000 francs pour l’armement des places fortes ;

1 155 000 francs pour la fabrication de poudre sans fumée pour l’artillerie de gros calibre. Ces divers crédits sont des annuités de crédits plus forts demandés antérieurement ;

1 575 000 francs pour essais d’un matériel d’artillerie de campagne nouveau ;

157 500 francs comme première annuité de construction de trois nouveaux équipages de pont ;

63 000 francs comme première annuité d’un crédit de 630 000 francs pour doter les places d’équipage aérostatiques.

Les achats de matériel de chemin de fer à voie étroite et à voie normale, de ponts Kohn, de remorqueurs pour l’exploitation des voies navigables, de torpilles de rivières, de matériel de télégraphie, de projecteurs électriques se continuent ;

2 205 000 francs sont demandés pour les places d’exercices ;

2 100 000 pour les travaux de fortification.

Le budget extraordinaire comprend, comme en 1900, des crédits pour l’entretien de 4 500 hommes et 1 632 chevaux en sus des effectifs réglementaires ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 57, janvier-juin 1901, n°878 de janvier 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 81-83.

 

Février 1901

 

Allemagne, armée : le recrutement de l’armée en 1899.

La revue militaire des armées étrangère nous livre dans un article de février 1901, un bilan des recrutements de l’armée alelmande effectués au cours de l’année 1899 : « Le compte rendu officiel des opérations du recrutement, en 1899, a été présenté au Reichstag allemand le 14 novembre 1900 ; les résultats sont les suivants : Le nombre des jeunes gens sur lesquels les conseils de révision ont eu à statuer en 1899, a été de 1 269 174, se décomposant de la manière suivante :

Jeunes gens de 20 ans, examinés pour la première fois : 532 525.

Jeunes gens de 21 ans, déjà examinés les années précédentes : 352 152.

Jeunes gens de 22 ans, déjà examinés les années précédentes : 263 448.

Jeunes gens plus âgés, déjà examinés les années précédentes : 121 049.

Total : 1 269 174.

Sur ce total, 192 024 ne se sont pas présentés, savoir : Comme introuvables : 94 224. Comme insoumis : 97 800. Sur les 1077 150 jeunes gens examinés, ont été : Exclus : 1 245. Réformés : 43 196. Ajournés : 579 429, dont 319 807 de 20 ans, 236 267 de 21 ans, 12 848 de 22 ans, 10 457 plus âgés. Ont été affectés au Landsturm, 1er ban : 112 839, à l’Ersatzreserve de l’armée de terre : 82 733, à l’Esatzreserve de la marine : 1 076, Ont été déclarés bons â être incorporés : 226 957, se décomposant en 106 882 jeunes gens de 20 ans, 55 774 jeunes gens de 21 ans, 61 975 jeunes gens de 22 ans, 2 326 jeunes gens plus âgés. De plus, 5 187 jeunes ont été classés dans la catégorie en surnombre (überzählig), comme susceptibles d’être incorporés dans les hommes classés ci-dessus. Enfin le nombre des engagés volontaires de 20 ans et au-dessus, pendant l’année 1899, a été de 23 266 dans l’armée de terre et 1 222 dans la marine. Tous les jeunes gens visés ci-dessus avaient 20 ans ou plus de 20 ans, et étaient, par conséquent, soumis aux obligations du service militaire ; mais, en plus, un certain nombre de jeunes gens sont entrés au service avant 20 ans ; en y comprenant environ 10 000 engagés volontaires d’un an, ils sont au nombre de : 21 189 dans l’armée de terre ; 1 480 dans la marine. La décomposition du contingent à incorporer (226 957), est la suivante : Armée de terre, service armé : 216 880, service non armé : 4 591, total : 221 471 ; marine : 5 486. Le total des jeunes gens entrés dans l’armée de terre est donc, pour 1899 : Hommes de la classe, incorporés : 221 471 ; Hommes de la classe, engagés volontaires : 23 266 ; Engagés volontaires avant 20 ans, y compris les engagés volontaires d’un an : 21 189 ; total : 265 926 ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 57, janvier-juin 1901, n°879 de février 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 183-185.

 

Allemagne, communications : projet de loi relatif aux voies navigables.

La revue militaire des armées étrangères a publié en février 1901 un article concernant un projet de loi relatif aux voies navigables : « Le gouvernement prussien a soumis, au début de cette année, à la Chambre des députés, un important projet de loi, dont l’adoption aurait pour conséquence un accroissement considérable du réseau des voies navigables de l’Allemagne du Nord. Dans son ensemble, ce projet comporte la construction d’un canal de grande navigation reliant le Rhin, la Weser et l’Elbe ; d’un autre canal de même nature entre Berlin et Stettin ; d’une voie navigable entre l’Oder et la Vistule, avec régularisation du cours de la Wartha, depuis le confluent de la Netze jusqu’à Posen, et d’une voie navigable entre la Silésie et le canal de l’Oder et à la Sprée. En outre, le projet prévoit des travaux pour l’amélioration du régime des eaux dans le bas Oder et la Havel inférieure et pour la rectification de la Sprée. La dépense totale est évaluée à 486 263 375 francs. Les travaux dureraient 15 années ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 57, janvier-juin 1901, n°879 de février 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 185.

 

Allemagne, armée : nouvelles tenues de l’armée allemande.

La revue militaire des armées étrangères du mois de février 1901 nous livre quelques informations sur les essais des nouvelles tenues de l’armée allemande : « Essais de nouvelles tenues. D’après la presse allemande, deux nouvelles tenues seraient actuellement expérimentées : l’une destinée aux troupes métropolitaines ; l’autre, aux troupes du corps expéditionnaire en Extrême Orient.

I. Tenue des troupes métropolitaines.

Cette tenue, actuellement en essai à l’école de tir de Spandau, sera prochainement expérimentée en grand dans certains corps de troupe. Elle constituerait la collection de guerre et serait portée, en temps de paix, aux exercices de service en campagne. L’uniforme actuel serait conservé comme tenue de parade.

La caractéristique du nouvel uniforme est l’absence de tout objet brillant et de toute couleur voyante. La teinte est uniforme de la tête aux pieds. La tunique, le pantalon et la casquette sont confectionnés en drap gris brun. La tunique prend la forme d’une vareuse. Le casque est recouvert de feutre gris brun ; le cuir noir verni est remplacé par du cuir brun foncé mat. Le ceinturon est également en cuir sombre, avec boucle de même couleur. Les boutons, de couleur sombre, se boutonnent à l’intérieur du vêtement sur une patte rapportée.

II. Tenue du corps expéditionnaire en Chine.

La vareuse à col rabattu, confectionnée en drap vert gris, est munie de quatre poches, deux sur la poitrine, une à hauteur de chaque hanche. Le dos conserve l’aspect de la tunique. Le col, les pans, la bordure gauche antérieure, les pattes des parements sont garnies d’un passepoil rouge. Les pattes des parements sont du modèle dit suédois (comme dans les régiments de la garde à pied et dans le régiment des fusiliers de la garde) et munies de boutons jaunes ornés de la couronne impériale. Le pantalon est également en drap vert gris, avec passepoil rouge. Le ceinturon, en cuir fauve, est maintenu à la vareuse par une agrafe en laiton. Les chaussures sont aussi en cuir fauve et analogues à celles des troupes de protectorat ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 57, janvier-juin 1901, n°879 de février 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 186-187.

 

Mai 1901

 

Allemagne, Strasbourg place forte et garnison : disslocation des formations militaires de la garnison et garnison des grands forts détachés au printemps 1901, vers le mois de mai 1901.

Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 10 : les « 7. Batterie. 8. Batterie » du II. Bataillon en garnison au Fort Grossherzog von Baden, le sous-lieutenant « Leutnant Lenssen » et le sous-lieutenant « Leutnant Schwacke » résident au fort.

 

Jeudi 18 juillet 1901

 

Allemagne, Reichland Alsace-Lorraine : démission du secrétaire d’Etat.

Le 18 juillet 1901, le secrétaire d’Etat de la terre d’empire « Reichsland » Putkamer démissionne.

Source : S0419.

 

Août 1901

 

Allemagne, armée : budget de la guerre pour l’année 1901.

La revue militaire des armées étrangères a publié en août 1901 cet intéressant article relatif au budget de la guerre de l’Empire allemand pour 1901 : « La loi de finance de l’empire d’Allemagne pour l’exercice 1901-1902 a été promulguée le 22 mars 1901. Le budget total de l’empire s’élève à 2 942 651 130 francs. Les crédits obtenus par le département de la guerre s’élèvent aux chiffres ci-après : budget ordinaire : 699 545 011 francs ; budget extraordinaire : sur ressources ordinaires : 106 947 140 francs, sur ressources extraordinaires : 35 587 306 francs ; soit au total : 842 079 457 francs, en augmentation de 10 131 323 francs sur les crédits alloués l’année dernière. Le projet de budget soumis au Reichstag a été accepté sans grandes modifications ; il a subi une réduction totale de 9 375 000 francs. L’étude du budget de 1901 comprendra : 1° l’exposé des nouvelles créations et les effectifs des différentes armes ; 2° les questions intéressantes concernant les diverses armes et les services.

I. Nouvelles formations. Composition et effectifs des différentes armes (Application en 1901 de la loi du 25 mars 1899).

A. Nouvelles formations. Les réformes apportées par la loi du 25 mars 1899 dans l’organisation de l’armée recevront pour ainsi dire leur complète application au 1er octobre 1901, car il ne restera à créer qu’un escadron de chasseurs à cheval en Saxe. Les nouvelles formations de 1901 sont les suivantes :

Prusse. 5 détachements de mitrailleuses ; 5 escadrons de chasseurs à cheval ; 1 état-major de régiment d’artillerie à pied (n°13) ; 1 bataillon d’artillerie à pied ; 1 bataillon de pionniers (le 21ème) ; une 2ème compagnie pour le bataillon d’aérostiers ; une 3ème compagnie pour le bataillon du train n°25 (hessois) ; un groupe d’attelages pour le bataillon d’aérostiers.

Mitrailleuses. Les essais faits avec ces engins ont donné des résultats favorables. On prévoit la création dans chaque corps d’armée de détachement de mitrailleuses faisant partie intégrante de l’arme d’infanterie (ou de chasseurs) comme les escadrons de chasseurs à cheval sont rattachés aux régiments de cavalerie. Pour des raisons budgétaires, les créations seront successives et porteront seulement cette année sur cinq détachements. Chacun de ceux-ci sera ainsi composé : 3 officiers : 1 capitaine de 1ère ou 2ème classe 2 lieutenants en 1er ou lieutenants ; 9 sous-officiers : 1 Feldwebel, 2 sergents, 6 sous-officiers (dont 1 maréchal ferrant et 1 armurier) ; 58 hommes : 1 rengagé, 6 Gefreite, 50 hommes (dont 18 conducteurs), 1 ouvrier ; 43 chevaux de trait, 9 de selle. Matériel : 6 mitrailleuses, 2 caissons à munitions.

Ces cinq détachements sont ainsi répartis : un à la Garde, rattaché au 1er bataillon de chasseurs de la Garde ; un au Ier corps, rattaché au bataillon de chasseurs ; deux au XVème corps, rattachés aux 4e et 10e bataillon de chasseurs à Bitche ; un au XVIIème corps, rattaché au 2ème bataillon de chasseurs. Cette création n’entraînera pas une augmentation de l’effectif de paix prévu par la loi ; l’effectif des cinq détachements sera constitué au moyen d’un prélèvement de 4 Gefreite et seize hommes dans les quatre bataillons de chasseurs à effectif fort et du non-renforcement d’autres unités d’infanterie.

Cavalerie. (Il ne s’agit que des régiments de cavalerie prussiens). Les régiments de cavalerie seront désormais divisés en deux catégories : onze régiments à « effectif fort » ; soixante-deux régiments à « effectif faible ». Les escadrons de chasseurs à cheval comprendront en général 135 hommes et 132 chevaux de troupe. A cet effet, les anciens régiments à « effectif fort » et à « effectif moyen » seront diminués de six cavaliers et de six chevaux ; les anciens régiments à « effectif faible » seront augmentés de cinq sous-officiers, un Gefreite, trois cavaliers et neuf chevaux. Les cinq escadrons de chasseurs à cheval crées en 1901 porteront les n°2, 3, 4, 5 et 6 et seront réunis à Posen ; les autres escadrons déjà formés prendront les numéros de leurs corps d’armée respectifs ; la dénomination « d’escadron de chasseurs de la Garde » ne sera pas modifiée.

Artillerie à pied. Le nouveau régiment d’artillerie à pied n°13 (état-major et un bataillon d’artillerie à Ulm, un bataillon à Vieux-Brisach), sera affecté au XVème corps et rattaché à la 4ème brigade et à la IIème inspection d’artillerie à pied.

Pionniers. Le bataillon de pionniers de nouvelle création portera le n°21 et sera affecté au XVIIIème corps.

Bataillon d’aérostiers. Par suite de la création d’une 2ème compagnie d’aérostiers, la dénomination de détachement d’aérostiers disparaît et est remplacée par celle de bataillon. Ce bataillon à deux compagnies comprendra : 12 officiers, 1 médecin, 1 payeur, 1 chef d’ateliers (Werkstätten-Vorsteher), 1 armurier, 37 sous-officiers, 259 hommes, 3 ouvriers, 1 aspirant payeur, 2 infirmiers.

Composition du groupe d’attelages destiné à ce bataillon. 1 officier, 1 vice-Wachtmeister, 1 sergent, 4 sous-officiers (dont un maréchal ferrant), 1 trompette, 30 hommes (dans leur deuxième année de service), 1 ouvrier, 14 chevaux de selle et 44 chevaux de trait).

Saxe. 2 états-majors de brigade d’artillerie de campagne ; 2 états-majors de régiment d’artillerie de campagne ; 2 états-majors de groupe ; 6 batteries à effectif faible.

Wurtemberg : néant.

Bavière. 3 états-majors de brigade d’artillerie de campagne (4ème, 5ème et 6ème) ; 4 états-majors de régiment d’artillerie de campagne (9ème, 10ème, 11ème, 12ème) ; 5 états-majors de groupe d’artillerie de campagne ; 6 batteries montées ; 1 compagnie du train (3ème compagnie du 1er bataillon) ; 1 compagnie de télégraphie (avec école de télégraphie de cavalerie).

L’école de télégraphie militaire sera dissoute.

Effectif de la compagnie de télégraphie : 5 officiers, 1 payeur, 1 employé, 18 sous-officiers, 150 hommes, 1 ouvrier, 1 infirmier.

A partir du 1er octobre 1901, l’armée allemande présentera les effectifs budgétaires suivants par rapport aux effectifs de 1900 :  24 125 officiers, soit une augmentation de 295 ; 80 642 sous-officiers, soit une augmentation de 86 ; 494 351 hommes de troupe (non compris les volontaires d’un an qui sont environ 10 000), soit une augmentation de 3 215 ; 2 190 médecins militaires, soit une augmentation de 25 ; 4 052 payeurs, soit une augmentation de 8 ; 680 vétérinaires, soit une augmentation de 9 ; 4 012 armuriers, soit une augmentation de 11 ; 94 selliers, soit une augmentation de 4 ; 104 485 chevaux de troupe (non compris les chevaux d’officiers, de volontaires d’un an et les chevaux de corvée (Krümper) qui porte le total à 125 500 environ), soit une augmentation de 1 556.

B. Composition et effectif des différentes armes à la date du 1er octobre 1901.

Infanterie. 216 régiments (dont 175 à trois bataillons et 41 à deux bataillons, plus 18 bataillons de chasseurs et 5 groupes de mitrailleuses. Effectif budgétaire (y compris le bataillon d’instruction d’infanterie, les écoles de sous-officiers et écoles de tir d’infanterie) : 12 476 officiers, 45 562 sous-officiers, 333 433 hommes de troupe et 215 chevaux.

Cavalerie. 93 régiments à cinq régiments et 16 escadrons de chasseurs à cheval, soit un total de 481 escadrons. Effectifs budgétaires : 2 433 officiers, 9 652 sous-officiers, 57 197 hommes de troupe, 65 789 chevaux (non compris les chevaux d’officiers, de volontaire d’un an et les chevaux de corvée « Krümper ».

Artillerie. 94 régiments, formant un total de 574 batteries, auxquelles il convient d’ajouter les 9 batteries de l’école de tir de campagne de Jüterborg, soit un ensemble de 583 batteries [dont 541 montées (69 d’obusiers légers) et 42 à cheval]. Effectifs budgétaires (y compris l’école de tir) : 3 060 officiers, 11 908 sous-officiers, 53 352 hommes de troupe, 33 384 chevaux.

Artillerie à pied. 18 régiments (6 à deux bataillons et 2 à trois bataillons) comprenant 38 bataillons. Effectifs budgétaires (y compris l’école de tir de l’artillerie à pied (3 compagnies) et la compagnie attachée à la commission d’expériences de l’artillerie (au total 157 compagnies) : 895 officiers, 3 773 sous-officiers, 19 204 hommes de troupe, 43 chevaux.

Pionniers. 26 bataillons, dont 25 à quatre compagnies et 1 (bavarois) à deux compagnies. Effectifs budgétaires : 595 officiers, 2 406 sous-officiers, 13 013 hommes de troupe.

Troupes de communications.

a) Troupes de chemins de fer. 1 brigade prussienne de trois régiments, soit six bataillons et une section d’exploitation (1. Ces six bataillons comprennent deux compagnies saxonnes et une compagnie wurtembergeoise) ; 1 bataillon bavarois à trois compagnies. Effectifs budgétaires : 185 officiers, 724 sous-officiers, 3 778 hommes.

b) Troupes de télégraphie. 3 bataillons prussiens, 1 compagnie saxonne, 1 compagnie bavaroise, 1 détachement wurtembergeois. Effectifs budgétaires : 50 officiers, 165 sous-officiers, 1 353 hommes de troupe.

c) Troupes d’aérostation. 1 bataillon prussien à deux compagnies et 1 section bavaroise. Effectifs budgétaires : 16 officiers, 54 sous-officiers, 343 hommes de troupe.

Effectif total des troupes de communication (Une section d’expériences des troupes de communication est chargée d’effectuer les études techniques relatives au service des chemins de fer, de la télégraphie et de l’aérostation. Elle comprend 8 officiers) : 251 officiers, 943 sous-officiers, 5 474 hommes.

Train. 23 bataillons dont 22 à trois compagnies et 1 (bavarois) à deux compagnies (au total 68 compagnies) ; 9 groupes d’attelages (3. Sont rattachés respectivement chacun à un bataillon du train) de gros gros trait pour l’artillerie à pied et 1 groupe d’attelage pour le bataillon d’aérostiers. Effectifs budgétaires : 331 officiers, 1 804 sous-officiers, 6 434 hommes de troupe ; 5 055 chevaux (non compris les chevaux de corvée).

Recrutement. 917 officiers, 3 062 sous-officiers, 2 720 hommes de troupe.

Officiers et sous-officiers en dehors des corps de troupe. 3 187 officiers, 1 532 sous-officiers, 3 524 hommes de troupe ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°885 d’août 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 102-107.

 

Lundi 5 août 1901

 

Allemagne, armée : interdiction de participer aux manifestations révolutionnaires.

La revue militaire des armées étrangères a publié en octobre 1901 cet article relatif à l’interdiction de participer aux manifestations révolutionnaires : « Par l’organe du Reichsanzeiger du 5 août 1901, le Ministre de la guerre prussien rappelle qu’il est réglementairement interdit aux sous-officiers et hommes de troupe :

1° De prendre part, sans autorisation spéciale, à toute réunion, assemblée, fête, souscription.

2° De manifester, dans un esprit révolutionnaire ou socialo-démocratique, par des chants, des cris, ou par tout autre moyen ;

3° De conserver par devers soi, de répandre des écrits révolutionnaires ou socialo-démocratiques, ou d’en introduire dans les casernes et autres locaux de service.

Il est en outre ordonné à tout le personnel appartenant à l’armée de signaler immédiatement à l’autorité militaire la présence de tout écrit révolutionnaire ou socialo-démocratique dans les casernes ou autres locaux de service.

Ces ordres et défenses sont applicables aux hommes des réserves appelés pour une période d’exercices ou une revue d’appel, qui, conformément aux prescriptions du § 6 du Code de justice militaire et du § 38 B de la Loi militaire de l’Empire, sont soumis à la juridiction militaire jusqu’à expiration du jour de la libération ou de la revue d’appel.

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°887 d’octobre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 278-279.

 

Mardi 6 août 1901

 

Allemagne, Reichland Alsace-Lorraine : nouveau secrétaire d’Etat.

Mathias de Koeller est nommé aux fonctions de secrétaire d’Etat d’Alsace-Lorraine.

Source : S0419.

 

Septembre 1901

 

Allemagne, armée : budget de la guerre pour l’année 1901.

La revue militaire des armées étrangères à publié en septembre 1901 cet article relatif au budget de la guerre de l’empire allemand. Voici les extraits les plus intéressants : « Ministère de la Guerre wurtembergeois : création d’un bureau de topographie. Après accord entre l’administration de la guerre et l’office statistique du Wurtemberg, le ministère de la guerre s’est chargé de l’établissement et du tirage des vingt feuilles wurtembergeoises de la carte de l’empire au 1/100 000e en couleur. Par analogie avec ce qui s’est fait pour la Prusse et la Saxe, on a créé à cet effet un bureau topographique comprenant un capitaine de 1re classe chef de bureau, 2 cartographes et quelques officiers détachés de leur corps.

Etat-major général et service d’état-major. Commission de ligne. Une nouvelle commission de ligne a été créée à Bromberg.

Officiers détachés au Grand Etat-major. Le nombre des officiers détachés « zur Ausbildung » (stagiaires provenant de la Kriegsacademie) est porté de 40 à 65 en raison des besoins en officiers d’état-major résultant de l’accroissement de l’armée et des besoins de la mobilisation. La catégorie des officiers d’artillerie, du génie ou du train ne provenant pas de la Kriegsacademie et détaché « zur Dienstleistung » est augmentée pour les mêmes raisons de deux officiers supérieurs et quatre capitaines. Un nouvel officier retraité (cinq au lieu de quatre) est affecté au Grand Etat-major pour diriger le personnel de la « section des forteresses du bureau cartographique ».

Service géographique. Augmentation d’un directeur de levé et de six chefs de groupes. Les « porteurs d’instruments » dans les opérations de levés qui étaient jusqu’ici exclusivement tirés des corps de troupes, seront peu à peu remplacés par des aides civils. Le budget prévoit dix de ces derniers.

Cavalerie. Chasseurs à cheval. Le ministre de la Guerre avait demandé la création d’un état-major de régiment de cavalerie pour réunir à Posen, sous un même commandement, les cinq nouveaux escadrons de chasseurs à cheval qu’il restait à former en Prusse au 1er octobre 1901. Le crédit pour la formation des cinq escadrons a seul été accordé ; le Reichstag estimant que la réunion de ces unités en régiment les détournait du service spécial des estafettes pour lequel elles ont été créées, a refusé les fonds demandés pour la constitution de l’état-major. Crédits pour chasse à courre. Le développement des cultures dans les environs de Hanovre rend difficiles et coûteuses les chasses à courre (Jagdreiten). On augmente de 12 500 francs le crédit alloué à l’institut d’équitation, afin de permettre aux officiers détachés à l’Ecole de pratiquer ce sport dans des terrains difficiles et variés pour perfectionner leur instruction équestre.

Prix des chevaux de remonte. L’élevage des chevaux de remonte subit en ce moment une crise en Allemagne. Les éleveurs, ayant perdu des sommes assez considérables dans la vente à l’Etat de chevaux communs (kaltblütig) aptes au service de l’armée, ont été amenés à négliger cette catégorie et à pratiquer de préférence l’élevage plus rémunérateur du cheval de sang (warmblütig). De 1897 à 1900 le nombre de chevaux en Prusse orientale aptes au service de troupe a diminué de 19 000 têtes. Les cercles qui ont le plus décliné ceux qui s’étaient consacrés tout particulièrement à l’élevage des chevaux communs ; un des cercles présente un déficit de 3 067 têtes en trois ans. L’administration de la guerre, dans le but de conjurer cette crise, a relevé les prix d’achat des chevaux de remonte. Le prix moyen budgétaire de 1 037,50 francs établi en 1896 a été dépassé depuis 1897 ; il a atteint 1 050 francs en 1899 et s’est élevé à 1 125 francs en 1900. Dans l’état actuel de l’élevage, on ne peut guère prévoir une diminution de ce prix moyen de 1 125 francs en 1900. Il est maintenu pour les prévisions budgétaires futures (y compris les frais d’achat). Le Wurtemberg a deux prix moyens d’achat : 1 450 francs pour chevaux de 4 à 6 ans et 1 125 francs pour chevaux de 3 à 4 ans. On sait que les besoins de la remonte sont calculés d’après les effectifs de paix comme il suit : Un dixième des chevaux de troupe dans la cavalerie (y compris les chasseurs à cheval) ; Un neuvième des chevaux de troupe dans l’artillerie de campagne. Les besoins pour l’année 1901 sont les suivants : Prusse 9 037 chevaux, Saxe 795 chevaux, Wurtemberg 460 chevaux, total 10 292 chevaux. Les députés des pays d’élevage estiment que le prix d’achat de 1 125 francs est encore trop peu rémunérateur et réclament son élévation à 1 250 francs.

Artillerie. Salaire des ouvriers. Les salaires ne correspondent plus aux conditions actuelles ; on ne peut avoir des ouvriers capables qu’avec de salaires plus élevés. Le budget comprend de ce fait, dans différents chapitres, une augmentation d’un million de francs. De plus, il prévoit pour les salaires journaliers supérieurs ou égaux à 3,125 francs une augmentation de 0,25 après deux ans de service, de 0,125 après cinq, huit et dix ans ; pour les salaires inférieurs à 3,125 une augmentation de 0,125 après deux, cinq, huit et dix ans ; pour les salaires d’ouvrières une augmentation de 0,125 après deux et trois ans de service. La situation des ouvriers des établissements de l’infanterie (fabriques d’armes et de munitions) a été mise à hauteur de celle des ouvriers d’artillerie, ce qui entraîne une augmentation de dépense de 315 000 francs.

Matériel. Le budget est richement doté en crédits pour le matériel d’artillerie et l’armement. On y remarque entre autres :

1° Prusse. Constitution d’une réserve d’artillerie de campagne : 4 756 250 francs contre 12 687 500 francs en 1900. Il reste encore à dépenser 14 385 000 francs sous cette rubrique.

Approvisionnement d’armes portatives, de jumelles, de matériel de mitrailleuses avec munitions, pour les nouvelles formations : 1 180 516 francs (troisième annuité) ; en 1900 le crédit alloué a été de 147 645 francs. La dépense totale a été évaluée à 2 296 250 francs ; il restera 877 471 francs à demander ultérieurement.

Matériel et munitions pour les nouvelles formations de l’artillerie de campagne : 5 241 206 francs (troisième annuité) ; le crédit de 1900 était de 6 958 952 francs. La dépense totale s’élève à 33 655 050 francs : il restera 6 226 231 à demander ultérieurement.

L’artillerie à pied se voit dotée de 12 500 000 francs contre 11 875 000 francs en 1900.

Essais d’armes portatives : 87 500 francs (deuxième annuité) ; le crédit de 1900 était de 750 000 francs. La dépense prévue étant de 875 000 francs, il reste encore à dépenser 37 500 francs. Ces essais ne sont pas encore terminés.

Génie et troupes de communications. Matériel de campagne et outils pour les nouvelles formations de pionniers.

Prusse. Crédit de 552 500 francs destiné aux dotations de matériel du bataillon de pionniers, qui sera créé au 1er octobre 1901, et à la transformation d’une section de télégraphie de corps.

Saxe. Dernière annuité de 65 312,50 francs sur une dépense totale de 327 000 francs.

Création d’une section d’expériences (Versuchs-Abtheilung) pour les troupes de communication. Une section d’expériences pour l’examen des questions techniques existe depuis 1987 dans la brigade de chemins de fer. Depuis le 1er octobre 1899, cette section a été rattachée à l’inspection des troupes de communication, et le cercle de ses recherches s’est étendu aux questions concernant les troupes d’aérostation et de télégraphie. Afin d’éviter d’y détacher des officiers des corps de troupe, on a augmenté le personnel de cette section qui comprendra dorénavant 1 colonel, président, 5 capitaines, 2 lieutenants en premier, 2 sergents, 3 sous-officiers (dont 1 secrétaire).

Création d’un emploi de chef du télégraphe militaire à Berlin pour un officier supérieur à la retraite. Ces fonctions étaient remplies jusqu’ici par un capitaine du bataillon de télégraphie ; la surveillance des 46 stations télégraphiques, l’extension du service –surtout en cas de mobilisation- motivent la création de cet emploi, qui est confié à un officier en retraite pour éviter les changements de personnes trop fréquents.

Pigeons voyageurs. Le crédit a été porté à 125 000 francs, en augmentation de 37 500 francs sur celui de 1900. Le motif de cette augmentation réside dans le développement pris par l’utilisation des pigeons voyageurs dans la défense du pays et dans la nécessité d’en faire un emploi intensif dans les manœuvres.

Aérostation. Matériel d’aérostiers. Le ballon sphérique est remplacé par le ballon cerf-volant de 600 m3 de capacité, utilisable par les temps de vent, comme ballon normal, pour toutes les sections d’aérostation de campagne. Il en résulte une transformation du matériel et une augmentation des récipients de gaz. Le crédit demandé était de 545 000 francs qui, ajoutés aux 750 000 francs dépensés dans les trois dernières années, auront porté la dépense totale à 1 295 000 francs ; le Reichstag n’a accordé, pour 1901, que 295 000 francs.

Essais concernant le service d’aérostation des places fortes. 2ème annuité de 292 500 francs sur une dépense complète de 345 625 francs. En 1900, une première annuité de 53 125 francs avait été accordée. L’hydrogène était jusqu’ici obtenu, à l’aide d’une composition chimique, dans les appareils roulants ; afin d’éviter les accidents qui pourraient résulter de ce système, on préparera désormais le gaz par l’électrolyse dans une station centrale fixe.

Matériel de chemin de fer de campagne. Le budget contient un crédit de 625 000 francs (5ème annuité), sur une dépense totale de 8 503 875 francs ; il reste à demander 3 098 875 francs.

Casernements. Total des crédits inscrits sur les budgets prussien, saxon et wurtembergeois :

1. Construction, améliorations et agrandissements des casernements et bâtiments militaires (y compris les bâtiments et établissements des écoles, de l’artillerie, du train, les hôpitaux, les églises de garnison, les magasins d’habillement et des subsistances). Crédit approuvé pour 1901 : 46 910 500 francs.

2. Frais de casernement (construction et entretien de mobiliers, de matériel de casernement, frais de chauffage et d’éclairage, location de bâtiments privés pour casernements provisoires). Ce crédit approuvé pour 1901 : 34 084 681 francs.

Places fortes. Le budget prussien contient :

  • un crédit de 675 000 francs (dernière annuité) pour l’aménagement des fortifications et de l’armement de Strasbourg ; la dépense totale est de 3 125 000 francs ;
  • un crédit de 1 081 250 francs (dernière annuité) pour l’agrandissement des fortifications de Strasbourg, par suite de l’aménagement de la gare de triage à Vendenheim ; la dépense totale est de 3 481 250 francs ;
  • un crédit de 1 250 000 francs (1ère annuité) pour renforcement des ouvrages de la place d’Ulm ; la dépense totale prévue est de 5 625 000 francs ;
  • un crédit de 1 216 250 francs (12e annuité) pour l’amélioration des fortifications et de l’armement des places fortes peu importantes ; il restera ultérieurement à demander une somme de 500 000 francs pour parfaire la dépense totale se montant à 16 850 000 francs ;
  • enfin un crédit de 18 750 000 francs (10e annuité), pour compléter l’organisation des grandes places fortes. Il reste à demander 11 925 000 francs, sur une dépense totale de 104 425 000 francs.

Lors de la discussion de ce crédit à la commission du budget du Reichstag, M. le député Gröber a fait, comme en 1900, des observations sur l’importance de la somme demandée et a proposé une réduction de 3 750 000 francs sur l’annuité de 1901.

Le général Gossler, ministre de la Guerre, a renouvelé les déclarations qu’il avait déjà formulées l’an dernier, sur la nécessité de remanier peu à peu l’organisation défensive des grandes places fortifiées et sur les inconvénients financiers résultant d’une diminution de crédit. Les enceintes ne doivent pas seulement disparaître pour faciliter le libre développement des villes fortifiées. Par suite de la portée considérable des pièces de siège actuelles (10 à 11 kilomètres), la défense doit être désormais assurée non par des enceintes, mais par une série de positions fortifiées convenablement réparties autour de la ville et édifiées à une distance considérable du centre habité. En laissant de côté toute considération militaire, une réduction de crédit aurait pour effet d’obliger les entrepreneurs à licencier une partie du personnel ouvrier, embauché à la suite des traités conclu avec l’administration de la guerre, et à majorer les prix d’exécution des travaux. Le crédit demandé a été intégralement accordé.

Réorganisation du corps des ingénieurs et des pionniers. La commission du budget, émue par la campagne de presse du lieutenant-colonel en retraite Wagner en faveur d’une réorganisation du corps des ingénieurs et des pionniers, a demandé des explications au ministre de la Guerre. Ce dernier a déclaré qu’il ne fallait attacher aucune importance aux projets du colonel Wagner, auxquels l’administration de la guerre était d’ailleurs complètement étrangère. La discussion d’un remaniement dans l’organisation du corps des ingénieurs et des pionniers ne peut être entamée avant longtemps.

Train. Inspection des dépôts du train. Les bataillons du train sont maintenant sous les ordres de l’inspection des dépôts du train. L’inspection des dépôts du train prend place, dans la direction générale du matériel (Feldzeugmeisterei), à côté des inspections des établissements techniques de l’infanterie et de l’artillerie, et de l’inspection des dépôts d’artillerie.

Fours roulants. 1° Prusse. Une cinquième annuité de 843 750 francs était demandée pour la dotation des colonnes de boulangeries de campagne en fours roulants. Le total prévu est de 4 993 750 francs ; il était primitivement de 4 945 250 francs. La majoration de 87 500 francs provient d’une augmentation des besoins en fours roulants par rapport au plan primitivement prévu (en 1897-1898) et d’une élévation du prix des matériaux employés pour la construction des fours. Le Reichstag a réduit l’annuité demandée pour 1901 à 750 000 francs. Il restera à demander ultérieurement 518 250 francs. 2e Saxe. Une dernière annuité de 100 000 francs a été accordé pour le même objet ; le total prévu était de 500 000 francs.

Continuation des essais d’automobiles pour le transport des vivres et munitions. Les derniers essais de 1900 ont donné des résultats en général favorables ; mais, avant d’introduire les automobiles dans l’armée, il est nécessaire de continuer encore les expériences, afin d’être parfaitement édifié sur leur utilisation en campagne. Les crédits déjà accordés en 1899 et 1900 se montaient à 343 750 francs. Comme il n’a été dépensé jusqu’ici que 125 000 francs, le crédit de 218 750 francs déjà obtenu en 1900 est reporté à l’exercice 1901.

Prime de rengagement. Pour sous-officiers quittant l’armée d’active après 12 ans de service (1 250 francs). Le crédit prévu jusqu’ici était de 3 613 720 francs ; il a été reconnu insuffisant (d’après les expériences des trois dernières années) et augmenté de 810 500 francs, ce qui le porte à 4 424 220 francs. Primes de premier rengagement pour sous-officiers (125 francs). Le crédit reste fixé à 875 000 francs. Primes pour hommes de troupes à pied (artillerie et train) servant une troisième année (62,50 francs). Le crédit est calculé pour 23 010 hommes (Prusse, saxe et Wurtemberg).

Indemnité aux sous-officiers rengagés en garnison en Alsace-Lorraine. Le budget affecte depuis longtemps une indemnité spéciale aux sous-officiers rengagés en garnison en Alsace-Lorraine, car “en raison du manque d’entente entre la population d’Alsace-Lorraine et les sous-officiers des garnisons, ceux-ci, ne se sentant pas chez eux, ne se recrutent pas dans le pays et se montrent peu disposés à sa fixer dans le Pays d’Empire”. Cette situation existe toujours, car 2 % seulement des sous-officiers sont Alsaciens-Lorrains. L’indemnité est, par mois, de 3,75 francs pour un sous-officier, de 3,75 francs pour sa femme, de 2,50 francs pour chaque enfant ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°886 de septembre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 177-189.

 

Mercredi 28 août 1901

 

Allemagne, armée : signes distinctifs des arbitres et de leurs adjoints aux manœuvres.

La revue des armées étrangères a publié cet article en novembre 1901 : « Par ordre de cabinet du 28 août 1901, l’Empereur a décidé que les arbitres et les arbitres adjoints porteraient aux manœuvres le brassard et la manchon blanc ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°888 de novembre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 360.

 

Octobre 1901

 

Allemagne, Strasbourg place forte et garnison : disslocation des formations militaires de la garnison et garnison des grands forts détachés en automne 1901.

L’annuaire de garnison publié en automne 1901, à priori en octobre 1901, nous livre de nombreuses informations relatives à la composition de la garnison et place forte de Strasbourg :

Etat-major géénral du 15e corps d’armée « General-Kommando des 15. Armee-Korps » ; bureaux au 11 rue Brûlé « Brandgasse », au 3e étage. Tribunal militaire du corps d’armée : ancienne poste « Alte Post », 5, place du Château « Alte Post, Schlossplatz 5 » ; intendance du corps d’armée « Corps-Intendantur », 12 quai Kléber « Kleberstaden 12 », service de santé du corps d’armée « Sanitätsamt », « Nicolausring 1 » ; général commandant le corps d’armée, « General der Infanterie und kmd. General Herwarth von Bittenfeld, Excellenz » au 13 rue Brûlée « Brandgasse, 13 » ; chef d’état-major « Oberst u. Chef des Generalstabes von Bagenski ».

Gouvernement ; bureaux 25 rue de la Nuée Bleue « Blauwolkengasse 25 », tribunal militaire du gouverneur au 2e étage à l’ancienne poste, 5 place du Château « Gerichtszimmer, Altes Postgebäude, Schlossplatz 5, II. Stock », gouverneur militaire de la place forte de Strasbourg « General der Kavallerie und Gouverneur : von Sick, Excellenz », 25 rue de la Nuée Bleue « Blauenwolkengasse 25 ».

Königlich Sächsiches 6. Infanterie-Regiment Nr. 105 König Wilhelm II von Württemberg : 1ère et 2e compagnie du 1er bataillon en garnison au Fort Veste Kronprinz, actuel fort Foch à Niederhausbergen ; résident sur place les sous-lieutenants « Leutnant Fischer » et « Leutnant Gaupp » ; « 3., 4., 5., 6. und 8. Compagnie » à la « Manteuffel-Kaserne I », actuelle caserne Stirn ; « 7. Compagnie » dans un ouvrage de l’enceinte urbaine, au « Kavalier 14 » ; « 9. Compagnie » à la « Margarethen-Kaserne », caserne Sainte-Marguerite ; « 10., 11. und 12. Compagnie » à la « Grosse Schleusen-Kaserne », caserne Barbade.

8. Württembergisches Infanterie-Regiment Nr. 126 Grossherzog Friedrich von Baden : « I. Bataillon » dans le bâtiment II de la caserne Sainte-Marguerite « Bau II der Margarethenkaserne » ; « II. Bataillon » dans le batiment III « Bau III der Margarethenkaserne » ; « 9. und 11. Compagnie » du 3e bataillon en tant que garnison du Fort Fürst Bismarck, actuel fort Kléber à Wolfisheim ; résident sur place les sous-lieutenants « Leutnant Muff Friedrich » et « Leutnant Jacobi ». Les « 10. und 12. Compagnie » du 3e bataillon, dans le bâtiment I « Bau I der Margarethenkaserne ».

Infanterie-Regiment Nr. 132 : « I. Bataillon » et les « 5. und 8. Compagnie » du « II. Bataillon » à la « Kaiser Wilhelmkaserne » ; la « 6. Compagnie » du « II. Bataillon » en tant que garnison du Fort Moltke, actuel fort Rapp à Reichstett, où réside sur place le sous-lieutenant « Leutnant Schwedler Kurt » ; la « 7. Compagnie » du « II. Bataillon » en garnison au Fort Roon, actuel fort Desaix, réside sur place le sous-lieutenant « Leutnant von Zabiensky ».

Infanterie-Regiment Nr. 138 : « I. Bataillon » à la « Mantteuffelkaserne, Gebäude 2 » actuelle caserne Stirn ; « II. Bataillon » à la « Mantteuffelkaserne, Gebäude 3 » : les « 9. und 12. Compagnie » du « III. Bataillon » dans les cavaliers « Kavalier 8-11 », ouvrages de l’enceinte urbaine ; la « 10. Compagnie » du « III. Bataillon » en tant que garnison du Fort Werder, actuel fort Uhrich à Illkirch, réside sur place le sous-lieutenant « Leutnant Scheele » ; la « 11. Compagnie » du « III. Bataillon » en tant que garnison du Fort Tann, actuel fort Lefèbvre, réside sur place le sous-lieutenant « Leutnant Bährecke » ;

Infanterie-Regiment Nr. 172 : « I. Bataillon » à la caserne « Illthorkaserne », la « 5. Compagnie » du « II. Bataillon » en garnison du Fort Sachsen, actuel fort Joffre à Holtzheim, réside sur place le sous-lieutenant « Leutnant Sell » et le sous-lieutenant « Leutnant Lindenau » ; les « 6., 7. und 8. Compagnie » du « II. Bataillon » à la « Nikolauskaserne », caserne Saint-Nicolas.

Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 10 : « I. Bataillon » à la « Kaserne von Decker » ; « 5. u. 6. Compagnie » à la « Kavalierkaserne 15 und 16 », cavaliers 15 et 16 des fortifications urbaines ; « 7. u. 8. Compagnie » du « II. Bataillon » en garnison du Fort Baden, actuel fort Frère, où réside sur place le sous-lieutenant « Leutnant Lenssen » et le sous-lieutenant « Leutnant Schwacke ».

Infanterie-Regiment Nr. 143 : le « I. Bataillon » à la « Kaiser Friedrich-Kaserne » et le « II. Bataillon » dans les baraquements de l’Esplanade « Esplanaden-Baracke ».

Husaren-Regiment Nr. 9 : à la caserne Sint-Nicolas « Nikolaus-Kaserne ».

Eskadron Jäger zu Pferd : dans la baraque municipale n°1 « Städtische Einquartierungs-Baracke I ».

Feld-Artillerie-Regiment Nr. 15 : le 1er groupe d’artillerie « I. Abtheilung » à la caserne « Artillerie-Kaserne », caserne Austerlitz.

Feld-Artillerie-Regiment Nr. 51 à « Artillerie-Kaserne », caserne Austerlitz.

Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 14 : « I. Bataillon » à la « Werder-Kaserne » ; « II. Bataillon » dans les baraquements « Baracke Schirmeckerthor ».

Pionier-Bataillon Nr. 14 :

Kehl, Grossherzog Friedrich-Kaserne.

Pionier-Bataillon Nr. 15 : à la « Pionier-Kaserne ».

Pionier-Bataillon Nr. 19 : à la « Kaserne von Mertens ».

Train-Bataillon Nr. 15 : à la « Train-Kaserne », actuelle quartier Lecourbe.

Bespannungs-Abtheilung : le détachement d’attelages dans les baraques municipales « Städtische Einquartierungs-Baracke I ».

Handwerker-Abtheilung, le détachement d’ouvriers & artisants, à la « Kavalierkaserne 12 », cavalier 12 de l’enceinte urbaine.  

Source : S0669 : Taschenbuch für die Garnison Strassburg i. E. Herbst-Ausgabe 1901, p. 5-43.

 

Allemagne, armée : budget de la guerre de 1901.

La revue des armées étrangères a publié en octobre 1901 d’utres précisions relatives au budget de la guerre de l’empire allemand en 1901 : « Le budget de la guerre de l’empire allemand pour 1901.

II. Questions intéressantes concernant les diverses armes et les services (suite).

Commissions de réquisition des chevaux. D’après le budget de 1900, le nombre de commissaires avait été fixé à 67, à créer en deux années ; les 33 places prévues pour 1901, ajoutées aux 34 prévues en 1900, complètent cette organisation. De plus, l’emploi de ces commissaires pourra être rempli non seulement par des capitaines, mais encore par des officiers supérieurs en retraite.

Ecoles. Professeurs à l’académie de guerre.

Conformément à la décision prise l’année dernière, trois nouvelles places de professeurs militaires sont créées à l’Académie de guerre, ce qui porte à six le nombre de ces professeurs. Le nombre total doit être de neuf.

Cadets de Gross-Lichterfelde. Les cadets des classes « Selecta » et « Prima » sont promus sous-officiers quand ils ont une bonne conduite. Le budget en prévoyait jusqu’ici 120 ; mais, en raison du plus grand nombre de jeunes gens entrant en « Prima », il en prévoit pour l’avenir 200.

Ecoles de sous-officiers. L’école de sous-officiers de Treptow est ouverte à partir du 1er avril 1901. Elle comprend : 1 commandant, 1 lieutenant adjudant, 4 capitaines, 12 lieutenants, 1 médecin-major de 2e classe, 1 vétérinaire-major de 1ère classe, 2 professeurs, 1 payeur, 1 aspirant payeur, 1 casernier, 1 armurier, 1 mécanicien, 4 Feldwebel, 4 Vice-Feldwebel, 42 sergents, 1 tambour major, 16 tambours ou clairons, 60 Gefreite, 440 élèves, 20 ouvriers, 4 infirmiers.

Ecole d’artillerie et du génie. Les fonds destinés aux « exercices pratiques » ont été augmentés de 5 430,50 Fr. Cette augmentation a pour objet de permettre aux officiers de l’artillerie à pied ou du génie de l’un des cours (au total 82 officiers) de visiter les cuirassements modernes des places de Thorn et de Graudenz.

Ecoles vétérinaires de Berlin. Un vétérinaire en 1er sera désormais directeur du laboratoire de bactériologie ; il aura pour mission de rechercher les applications de cette science à la lutte contre les maladies des animaux, de constater les résultats des inoculations, de faire les analyses des fourrages et de l’eau et de professer un cours de bactériologie aux vétérinaires convoqués à l’école.

Service de santé. Médecins militaires. Le budget de 1898 avait déjà signalé des incomplets dans l’effectif des médecins militaires. Ils s’élevaient à 47 % en 1875, 67 % en 1897, 60,5 % en 1900, dans le grade de médecin aide-major. Le remède à cette situation consistait en l’amélioration de la situation matérielle des médecins militaires, à l’aide d’un relèvement de solde. Des mesures dans ce sens avaient déjà été prises en 1898 ; elles sont continuées comme il suit en 1901 (Prusse, Saxe et Wurtemberg) : 31 médecins-majors de 1ère classe ont leur solde augmentée de 6 750 francs à 7 315 francs (non compris l’indemnité de service et l’indemnité supplémentaire de logement). 44 médecins-majors de 1ère classe ont leur solde augmentée de 3 375 francs à 4 875 francs. 57 médecins-majors de 2e classe ont leur solde augmentée de 3 375 francs à 4 875 francs. Dès cette année, des 355 médecins-majors de 1ère classe ne comprendra plus que deux tarifs : 7 315 francs pour la première moitié du cadre, 6 750 francs pour la deuxième moitié.

En Wurtemberg, l’incomplet en médecins ne porte plus que sur les médecins aides-majors de 2e classe (8 sur 26). Au cours de la discussion du titre de la solde à la commission du budget du Reichstag, le ministre de la Guerre a déclaré que le nombre des médecins civils embrassant la carrière militaire s’était considérablement accru, depuis l’établissement d’un caisse de prêt leur permettant d’amortir facilement leurs dettes.

Vétérinaires. Le député Bannerman ayant déposé, au cours de la discussion du budget, une résolution tendant à relever la solde des vétérinaires militaires, la commission du budget et le Reichstag l’on accepté à l’unanimité, mais le budget de 1901 ne prévoit aucun budget à ce sujet.

Pharmaciens militaires. Le Reichstag a également adopté une résolution ayant pour but d’améliorer la solde des pharmaciens et de modifier leur instruction et leur situation militaire.

Comité scientifique du service de santé. Pour le développement du service de santé en général, et de l’académie Empereur Guillaume en particulier, il a été reconnu nécessaire de constituer un Comité scientifique (Sénat), chargé d’assister le médecin inspecteur de l’armée dans l’élaboration des programmes d’études de l’Académie, d’étudier les questions scientifiques ou juridiques du service de santé militaire, de rechercher les moyens de combattre les épidémies, etc. Le Comité comprendra le médecin inspecteur, président ; un président suppléant ; 15 membres. Les membres non militaires de ce Comité recevront une indemnité de 750 francs.

Modifications apportées au matériel médico-chirurgical des corps de troupe et des formations sanitaires. Ces modifications ont pour but de faire bénéficier les blessés des progrès réalisés récemment par la science. Les expériences préliminaires faites à ce sujet ayant donné des résultats satisfaisants, on prévoit une dépense totale de 4 831 250 francs (Prusse, Saxe, Wurtemberg), répartie en six annuités. La première annuité, accordée pour 1901, se monte à 496 725 francs.

Dotations complémentaires des hôpitaux de garnison en appareils médico-chirurgicaux et bactériologiques (appareils Roentgen, microscopes, etc.). On affecte à ce matériel un crédit de 181 437,50 francs (première annuité), sur une dépense totale de 277 687,50 francs (Prusse, saxe et Wurtemberg).

Construction et amélioration des hôpitaux. Le budget contient un crédit total de 3 000 000 de francs pour 1901 (Bavière excepté).

Etablissement d’un établissement de convalescents pour le XIVe corps à Grünbach. Dépense complète, 100 000 francs. Cet établissement pourra recevoir 25 convalescents.

Service des subsistances et habillement. Construction et agrandissement de magasins de subsistances. Les dépenses pour la Prusse, la Saxe et le Wurtemberg se montent à 3 442 500 francs contre 2 915 985 en 1900. On construit de nouveaux magasins à Ludwigslust, à Lüneburg, à Würzen et à Stuttgart.

Augmentation des réserves des subsistances. Le budget de 1901 prévoyait pour la Prusse un crédit de 625 000 francs ; le Reichstag n’a accordé que 12 500 francs. La dépense totale prévue est de 10 682 529 francs ; il reste 5 788 819 francs à demander ultérieurement.

Organisation des magasins et ateliers d’habillement. Un changement dans l’organisation des magasins et ateliers d’habillement, ayant pour but d’augmenter leur production et de les charger de tout le travail fait autrefois dans les corps ou à l’extérieur, a été mis en essai dans le corps de la Garde en 1899. L’expérience a continué dans le VIe corps en 1900, et on continuera dans le VIIe corps en 1901. L’effectif des ouvriers des magasins et ateliers de ce corps d’armée est augmenté, à cet effet, de 133 ouvriers prélevés sur les corps de troupe.

Emploi d’ouvriers civils au magasin du VIe corps. Les frais supplémentaires résultant de l’emploi d’ouvriers civils au magasin du VIe corps, à la place d’ouvriers militaires, se montent à 275 000 francs. Ces frais avaient été précédemment fixés à 175 000 francs. Mais on a reconnu la nécessité de disposer d’un crédit plus élevé pour avoir de bons ouvriers. Au cours de la discussion du budget, le ministre de la guerre a déclaré qu’il était prêt à persévérer dans la voie de la substitution de la main d’œuvre civile à la main d’œuvre militaire, dut-elle entraîner un supplément de dépenses. Il n’a pu toutefois s’empêcher de faire remarquer combien l’essai tenté dans ce sens était onéreux.

Création d’aspirants payeurs spéciaux pour le service de l’habillement. La tenue des livres et la comptabilité dans les magasins et ateliers d’habillement nécessitent la création d’une place d’aspirant payeur dans chaque magasin. Afin d’éviter de fréquentes mutations, ces fonctions ne seront pas occupées par les aspirants payeurs habituels, mais par des « aspirants de l’habillement » (Bekleidungsamts-Aspiranten), qui formeront désormais une catégorie spéciale et resteront toujours dans ce service. Les magasins de la Garde, des Ier, IIe et XIVe corps en auront deux, les autres magasins un. Le nombre des aspirants payeurs ordinaires sera diminué de 16 en Prusse.

Construction et amélioration des magasins d’habillement ; achat de machines pour ateliers. La dépense totale (Bavière exceptée) se monte à 2 367 000 francs.

Camps d’instruction. L’ensemble des dépenses s’élève à 9 106 250 francs contre 8 350 000 francs en 1900. Elles se répartissent comme il suit :

Prusse. Agrandissement du camp d’Arys (Ier corps) : 1ère annuité de 375 000 francs sur une dépense totale de 3 125 000 francs ; Agrandissement du camp d’Alten-Grabow (IVe corps) : dépense complète, 100 000 francs ; Acquisition et installation d’un camp d’instruction pour le Ve corps d’armée (Posen) : crédit de 1 550 000 francs (5e annuité) ; dépense totale 9 682 500 francs ; il reste à demander 620 000 francs ; acquisition ;Acquisition et installation d’un camp d’instruction pour le VIe corps (Breslau) : crédit de 2 751 000 francs (3e annuité) ; dépense totale 7 500 000 francs ; il reste à demander 3 588 500 francs ; Aménagement spécial des camps d’instruction pour le séjour des divisions de cavalerie : crédit de 125 000 francs (6e annuité) ; dépense totale 2 000 000 francs ;il reste à demander 1 188 500 francs ; Agrandissement des baraquements des camps d’instruction de Münster (Xe corps), Senne (VIIe corps), Arys (Ier corps), Darmstadt (XVIIIe corps), Hammerstein (XVIIe corps) et Lamsdorf (VIe corps), par suite de l’augmentation de l’artillerie de campagne : crédit de 750 000 francs (2e annuité) ; dépense totale, 1 781 250 francs ; il reste à demander 346 250 francs.

On désirait pouvoir réunir simultanément, dans chacun de ces camps d’instruction, une brigade d’artillerie de campagne et une brigade de cavalerie ou d’infanterie (ou au moins un régiment d’infanterie).

Alsace-Lorraine. Acquisition et installation d’un camp d’instruction pour le XVe corps (Haguenau) : crédit de 2 875 000 francs (3e annuité) ; dépense totale, 11 250 000 francs ; il reste à demander 5 982 250 francs. Agrandissement des baraquements au camp d’instruction de Haguenau pour les besoins de l’artillerie : crédit de 187 500 francs (2e annuité) ; dépense totale 480 000 francs ; il reste à demander 105 000 francs.

Wurtemberg. Agrandissement et amélioration des baraquements au camp d’instruction de Münsingen (XIIIe corps) : crédit de 393 750 francs (1ère annuité) ; dépense totale de 750 000 francs, il reste à demander 356 250 francs. Les baraquements de ce camp, qui pouvaient recevoir une brigade d’infanterie à six bataillons et une brigade d’artillerie, seront augmentés de façon à recevoir en même temps une brigade de cavalerie et un régiment à trois bataillons.

Saxe. Néant. Nous signalons en outre : 1° dans le budget prussien une première annuité de 200 000 francs, sur une dépense totale de 475 000 francs pour l’établissement et l’achèvement de nouveaux champs de tir ; 2° dans le budget saxon, un crédit de 368 250 francs sur une dépense totale de 1 052 500 francs pour le même objet.

Payeurs. Le budget de 1901 distingue, pour la première fois, deux classes de payeurs : les Oberzahlmeister ou payeurs en premier et les Zahlmeister ou payeurs ordinaires.

Chefs de musique. Une résolution présentée par la commission du budget et tendant à assimiler les chefs de musique aux Feldwebels a été approuvée par le Reichstag.

Tels sont les points à signaler dans le budget de la guerre de 1901. Mais le budget normal que l’on vient d’examiner ne donne pas la totalité des dépenses à effectuer au titre du département de la guerre. Celles résultant des affaires de Chine n’y sont pas comprises. Déjà un premier budget supplémentaire au budget 1900, voté par le Reichstag au commencement de 1901, se montait à 190 096 625 francs, dont 150 millions au titre de l’administration de la guerre ; puis à la date du 16 mars, le Reichstag en a approuvé un deuxième, qui sera rattaché au budget de 1901 et s’élève à 154 162 500 francs, dont 126 150 000 francs pour le département de la guerre. Le total des dépenses militaires pour l’exercice 1901-1902 se montera donc à 968 329 457 francs, si l’on y comprend les dépenses du corps expéditionnaire pour 1901. Le budget de cette année ne diffère pas, dans ses grandes lignes, du budget de 1900. Comme ce dernier il est caractérisé par les mesures d’application de la loi du 25 mars 1899, dont les nouvelles créations seront pour ainsi dire terminées le 1er octobre 1901.

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°887 d’octobre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 260-169.

 

Mardi 1er octobre 1901

 

Allemagne, armée : création des détachements de mitrailleuses.

La revue militaire des armées étrangères a livré ces informations dans un article publié en juillet 1901. « Détachements de mitrailleuses. Habillement, équipement, armement. Le budget de 1901-1902 prévoit la création d’un détachement de mitrailleuses par corps d’armée. Toutefois, pour des raisons budgétaires, il ne sera constitué, au 1er octobre 1901, que cinq de ces unités. Les détachements de mitrailleuses “Maschinengewehr-Abteilungen” feront partie intégrante de l’arme de l’infanterie ou de chasseurs, comme les escadrons de chasseurs à cheval sont rattachés aux régiments de cavalerie. Chacune de ces nouvelles unités sera composée : 3 officiers : 1 capitaine de 1ère ou de 2ème classe, 2 lieutenants en 1er ou lieutenants. 9 sous-officiers : 1 feldwebel, 2 sergents, 6 sous-officiers “Unteroffiziere”, dont 1maréchal ferrant et 1 armurier. 58 soldats : 1 rengagé, 6 Gefreite, 50 soldats (dont 18 conducteurs), 1 ouvrier.

43 chevaux : 34 de trait, 9 de selle.

Le matériel comprendra six mitrailleuses et deux caissons de munitions. Cinq détachements seront ainsi répartis : un à la garde, rattaché au bataillon de chasseurs de la garde ; un au Ier corps, rattaché au 1er bataillon de chasseurs ; deux au XVe corps, rattachés aux 4e et 10e bataillons de chasseurs ; un au XVIIe corps, rattaché au 2e bataillon de chasseurs.

L’“Armee Verordnungsblatt” du 11 juin 1901 fixe comme suit l’uniforme des détachements de mitrailleuses : casquette grise, tunique, culotte en drap gris-vert ; manteau en drap gris, bottes montantes en cuir fauve, bandeau et passepoil de la casquette, col, parements, écussons et doublures des épaulettes, passepoil et doublure des pattes d’épaules, passepoil de la culotte, rouge-ponceau ; boutons de tunique bombés, en or pour les officiers, en laiton pour les hommes. Les officiers du détachement de mitrailleuses de la garde auront le col arrondi et des parements suédois également brodés en or. Les officiers des autres détachements (n°1 à 4) auront le col arrondi et des parements suédois. Le col et les parements des sous-officiers et hommes du détachement de la garde seront garnis de galons jaunes. Outre la casquette, les officiers et les hommes recevront le tshako avec drap du fond gris-vert, étoile en argent et plumet blanc dans la garde, aigle et plumet noir dans les autres détachements. Les officiers seront autorisés à porter leur ancienne tenue, sauf aux parades et en cas de mobilisation, jusqu’au 1er avril 1904. Armement. Les servants auront la carabine, les sous-officiers et les conducteurs le sabre d’artillerie et le pistolet automatique (provisoirement le révolver) ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°884 de juillet 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 57-58.

 

Novembre 1901

 

Allemagne, armée : havresac en toile en essai.  

La revue militaire des armées étrangères a publié en novembre 1901 l’article suivant : « Un nouveau havresac en toile a été expérimenté par le bataillon d’instruction au cours des dernières manœuvres. Le manteau est enroulé en carré sur le sac, la toile de tente par-dessus. Les faces latérales du sac sont munies de deux cartouchières d’un modèle plus petit que celles portées au ceinturon. Les nouveaux sacs se seraient bien comportés ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°888 de novembre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 360.

 

Allemagne, armée : mouvements dans le corps d’officiers de l’armée prussienne.

La revue militaire des armées étrangères a publié cet article en novembre 1901 : « Mouvement dans le corps d’officiers de l’armée prussienne (mai 1900 – mai 1901), d’après l’annuaire de 1901. Mis à la retraite : 4 généraux, 13 généraux-lieutenants, 24 généraux-majors, soit 41 officiers généraux ; 30 colonels, 26 lieutenants-colonels, 73 majors, 105 capitaines, 52 lieutenants en premier, 12 lieutenants, c’est-à-dire 398 officiers subalternes. Morts : 67 officiers. – 1 général feld-maréchal, 1 colonel-général, 1 général, 1 général-lieutenant, 2 généraux-majors, 1 colonel, 4 lieutenants-colonels, 9 majors, 20 capitaines, 15 lieutenants en premier, 12 lieutenants. Le déchet total s’élève à 539 officiers. Promotions : 2 colonels-généraux, 1 général, 15 généraux-lieutenants, 38 généraux-majors, 90 colonels, 125 lieutenant-colonels, 222 majors ».

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°888 de novembre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 362.

 

Allemagne, armée : nombre de sous-officiers faisant fonction d’officiers à entretenir en 1901-1902.

La revue militaire des armées étrangères a publié en novembre 1901 l’article suivant : « Nombre de sous-officiers faisant fonction d’officiers à entretenir en 1901-1902. Le budget de 1901-1902 stipule comme les années précédentes, que la solde des deux tiers des lieutenants manquant dans l’infanterie, des chasseurs, de l’artillerie de campagne, de l’artillerie à pied et du train, peut être affecté à l’entretien de vice-feldwebel ou de vice-wachtmeister, en sus de l’effectif budgétaire, faisant fonction d’officiers. Le nombre maximum de ces sous-officiers est fixé ainsi qu’il suit, à partir du 1er novembre 1901 (décision du 10 octobre 1901) : a) Infanterie et chasseurs : Garde et Ier corps : 66 ; IIe, VIIIe, XVIe et XVIIe corps : 56 ; IIIe corps : 50 ; IVe corps : 44 ; Ve, VIe, VIIe et IXe corps : 58 ; Xe corps : 46 ; XIe corps : 48 ; XIVe corps : 68 ; XVe corps : 52 ; XVIIe corps : 62 ; b) Artillerie à pied : 30 ; c) Bataillons de pionniers : 60 ; d) Train : 34.

La répartition se fera d’après les bases suivantes : a) Pour chaque bataillon d’infanterie ou de chasseurs, 2 places ; b) Pour chaque régiment d’artillerie à pied, 2 places ; c) Pour chaque bataillon de pionnier, 3 places ; Pour chaque bataillon du train, 2 places.

Dans l’artillerie de campagne, le déficit en lieutenants à diminué de telle sorte qu’il devient inutile d’entretenir dans cette arme des vice-wachtmeister en sus de l’effectif budgétaire. Par suite, il est prescrit de replacer dès à présent dans les cadres, au fur et à mesure des vacances, tous les sous-officiers de cette catégorie actuellement existants. La même mesure sera prise pour les vice-wachtmeister supplémentaires du train qui se trouveront en surnombre des nouvelles fixations.

La totalisation des chiffres ci-dessus fait ressortir que le nombre total des sous-officiers suppléants-officiers, dans les corps d’armée prussiens, qui n’était pour l’année 1900-1901 que de 1 108, s’élèvera désormais à 1 182.

Il y a augmentation pour l’infanterie (2 places par bataillon au lieu de 5 par régiment à trois bataillon), pour l’artillerie à pied (30 places au lieu de 15) et pour les pionniers (60 places au lieu de 57). Le nombre des suppléants-officiers est resté stationnaire dans les chasseurs et le train. Enfin, les emplois de cette nature ont été entièrement supprimés, comme on l’a vu plus haut, dans l’artillerie de campagne.

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°888 de novembre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 363-364.

 

Allemagne, génie : expérimentation du bateau « Lances ».

La revue militaire des armées étrangères a publié cet article en novembre 1901 : « Bateau de lances.  La Lothringer Zeitung annonce que le bateau de lances (Lanzenboot) imaginé par M. Ad. Rey de Bischheim – Strasbourg, a été expérimenté à Metz, sur la Moselle, par l’inventeur lui-même, en présence du prince Frédéric-Léopold de Prusse et du colonel-général von Häseler. Les bateaux, simplement composés de lances et moyens d’assemblage très rudimentaires, se sont brillamment comportés. Un radeau rapidement construit à l’aide de deux bateaux a transporté sur la Moselle une pièce de campagne avec 14 canonniers ; un seul bateau, 15 cavaliers et 8 chevaux.

Source : S0376 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 58, juillet-décembre 1901, n°888 de novembre 1901, rédigé à l’état-major de l’Armée, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, 1901, p. 364.

 

 

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