Chroniques 1902

 
 
 

Dernière mise à jour / Letzte Änderung : 15 / 04 / 2021 par MJR

 

 

Fortifications, ouvrages en cours de construction

 

 

Empire allemand

 

Cette rubrique concerne les fortifications allemandes en cours de construction ou de modernisation, sur le territoire

 

Allemagne Front Nord & fortifications côtières.

 

Place forte de Wilhelmshaven

Ouvrage en cours de construction :

Batterie Altona (1902-1903).

 

Allemagne Front Ouest

 

Place forte de Metz

Ouvrages en cours de construction :

Fort St Blaise, Feste Graf Haeseler (1899-1905), actuel groupe fortifié Verdun.

Fort de Sommy Feste Graf Haeseler (1899-1905), actuel groupe fortifié Verdun.

Feste Kronprinz (1899-1905), actuel groupe fortifié Driant.

Feste Kaiserin (1899-1908), actuel groupe fortifié Jeanne d’Arc.

Feste Lothringen (1899-1905), actuel groupe fortifié Lorraine.

 

Feste Kaiser Wilhelm II, groupe fortifié de Mutzig

Ouvrage en cours de construction :

Kriegskaserne I caserne de guerre n°1 (1901-1903).

 

Place forte de Strasbourg

Ouvrage en cours de construction :

Rive gauche du Rhin

Kirschbaum-Batterie, batterie des Cerisiers (1901-1902), batterie d’artillerie cuirassée pour 4 canons de 10 cm court sous coupole cuirassée « kz. 10 cm PT. ». La batterie est un ouvrage en béton accolé à droite d’un abri d’artilleur. Dispose d’un poste d’observation Ouest et d’un poste d’observation Est. 1939-1940 : échange des tubes allemands par des tubes de canons de 105 mm français. 1940-1945 : démolition partielle à l’explosif. 1946-1953, sert de polygone des destructions d’explosifs. Après 1953, décharge municipale et remblayée progressivement.

Batterie des Cerisiers – Kirschbaumbatterie, juste avant la destruction des 4 tourelles cuirassées, à priori par la Wehrmacht vers la fin du mois de juin 1940.

 

Allemagne Front Sud

 

Place forte d’Ulm

Ouvrages en cours de construction :

Infanteriestützpunkt Haslach (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Jungingen-Ost (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Jungingen-Mitte (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Jungingen-West (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Weinberge (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, point d’appui d’infanterie en béton, arasé en 1945-1946 par les armées Alliées.

Infanteriestützpunkt Gleistetten (1901-1902), point d’appui d’infanterie en béton, seul point d’appui d’infanterie sauvegardé.

 

France

 

Cette rubrique concerne les fortifications françaises en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

France Front Ouest Côtes de la Mer du Nord - Manche - Atlantique

 

Place forte de Lorient

Ouvrage en cours de construction :

Batterie de Kernavest (1895-1905) 2 batteries bétonnées.

 

France Front Nord-Est

 

Place forte de Toul

Ouvrages en cours de construction :

Ouvrage de La Cloche (1902-1906) initialement appelé ouvrage du Chanois. Il comprend : 1 tourelle de 75 Mle 05, 1 observatoire cuirassé, 1 casemate de Bourges. 1944 : essais d’explosifs sur les cuirassements par l’armée US sur la tourelle et une partie du casernement.

Ouvrage de Charny (1887-1888) ouvrage d’infanterie en maçonnerie. 1902-1904 : l’ouvrage est complètement refondu et équipé : 1 tourelle de mitrailleuses, 1 casemate de Bourges. 1944 : essais de démolitions de l’armée US sur la tourelle de mitrailleuses.

 

France Front Sud-Est

 

Place forte de Saint-Michel-de-Maurienne

Ouvrage en cours de construction :

Baraquement des Rochilles (1902-1907) ou camp des Rochilles, place forte de Saint-Michel-de-Maurienne, altitude 2 420 m.

Sources : S0429 : Les fortifications de Savoie, in l’Histoire en Savoie n°77, 2ème édition, 1990, p. 1-49.

S2757 : Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008, p 441.

 

Place forte de Tournoux

Ouvrages en cours de construction :

Blockhaus des Fourches (1898-1902) ligne de 3 postes crénelés.

Blockhaus de Las Planas (1902-1903).

Casernement défensif de Restefonds (1901-1906) parfois désigné comme fortin, SE de Tournoux, altitude 2 548 m. Tracé rectangulaire de l’ensemble avec bastionnets flanquant les fronts extérieurs. 1912 : construction des bâtiments à l’extérieur du périmètre (pavillon des officiers, écuries et cuisines.

Source : S2757 : Frijns Marco, Malchair Luc, Moulin Jean-Jacques, Puelinckx Jean : Index de la fortification française 1874-1914, autoédition, 2008, p. 436.

Fortin de la Pelousette (1899-1902) au SE de Tournoux. Ouvrage de surveillance.

 

France Front Sud Côtes de la Méditerranée

 

Place forte de Nice

Ouvrage en cours de construction :

Poste photoélectrique de la Pointe Malalongue (1900-1905) en contrebas du Cap Ferret.

 

Italie

 

Cette rubrique concerne les fortifications italiennes en cours de construction ou de modernisation, conformément aux frontières de l’année en cours.

 

Ouvrage en cours de construction :

Fort du Mont Chaberton (1898-1910 autre source 1915), défendant le col du Mont de Montgenèvre. 1906 : il est armé de comprend 8 tours de 12 m de haut supportant chacune une coupole blindée Armstrong avec un canon de 149 mm de 36 calibres. Les canons pouvaient atteindrent la gare de Briançon. 1947 : le territoire est transféré à la France.

 

 

Abandon, désarmement, déclassement, dérasement

 

 

France

Place forte de Brest

Batterie de la Jetée du Port du Commerce (1892), Brest, rade de Lanniron. 1902 : Suppression de la batterie.

 

 

Expériences, innovations et progrès de la fortification et de l’artillerie de siège et de forteresse

 

 

Allemagne

1902 : mise en service du Beobachtungswagen 02 (voiture d’observation Mle 02).

1902 : mise en service Fussartillerie-Munitionswagen 02 (voiture à munitions de l’artillerie lourde mle 02).

Source: S0596 : Generalleutnant a.D. Schirmer : V. Teil : Das Gerät der schweren Artillerie ; Verlag Bernard & Graefe, Berlin ; 1937, p. 16.

1902 : installation de l’école des Wallmeister de Strasbourg.

Source : Matuschka, Edgar Graf von : Organisationsgeschichte des Heeres 1890 bis 1918 in : Deutsche Militärgeschichtlichen Forschungsamt, volume III, paragraphe V, München 1983, p. 213.

 

 

Chroniques 1902

 

 

Année 1902 divers

 

Allemagne, Reichsland Alsace-Lorraine : direction politique et militaire.

Voici un petit point de situation relative à la direction et la gestion de ce territoire annexé par l’Allemagne. En effet, de 1870 à 191, l’Alsace-Lorraine est un Gouvernement général, puis un Pays d’Empire « Reichsland », indivis, gouverné par l’Empereur d’Allemagne et son administration particulière. Ce territoire est dirigé en effet du 14 août 1870 au 5 septembre 1871 par un gouverneur général « General Gouverneur », puis du 6 septembre 1871 au 30 septembre 1879 par un président supérieur « Oberpräsident » et du 1er octobre 1879 au 11 novembre 1918 par un Statthalter, un secrétaire d’Etat et un ministère.

Principales personnalités en fonction au 1er janvier 1902 :

Empire allemand

Empereur d’Allemagne : l’empereur Guillaume II « Kaiser Wilhelm II » (1859-1941) : du 15 juin 1888 au 20 novembre 1918.

Reichsland (Alsace-Lorraine

Statthalter : Hermann von Hohenlohe-Langenburg (1832-1913) : du 1er novembre 1894 à octobre 1907.

Secrétaire d’Etat « Staatssekretär » : Ernst Mathias von Köller, d’octobre 1901 au mois d’août 1908.

Présidents du district de la Basse-Alsace. Le titre de « Präfekt des Niederrheins » est conservé jusqu’en décembre 1871 ; depuis, un « Bezirkspräsident » préside le « Bezirkspräsidium », ses pouvoirs son analogues à ceux des préfets.

Préfet de Basse-Alsace, « Bezirkspräsident » : Halm, de 1897 à 1907, qui administre également l’arrondissement de Strasbourg-Ville.

Directeurs des cercles (arrondissements) et administration des arrondissements « Kreisverwaltung ».

L’Arrondissement de Strasbourg-Ville est directement administré par le « Bezirckspräsident ».

Arrondissement d’Erstein : Lautz, de 1901 à 1910.

Arrondissement de Haguenau : Gerber, à partir de 1901.

Arrondissement de Molsheim : Knüppel, de 1901 à 1910.

Arrrondissement de Saverne : Clemm, de 1901 à 1904.

Arrondissement de Sélestat : Dieckmann, du 10 octobre 1896 au 30 octobre 1907.

Arrondissement de Strasbourg-Campagne : Curtius, 1901.

Arrondissement de Wissembourg : Heitz, de 1898 à 1904.

Députés Alsaciens-Lorrains au Reichstag de 1874 à 1918

Les douze élections u Reichstag, échelonnés de 1874 à 1912, furent triennales de 1874 à 1893, puis quinquennales. Au cours de la première session, le 18 février 1874, s’éleva la protestation officielle des députés alasciens contre l’annexion allemande.

Circonscription de Haguenau-Wissembourg : Alexander von Hohenlohe-Schillingsfürst (1862-1923), conseiller de légation : de 1893 à 1903.

Circonscription de Molsheim-Erstein : Nicolas Delsor (1847-1927), curé à Marlenheim : de 1898 à 1918.

Circonscription de Saverne : Jean Hoeffel (1850-1939), médecin à Bouxwiller : de 1890 à 1912.

Circonscription de Sélestat : Léon Vonderscheer (1864-1929), avocat à Strasbourg : de 1899 à 1912.

Circonscription de Strasbourg-Campagne : Karl Hauss (1871-1925), imprimeur à Strasbourg, de 1898 à 1903.

Circonscription de Strasbourg-Ville : Gustave Adolphe Riff (1850-1929), notaire à Strasbourg : de 1898 à 1907.

Membres de la Délégation d’Alsace-Lorraine (1874-1911)

La Délégation d’Alsace-Lorraine « Landesausschuss für Elsass-Lothringen », institué par le décret du 29 octobre 1874, siégea pour la première fois le 17 juin 1875. La réforme du 4 juillet 1879 modifia ses attributions et porta le nombre des membres du Bas-Rhin de 10 (pris au sein du Ceonseil général), à 21 (7 élus dans les arrondissements, 13 choisis par le Conseil général et 1 désigné par le conseil municipal de Strasbourg). L’institution fut supprimée le 9 mai 1911 et remplacée par le Conseil régional.

Membres élus dans les arrondissements :

Erstein : Alphonse Gilliot, industriel à Rhinau : de 1895 à 1911.

Haguenau : Charles Seyller (1833-1925) : de 1900 à 1906.

Molsheim : Anselme Laugel (1851-1928), propriétaire à Saint-Léonard : de 1900 à 1911.

Saverne : Jean Hoeffel (1850-1939), médecin et maire de Bouxwiller ; de 1897 à 1911.

Sélestat : Emond Roth, viticulteur à Dambach-la-Ville : de 1891 à 1903.

Strasbourg-Campagne : Auguste Bostetter (1850-1922), médecin à Brumath : 1894-1903.

Strasbourg-Ville : Charles Bergmann (1835-1904) : de 1895 à 1902.

Wissembourg : Adolph Goetz (1863-1932) : de 1900 à 1908.

Membres désignés par le Conseil général du Bas-Rhin en 1902 :

Charles Adam, Otto Back, Théodore Frey, Friedrich Fuchs, Ferdinand Fürst, Guillaume Gunzert, Paul Jehl, depuis 190 Henri Gierlich (décédé en 1917) maire d’obernai, François-Joseph Klein, Emile Meyer, Georges Moritz, Jacques-Michel North, Léon Scheidecker, Ernest de Schlumberger.

Source : S1048 : F.-J. Himly : Chronologie de la Basse Alsace Ier au XXe siècle, Strasbourg, 1972, p. 238-270.

 

Samedi 15 mars 1902

 

Allemagne, armée : le nouveau règlement allemand sur le service des places.

La revue militaire des armées étrangères nous apporte quelques informations au sujet du nouveau règlement allemand sur le service des places dénommé » « Garnisondienst Vorschrift ». En voici un court extrait : « L’armée allemande vient d’être dotée d’un règlement sur le service des places, portant la date du 15 mars 1902, qui remplace le règlement similaire du 13 septembre 1888. Les nombreuses modifications apportées dans le service des places depuis cette dernière date avaient rendu nécessaire la refonte du règlement : on en a profité pour simplifier le service des postes et des sentinelles, de façon à laisser à la troupe le plus de temps possible pour son instruction en vue de la guerre. Le nouveau règlement comprend : une introduction, une première partie, traitant du service de garde proprement dit, une deuxième partie, s’occupant des diverses branches du service de garnison, et enfin quatre annexes. L’introduction ne comporte qu’une page de texte ; elle fixe le but du règlement : poser les bases du service dans les places en laissant aux commandants d’armes le soin de donner des prescriptions de détail. Ces prescriptions, toutefois, doivent amener le moins de gêne possible dans l’instruction de la troupe ; le règlement revient sur cette idée au début de la première partie, en recommandant de limiter le plus possible le service de garde pendant les grandes manœuvres ainsi que durant la période comprise entre la libération de la classe et la fin de l’instruction des recrues. L’introduction contient enfin la définition de l’officier dénommé en Allemagne : Garnisonälteste. C’est l’officier général ou supérieur, ayant un commandement de troupe, le plus ancien dans le grade le plus élevé, quelques que soient ses fonctions. C’est ainsi qu’un colonel, commandant une brigade d’infanterie, aura le pas sur un colonel, moins ancien, commandant une brigade de cavalerie ou d’artillerie (Militär Wochenblatt, n°39, du 30 avril 1902). On voit que cette situation répond sensiblement à celle du commandant d’armes en France ».

Source : S0463 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 61, janvier – juin 1903, n°903 février 1903, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris, 1903, page 176-179 avec des éléments tirés de la revue dénommée « Militär Wochenblatt », n°39, du 30 avril 1902 

 

Jeudi 20 mars 1902

 

Allemagne, armée : le budget de la guerre de l’Empire allemand pour 1902.

La loi d’Empire du 20 mars 1902 a fixé à 2 878 978 894 francs le budget de l’Empire allemand pour l’exercice 1902. Sur cette somme, le département de la guerre est compris pour 817 158 500 francs, dont 710 592 030 francs au budget ordinaire ; 69 655 226 francs au budget extraordinaire, sur ressources ordinaires ; 36 911 244 francs au budget extraordinaire, sur ressources extraordinaires. Le projet de budget prévoyait un total de 830 080 114 francs ; les sommes votées ont donc subi une diminution d’environ 13 000 000. Le budget de la guerre, en 1901, s’élevait au total à 842 079 457 francs ; pour la première fois depuis plusieurs années, il subit une réduction sensible, par rapport à celui de l’exercice précédent. Les causes de cette diminution tiennent à ce que les dernières annuités des crédits alloués pour les changements d’organisation dus à la loi de 1899 disparaissent actuellement du budget, et aussi à ce que les demandes des autorités militaires ont subi le contrecoup d’une situation financière peu favorable ; le budget total de l’Empire, en effet, comporte lui-même une réduction d’environ 63 000 000 par rapport à celui de 1901.

Les effectifs budgétaires prévus par le projet de budget pour l’exercice 1902, étaient :

Officiers : 24 292, soit une augmentation de 147 par rapport aux effectifs de 1901.

Sous-officiers : 80 95, soit une augmentation de 343 par rapport aux effectifs de 1901.

Troupe : 495 500, soit une augmentation de 1 149 par rapport aux effectifs de 1901 (non compris les volontaires d’un an (11 000 environ).

Médecins militaires : 2 198, soit une augmentation de 8 par rapport aux effectifs de 1901.

Payeurs : 1 054.

Vétérinaires : 678, soit une augmentation de 2 par rapport aux effectifs de 1901.

Armuriers : 1 011.

Selliers : 93, soit une augmentation de 1 par rapport aux effectifs de 1901.

Chevaux de troupe : 105 143, soit une augmentation de 658 par rapport aux effectifs de 1901 (non compris les chevaux d’officiers, de volontaires d’un an et les chevaux de corvée qui portent le total à 130 000 environ).

Les effectifs pour 1902 étaient légèrement supérieurs à ceux de l’année précédente ; les augmentations provenaient principalement :

a) De la création d’un escadron de chasseurs à cheval pour le XIXème corps d’armée (2ème saxon) : cette mesure est la dernière application de la loi du 25 mars 1899 ;

b) De la constitution de huit nouveaux détachements de mitrailleuses, attachés à des bataillons d’infanterie ;

c) De la création de dix nouvelles compagnies d’artillerie à pied.

Les accroissements d’effectifs résultant de ces diverses créations auraient légèrement dépassé le chiffre des hommes de troupe, fixé à 495 500 par la loi du 25 mars 1899, si l’autorité militaire n’avait pas balancé l’excédent par une diminution correspondante, en remplaçant les ouvriers militaires des ateliers et magasins d’habillement de deux corps d’armée. Le Reichstag, se conformant à l’avis de la commission du budget, n’a pas complètement approuvé les propositions de l’autorité militaire ; en particulier, il a réduit de dix à six le nombre des compagnies d’artillerie à pied à créer en 1902. Il en résulte une réduction d’environ 20 officiers et 100 sous-officiers sur les augmentations indiquées dans le tableau ci-dessus, ce qui rapproche encore d’avantage les effectifs de 1902 de ceux de 1901. Le chiffre légal des hommes de troupe (495 500) n’a pas dû être touché par cette décision du Reichstag, car, en même temps, celui-ci n’admettrait que pour un corps d’armée, au lieu de deux, le remplacement des ouvriers militaires par des civils. Si l’on ajoute aux mesures mentionnées plus haut :

a) La création d’une haute école technique militaire (rejetée d’ailleurs par le Reichstag) ;

b) La constitution d’un corps d’officiers subalternes spécialement chargé de la surveillance des constructions des fortifications ; on aura la série des principales innovations du budget de la guerre allemand pour l’exercice 1902. Nous examinerons ces questions dans les paragraphes consacrés aux diverses armes et aux services, suivant le plan adopté dans les études des années précédentes.

Cabinet militaire et ministère de la guerre. Création d’une section supplémentaire au cabinet militaire.

Le budget prévoyait la création d’une troisième section (comprenant un colonel, un officier supérieur, deux archivistes), en raison du nombre toujours croissant des questions ressortissant au cabinet militaire. La commission du budget se souvenant sans doute des démêlés retentissants entre le cabinet et le ministre de la Guerre, qui eurent lieu en 1895 et amenèrent en partie la retraite du général Bronsart von Schellendorf, se montra hostie à cette création ; suivant l’expression d’un député, elle ne voulut pas renforcer la situation militaire et en faire un deuxième ministère. Le général von Gossler, ministre de la Guerre soutint vainement la demande de crédit, en déclarant que, depuis son entrée en fonctions, la meilleure harmonie n’avait cessé de régner entre les deux organes et que le cabinet militaire et ministère avaient des attributions nettement tranchées ; questions de personnel attributions nettement tranchées : questions de personnel d’une part, questions d’administration de l’autre ; la commission, puis le Reichstag rejetèrent le crédit.

Création d’une section, dite des camps d’instruction, au ministère de la guerre.

Le Ministre obtint un résultat plus favorable pour le dédoublement de la section du casernement du ministère de la guerre. Une nouvelle section, portant le nom de Übungsplatzabtheilung, sera chargée de traiter les questions concernant les camps d’instruction, les indemnités de logement, frais de bureau, etc., et déchargera d’autant la section du casernement. L’augmentation du personnel résultant de cette création, a été réalisée le 1er avril. Elle comprend, comme officiers : un colonel chef de section, deux officiers supérieurs ; comme employés : quatre rédacteurs ou archivistes.

Etat-major et adjudantur. Chefs d’état-major des gouvernements de grandes places fortes.

Les gouvernements des grandes places allemandes possèdent un état-major comprenant des officiers d’état-major, des officiers de l’adjudantur ; mais la place de Metz seule était dotée d’un chef d’état-major, du grade de lieutenant-colonel. Désormais, trois grandes places, au moins, seront pourvues de chefs d’état-major ; le budget prévoit, pour ces nouveaux emplois, un général-major (probablement pour Metz) et deux officiers supérieurs, destinés vraisemblablement à Strasbourg et Thorn, d’après les explications fournies par le ministre de la Guerre devant la commission du budget.

Service d’adjudantur des états-majors.

Les budgets de la guerre indiquaient comme occupées par des lieutenants de nombreuses places d’adjudants dans les états-majors ; en réalité, ces fonctions étaient remplies par des officiers déjà anciens et expérimentés ; aussi, depuis cette année, le budget ne porte plus de crédits à cet usage pour les lieutenants, et les places occupées par ces derniers sont reportées aux lieutenants en premier. La même mesure a été prise en Saxe et en Wurtemberg.

Infanterie. Détachements de mitrailleuses.

L’infanterie allemande avait été dotée, l’année dernière, de détachements de mitrailleuses rattachées à des bataillons de chasseurs, comme les escadrons de chasseurs à cheval sont rattachés aux régiments de cavalerie. La Revue militaire (voir Revue militaire des armées étrangères, 2ème semestre 1901, pages 57 à 103) a donné l’effectif, la répartition des cinq détachements constitués en 1901. Les expériences faites avec ces engins ont donné des résultats satisfaisants, car huit nouveaux détachements seront créés à la date du 1er octobre 1902. L’ordre de Cabinet du 20 mars 1902 fixe ainsi qu’il suit leurs garnisons et leurs affectations :

Détachement de mitrailleuses de la Garde n°2 (1) : Garde, garnison de Gross-Lichterfelden, rattaché au Bataillon de Schützen de la Garde. (Rappelons qu’il existait déjà les détachements de mitrailleuses de la Garde n°1 et les détachements n°1 à 4).

Détachement de mitrailleuses n°5 : Ier corps d’armée, garnison de Lötzen, rattaché u IIIème bataillon du régiment d’infanterie n°7.

Détachement de mitrailleuses n°6 : Ier corps d’armée, garnison de Sensburg, rattaché au Ier bataillon du régiment d’infanterie n°146.

Détachement de mitrailleuses n°7 : IIIe corps d’armée, garnison de Lübben, rattaché au Bataillon de chasseurs n°3.

Détachement de mitrailleuses n°8 : VIe corps d’armée, garnison de Oels, rattaché au Bataillon de chasseurs n°6.

Détachement de mitrailleuses n°9, XIVe corps d’armée, garnison de Colmar, rattaché au Bataillon de chasseurs n°14.

Détachement de mitrailleuses n°10 : XIVe corps d’armée, garnison de Sélestat, rattaché au Bataillon de chasseurs n°8.

Détachement de mitrailleuses bavarois n°1, Ier corps d’armée bavarois, garnison d’Augsbourg, rattaché au IIIe bataillon du régiment d’infanterie n°3.

On voit que la répartition des détachements dans les corps d’armée est fort inégale ; au 1er octobre 1902 : trois détachements seront affectés au Ier corps d’armée ; deux à chacun des XIVe, XVe et à la Garde ; un détachement à chacun des IIIe, VIe, XVIIe et au Ier corps bavarois.

L’autorité allemande ne s’est pas contentée d’accroître le nombre des détachements de mitrailleuses, mais elle a encore augmenté leur effectif en officiers, sous-officiers, hommes et chevaux. A partir du 1er octobre les anciens et les nouveaux détachements comprendront chacun : 4 officiers (1 capitaine, 3 lieutenants en 1er ou lieutenants) ; 13 sous-officiers (1 Feldwebel, 1 Vize-Feldwebel, 2 sergents, 8 sous-officiers, dont 1 maréchal ferrant et 1 armurier, 1 trompette) ; 64 hommes (1 rengagé, 7 Gefreite, 54 Gemeine, dont 18 conducteurs, 1 ouvrier, 1 infirmier) ; 54 chevaux (18 chevaux de selle, 36 de trait). Le détachement bavarois fait seule exception à la règle et doit se constituer à l’effectif fixé en 1901 : 3 officiers, 9 sous-officiers, 58 hommes, 43 chevaux. Le matériel attelé comprend toujours 8 caissons à munitions, dont six ont l’arrière-train disposé pour recevoir une mitrailleuse.

Le crédit supplémentaire demandé pour la constitution du matériel de ces détachements s’élève à 1 952 000 francs. Ils seront constitués au moyen de sous-officiers et d’hommes (dans leur deuxième année de service) tirés de l’infanterie (ligne ou chasseurs), et des troupes montées de la région de corps de corps d’armée. En particulier l’artillerie de campagne fournira le Feldwebel, un sous-officier et les dix-huit conducteurs, un corps de troupe monté, le trompette et le maréchal ferrant. La création des nouveaux détachements sera d’autant plus facile qu’au dire de la presse allemande, ils existent déjà en grande partie et que le budget n’a fait que sanctionner un état de chose existant. Le recrutement des détachements de mitrailleuse se fait dans des conditions particulièrement favorables : les hommes non montés qui leur sont destinés sont d’abord versé comme recrues dans le bataillon auquel est rattaché le détachement, et y reçoivent l’instruction complète jusques et y compris l’école de compagnie ; les conducteurs leurs sont envoyés à l’automne par les régiments d’artillerie de campagne du corps d’armée ; les chevaux sont livrés par les corps de troupe montés ; ils doivent être parfaitement apte à l’emploi qui leur est réservé et avoir entre 7 et14 ans pour la constitution du détachement, entre 9 et 10 ans pour les remplacements ultérieurs.

Armement de l’infanterie.

Une somme de 231 250 francs est consacrée cette année à des expériences faites sur les armes portatives. Ce crédit figure comme troisième et dernière annuité d’une somme totale de 10 687 750 francs accordés à cet effet en 1900. Mais le projet de budget pour l’exercice 1902 fait remarquer que les essais ne sont pas terminés ; il est donc probable que de nouveaux crédits seront demandés l’année prochaine pour le même objet.

Cavalerie. Escadrons de chasseurs à cheval Saxon.

La Saxe a créé un deuxième escadron de chasseurs à cheval, qui sera affecté au XIXe corps ; son effectif comprendra : 5 officiers (1 capitaine, 1 lieutenant en 1er, 3 lieutenants) ; 18 sous-officiers (1 Wachtmeister, 1 Vize-Wachtmeister, 4 sergents, 9 sous-officiers, 1 trompette, 1 infirmier, 1 vétérinaire auxiliaire) ; 117 hommes (2 rengagés, 18 Gefreite, 96 cavaliers, 1 ouvrier) ; 132 chevaux de troupe. Cette création, qui aura lieu le 1er octobre 1902, est la dernière mesure d’application de la loi du 25 mars 1899, aussi bien pour la Saxe que pour les autres Etats allemands.

Jeunes chevaux des régiments de cavalerie.

Chaque régiment de cavalerie subissait, par raison d’économie, une diminution de quatre unités sur l’effectif budgétaire des jeunes chevaux. Cette mesure datait de 1847 ; depuis cette époque, la durée du service du cheval dans la cavalerie a été portée de 9 à 10 ans, et les exigences du service ont augmenté. Les régiments recevront désormais leur effectif au complet, ce qui nécessite pour la Prusse seule une augmentation de 377 chevaux.

Artillerie. Officiers détachés aux écoles de tir de l’artillerie.

Lors des augmentations d’effectifs de l’armée allemande en 1893, le nombre des lieutenants détachés à chacun des deux cours de l’école de tir avait été fixé à 80 ; il fut suffisant pendant plusieurs années en raison du grand nombre de vacances existant alors dans les places de lieutenant d’artillerie. En 1897-1898 ce chiffre fut porté provisoirement à 100, afin de ne pas retarder l’envoi à l’école de tir des jeunes officiers ; il sera désormais adopté d’une manière définitive, au mois comme maximum. D’après le budget, les différents cours comprennent : Pour les officiers de l’artillerie de campagne : deux cours de quatre mois et demi, comprenant chacun 23 capitaines, 41 lieutenants en 1er ; deux cours de quatre mois, pouvant comprendre chacun jusqu’à 100 lieutenants. Pour les officiers de l’artillerie à pied : deux cours de quatre mois, comprenant chacun 18 sous-officiers ; deux cours de trois mois et demi, comprenant chacun 9 capitaines, 15 lieutenants en 1er : un cours d’un mois pour environ 50 lieutenants sortant du cours inférieur de l’école mixte de l’artillerie et du génie. Il existe en outre des cours pour officiers généraux, officiers supérieurs et officiers de réserve.

Création de six compagnies d’artillerie à pied.

L’autorité militaire demandait la création de dix compagnies d’artillerie à pied en se basant sur les difficultés de service de cette arme en cas de guerre. L’autorité militaire demandait la création de dix compagnies d’artillerie à pied en se basant sur les difficultés de service de cette arme en cas de guerre.

« Les bataillons actuels, disait l’exposé des motifs, même en y comprenant les unités nouvelles qu’ils auraient à constituer à la mobilisation, ne sont pas suffisants pour constituer les formations destinées à l’offensive, pendant que dans les places frontières d’excellentes troupes (de ligne et de réserve) sont nécessaires pour organiser l’artillerie chargée de la défense de ces places. L’extension du système défensif du pays a entraîné la construction d’ouvrages qui manquent d’artillerie à pied pour leur défense ». La commission du budget du Reichstag a réduit à six le nombre de compagnies à créer en 1902, mais seulement par raison d’économie et sans méconnaître la nécessité d’une augmentation ultérieure. Un journal officieux annonçait d’ailleurs, au moment du dépôt du projet de budget, qu’il était de toute nécessité d’augmenter l’artillerie à pied, que les demandes de nouvelles unités en 1902 étaient seulement le prélude d’autres mesures plus importantes et qu’elles étaient limitées simplement par la nécessité de ne pas dépasser l’effectif légal avant la fin de la période d’application de la loi de 1899 (1er avril 1904) il faut donc s’attendre soit dans le prochain budget soit dans la loi militaire qui doit normalement remplacer celle de 1899.

L’ordre de cabinet du 20 avril de cette année a fixé ainsi qu’il suit la répartition des six nouvelles compagnies à créer au 1er octobre 1902 : deux compagnies tenant garnison à Fort-Boyen (Lötzen) constituen les 9e et 10e compagnies du régiment d’artillerie n°1 (Königsberg) et sont rattachés au 2e bataillon de ce régiment ; deux compagnies stationnées à Marienburg sont affectées, dans les mêmes conditions, au régiment n°11 (Thorn) ; deux compagnies stationnées à Thionville, au régiment n°8 (Metz) (La 6e compagnie du 8e régiment, actuellement à Thionville, rentrera à Metz à la même date). Comme ces compagnies sont séparées du gros de leurs régiments, chacun des trois groupes sera commandé par un officier supérieur remplissant les fonctions de commandant de bataillon.

Matériel de l’artillerie de campagne.

Le crédit demandé pour la constitution d’une réserve du matériel de campagne n’est que de 625 000 francs, beaucoup plus faible que celui encore une somme de 13 760 000 francs prévue pour cet emploi. Faut-il voir dans cette réduction un effet de revirement de l’opinion allemande en ce qui concerne ce matériel ? On ne saurait l’affirmer. L’autorité allemande se défend, d’ailleurs, de songer à le modifier, et le ministre de la Guerre bavarois, interrogé à ce sujet, a répondu à la Chambre bavaroise que « le canon français avait des avantages, mais n’était pas supérieur à la pièce allemande ». Le crédit consacré à la fabrication de matériel et de munitions pour les nouvelles formations de l’artillerie de campagne, est de 2 500 000 francs (4e annuité), inférieur de près de moitié au crédit de 1901 ; il est vrai qu’il ne reste plus que 3 725 000 francs à demander sur une dépense totale prévue de plus de 33 000 000 francs.

Matériel de l’artillerie à pied.

Depuis deux ans, la Prusse a consacré 24 375 000 francs au matériel de l’artillerie à pied ; une somme de 12 500 000 francs était demandée en 1902. Le budget ne donne aucune explication sur l’emploi de ces fonds. D’après la presse, cette demande a provoqué une vive discussion devant la commission du budget. Le ministre de la Guerre aurait déclaré qu’il avait besoin de ce crédit « pour la transformation du matériel de l’artillerie à pied, aussi indispensable pour elle que pour l’artillerie de campagne » ; la commission et le Reichstag ont cependant réduit le crédit à 10 000 000 de francs.

Cités ouvrières.

Dans certaines localités qui possèdent des établissements de l’artillerie, l’autorité militaire prévoit, la construction de maisons d’habitation pour les familles des ouvriers de ces établissements (500 logements à Spandau, 100 à Lippstadt, etc.)

Génie et fortifications. Création d’une inspection des ingénieurs et d’une inspection des fortifications.

Les directions du génie étaient, jusqu’ici, réparties entre sept inspections des fortifications, relevant elles-mêmes de trois inspections des ingénieurs. Le développement toujours croissant des fortifications et la nécessité d’assurer des fortifications et la nécessité d’assurer, en cas de guerre, la mise au complet du personnel nécessaire aux places fortes exige, d’après le budget de 1902, la création d’une 4ème inspection des ingénieurs et d’une 8ème des fortifications. La nouvelle organisation est entrée en vigueur au 1er avril 1902 : la 4ème inspection des ingénieurs, dont le siège est à Metz, a sous sa dépendance les 6e et 7e inspections des fortifications (Metz et Cologne), enlevées à la 3e inspection des ingénieurs (Strasbourg). Celle-ci conserve la 5e inspection des fortifications (Strasbourg) et reçoit la 8e, de nouvelle création, dont le siège est provisoirement fixé à Fribourg.

Création d’une troisième section au comité du génie.

Le comité du génie comprenait jusqu’ici deux sections s’occupant respectivement des questions concernant les pionniers ou les forteresses. Une troisième section, dite électrotechnique, est créée depuis le 1er avril ; elle sera chargée d’étudier les questions d’électricité dans leurs applications aux places fortes (sauf en ce qui concerne la télégraphie sans fil et l’aérostation) et d’examiner les projets présentés à ce sujet. Mais l’officier supérieur placé à la tête de cette nouvelle section, n’aura pas simplement un rôle d’étude : il aura, de plus, la direction du service télégraphique dans les places fortes, du télégraphe militaire de Berlin et du service des pigeons voyageurs, qui sont enlevés à l’inspection des troupes de télégraphie (et, par suite, à l’inspecteur des troupes de communications). Le chef de la section électrotechnique aura, vis-à-vis du personnel de ces services, les droits d’un chef de corps ; il correspondra directement, pour les questions de service courant, avec les commandants de corps d’armée, gouverneurs et commandants de place, ainsi qu’avec le ministère de la guerre (Département général) et l’inspection des troupes de communication.

Sources : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°897, d’août 1902, pages 65-77.

 

Dimanche 11 mai 1902

 

Allemagne, Alsace-Lorraine, politique : abolition du paragraphe de dictature.

Le 11 mai 1902 l’empereur Guillaume II annonce pour l’Alsace-Lorraine l’abolition du paragraphe 10 de la dictature lors d’une déclaration faite au château du Haut-Königsbourg.

Source : S419

 

Mardi 14 mai 1902

 

Allemagne, armée : les officiers d’établissements techniques.

D’après un ordre de cabinet, en date du 14 mai 1902, les officiers employés dans les établissements techniques de l’infanterie et de l’artillerie doivent former un corps spécial. Ils porteront tous l’uniforme de l’infanterie, avec parements de la manche dit suédois, épaulettes avec dessus bleu et passepoils des pattes d’épaules également bleus. Celles-ci porteront deux fusils en croix pour les officiers des établissements de l’infanterie, deux canons en croix pour ceux de l’artillerie. Les officiers des établissements techniques dépendent de la Direction générale du matériel (créé en 1899), par l’intermédiaire de leurs inspecteurs respectifs. Les officiers d’infanterie assurent le service dans les trois manufactures d’armes de Spandau, Danzig, Erfurt, et la fabrique de munitions de Spandau ; ceux de l’artillerie (de campagne ou à pied), au bureau de construction de l’artillerie de Spandau, dans les quatre ateliers de construction de Spandau, Deutz, Strasbourg, Dantzig, à la fonderie de canons de Spandau, à la fabrique de projectiles de Siegburg, aux laboratoires de pyrotechnie de Spandau et de Siegburg, et enfin dans les poudreries de Spandau et de Hanau.

Source : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°898, de septembre 1902, p 187.

 

Dimanche 7 juillet 1902

 

Allemagne, armée : modification aux tarifs de l’indemnité de logement.

La revue militaire des armées étrangères nous a livré cet artice : Une loi du 7 juillet 1902, avec effet rétroactif à dater du 1er avril 1902, vient de supprimer la classe V de l’indemnité de logement (Servis et Wohnungsgeld-Zuschus) et de décider que les localités comprises dans cette classe seront rangées dans la classe IV. Il en résulte une légère modification dans le décompte du traitement attribué aux officiers des divers grades et par conséquent dans le décompte des pensions militaires. En effet, le montant de la pension de retraite se calcule, comme chacun sait, en prenant pour base la solde proprement dite (Gehalt) de l’officier, augmentée de la moyenne des indemnités attribuées à chaque grade et dont l’ensemble constitue le traitement de l’officier. Pour le décompte des pensions militaires, on fera donc intervenir désormais la moyenne des indemnités attribuées aux quatre classes, au lieu de déduire, comme précédemment, cette moyenne de l’ensemble des cinq classes.

Par la suite, le tableau inséré dans la revue du 2e semestre 1897 page 259 est a modifier comme il suit :

Général commandant le corps d’armée : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 27 488 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 6 872 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 458 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 20 616 francs.

Général-lieutenant commandant une division : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 19 319 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 4 830 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 322 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 14 490 francs.

Général-Major commandant une brigade : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 15 010 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 3 752 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 250 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 11 257 francs.

Officier supérieur commandant de régiment : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 11 693 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 2 924 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 195 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 8 770 francs.

Officier supérieur : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 8 767 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 2 192 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 146 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 6 575 francs.

Capitaine de 1ère classe : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 6 704 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 1 176 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 111 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 5 028 francs.

Capitaine de 2e classe : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 5 204 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 1 301 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 86 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 3 904 francs.

Premier Lieutenant : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 3 188 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 798 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 52 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 2 392 francs.

Second Lieutenant : Traitement sur lequel est calculé le montant de la pension : 2 438 francs ; Minium acquis à 10 ans de service (15/60 du traitement : 610 francs ; Valeur de l’accroissement annuel : 40 francs ; Maximum acquis à 40 ans de service (45/60 du traitement) : 1 850 francs.

Une révision, fixant une nouvelle répartition des localités dans les quatre classes, doit avoir lieu prochainement et, en tout cas, recevoir son application au plus tard à la date du 1er avril 1904.

Source : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°898, de septembre 1902, p 187-188.

 

Vendredi 9 août 1902

 

Allemagne, royaume de Bavière, armée : l’uniforme des officiers généraux en Bavière.

La revue militaire des armées étrangères nous a livré l’information suivante : Par décision du Prince régent, en date du 9 août, la coiffure des officiers généraux de l’armée bavaroise est modifiée comme il suit : Les généraux porteront dorénavant, au lieu du chapeau à aigrette en plumes de coq, le casque 86 avec blason, garnitures et jugulaire argentés. En tenue de gala, de cour et de parade, le casque sera orné d’un plumet blanc et bleu. Exception est faite pour les adjudants généraux et généraux à la suite du Roi, dont la coiffure fera l’objet de prescriptions ultérieures. Les généraux chefs honoraires d’un régiment ou à la suite du corps porteront le casque du régiment avec l’aigrette de l’état-major général (en plumes de héron pour les régiments de uhlans). Les généraux à la disposition et généraux à la retraite conserveront l’ancien chapeau. Les médecins ayant rang de général porteront, en tenue de gala, de cour et de parade, l’aigrette de général sur leur casque spécial.

Source : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°901, de décembre 1902, p. 433.

 

Septembre 1902

 

Allemagne, armée : le budget de l’empire allemand pour 1902.

La revue militaire des armées étrangères a publié cet article relatif au budget de la guerre de l’empire allemand pour l’année 1902.

Création d’un commandement des pionniers saxons.

Les deux bataillons de pionniers saxons sont, depuis le 1er avril 1902, placés sous les ordres d’un officier supérieur portant le titre de commandant de régiment ; pour les questions de permission et de discipline, il possède les pouvoirs d’un général de brigade. Le commandant des pionniers est chargé d’assurer l’instruction militaire et technique des bataillons (au même titre qu’un inspecteur des pionniers en Prusse) ; il a, vis-à-vis de la forteresse saxonne de Königstein, les attributions d’un inspecteur des fortifications. De plus, les bataillons de pionniers qui dépendaient en partie des brigades d’infanterie relèveront désormais directement des commandants de corps d’armée auxquels ils sont affectés ; leurs chefs auront les droits et les devoirs de commandants de bataillons formant corps. En particulier, ils seront responsables, au même titre que les colonels commandants des régiments, du bon recrutement de leurs officiers et de l’instruction de leurs bataillons.

Corps des officiers de construction des fortifications (Festungs-bau-offizierkorps).

L’exécution des travaux de fortifications était confiée jusqu’ici, sous la direction militaire portant le titre de directeurs ou sous-directeurs des travaux (Bauwarte), qui provenaient d’anciens sous-officiers ayant passé par une école spéciale. Ce personnel d’employés sera remplacé, à partir du 1er octobre 1902, par un corps d’officier subalternes dont le recrutement se fera parmi les sous-officiers d’une façon analogue à celui des officiers artificiers et des officiers des arsenaux dans le service de l’artillerie. Nous résumons ci-après le budget de 1902, l’exposé des motifs qui ont amené cette transformation : « La nécessité de décharger les officiers du génie de la surveillance dans l’exécution des constructions d’ordre secondaire et des détails du service de l’administration, afin de les mettre à même de s’adonner plus complètement à l’étude et à la préparation de la tâche qui leur incombe personnellement en vue de la guerre, a conduit en 1890 – 91 à la création du personnel de construction des fortifications…. Le but poursuivi fut à la vérité partiellement atteinte, mais les exigences auxquelles doivent faire face les officiers du génie se sont tellement accrues avec le caractère des fortifications modernes et leur importance dans la conduite de la guerre, qu’il est actuellement nécessaire de les décharger encore davantage de préoccupations de service qui n’ont aucun rapport direct avec leur besogne du temps de guerre. Les officiers du génie ne devront s’occuper à l’avenir que de l’étude des projets de fortification et de la haute direction de leur exécution : la surveillance des travaux étant encore confiée davantage au personnel de construction des fortifications ; l’activité principale des officiers du génie se manifestera ainsi dans le grade de capitaine et les grades supérieurs, tandis que les lieutenants ne seront employés que dans la mesure nécessaire pour assurer leur instruction personnelle. …

Pour faire ainsi passer entre les mains du personnel de construction des fortifications la plus grande partie des attributions qui incombaient aux officiers du génie du grade de lieutenant, il est nécessaire de donner à ce personnel une organisation plus forte et de le transformer en un corps d’officiers en mesure de répondre aux exigences qui peuvent surgir des circonstances si diverses d’une campagne de guerre ». Après l’accomplissement de la création projetée, le personnel doit comprendre 194 titulaires (Bavière non comprise), savoir : 82 capitaines ; 112 lieutenants en 1er ou lieutenants. Comme les directeurs de travaux actuels sont au nombre de 134, il y aura une augmentation de 60 unités dans le personnel de construction des fortifications, mais qui serait plus que compensé par la suppression de 80 places de lieutenants de pionniers. La transition se fera en quatre années ; en 1902, 20 lieutenants de pionniers disparaîtront pour faire place à 15 lieutenants de construction des fortifications. Ceux-ci seront pris parmi les conducteurs de travaux (Wallmeister) ou les directeurs de travaux dont la solde est inférieure à 2 700 francs, sur la proposition de l’Inspection générale du corps des ingénieurs et pionniers et des forteresses. Afin de ménager les droits acquis, les employés actuels continueront à fonctionner à côté des nouveaux officiers et leur disparition se fera progressivement par extinction des emplois.

Les officiers de construction sont soumis aux mêmes obligations que les autre officiers ; en cas de service commun avec les officiers du génie, ceux-ci ont, à grade égal, autorité sur les officiers de construction quelle que soit leur ancienneté ; un lieutenant du génie a même dans ce cas, le pas sur un lieutenant en 1er de construction ; leur uniforme est sensiblement le même que celui des officiers ingénieurs, mais la tunique ne comporte pas de broderies ; les épaulettes et pattes d’épaule portent les trois lettres entrelacées : F B O.

Places fortes.

L’autorité militaire demandait un crédit de 24 660 000 francs pour la construction, l’armement et la mise en état du système défensif de l’Allemagne. Cette somme devait comprendre les diverses annuités des crédits accordés les années précédentes sous d’autres rubriques (grandes places, places de moindre importance, etc…). La commission du budget a jugé que la réunion des divers fonds affectés aux fortifications manquait de clarté ; en même temps qu’elle réduisait les crédits, elle les répartissait en trois paragraphes ainsi définis :

a) Complément d’organisation des grandes places, dernière annuité de 11 925 000 francs.

Le total des dépenses effectuées sous ce titre depuis 1893 s’élèvera ainsi à 11 925 000 francs.

b) Transformation et renforcement des moyens de défense dans les places de moindre importance, 13ème annuité : 5 910 000 francs.

Les dépenses effectuées s’élèveront, depuis 1888, à 22 260 000 francs.

c) Fortifications du Haut-Rhin, 1 875 000 francs.

Quoique ce crédit soit manifestement insuffisant, il n’a pas été indiqué comme « première annuité ». Il s’agit des fortifications élevées au Nord de Bâle ; les explications données par le ministre de la Guerre à la Commission du budget étaient confidentielles. La presse a simplement fait connaître que le Ministre de la guerre avait déclaré que « l’autorité militaire prenait en sérieuse considération les susceptibilités de la Suisse, dont elle désirait observer et renforcer la neutralité ». D’autres crédits moins importants ont été accordés : pour Ulm, 1 000 000 de francs ; pour Danzig, 37 500 francs ; pour Königsberg, 125 000 francs.

Troupes de communication. Affectation d’enseignes aux bataillons de télégraphie.

Les officiers des bataillons de télégraphie provenaient jusqu’ici des autres armes (en grande majorité du génie) ; pour assurer, au moins en partie, le recrutement de ces officiers au moyen des éléments instruits dans les bataillons mêmes de télégraphie, il est affecté 9 places d’enseignes aux bataillons de télégraphie (dont 8 en Prusse et 1 en Saxe, soit 1 par compagnie.

Officiers détachés au bataillon d’aérostiers.

Le bataillon d’aérostiers ne sert pas seulement de noyau aux sections d’aérostiers de campagne à former en cas de mobilisation, il constitue également un centre d’instruction pour les officiers qui auront à assurer le service de l’aérostation dans les places fortes, les états-majors, etc. L’augmentation du nombre de ces officiers nécessaire pour le cas de guerre a fait porter de 10 à 15 le chiffre des lieutenants des diverses armes, détachés au bataillon d’aérostiers ; pour la même raison, un troisième capitaine instructeur est affecté à ce bataillon.

Chemin de fer militaire.

Des travaux d’amélioration sont prévus pour le chemin de fer militaire ; ils entraînent une dépense de 865 275 francs, dont 229 780 sont demandés pour l’exercice 1902. Les travaux comprendront :

a) Le renouvellement de la superstructure (à raison de 2 kilomètres par an) ;

b) La construction de bâtiments notamment de hangars aux marchandises ;

c) L’amélioration des gares (signaux, grues, etc.) ;

d) L’augmentation du matériel roulant (2 locomotives, 4 wagons de voyageurs).

Matériel de chemin de fer de campagne.

L’autorité militaire demandait 1 250 000 francs pour la création du matériel de chemin de fer de campagne ; cette somme a été réduite à 675 000 francs par la Commission du budget, elle constituait d’ailleurs la sixième annuité d’une dépense totale évaluée à 8 503 875 francs. En 1898-99, une somme de 1 000 000 francs avait été consacrée à des expériences pour déterminer le meilleur matériel de ponts de chemin de fer de campagne. Les essais ont conduit à adopter les ponts dits de Lübbecke (Lübberckschen Brücke) ; la somme nécessaire pour la création de ce matériel et des câbles destinés à son emploi est évaluée à 5 000 000 francs, dont 675 000 francs à dépenser en 1902.

Train. Essais d’automobiles.

Un crédit de 375 000 francs est accordé pour continuer les expériences faites depuis quelques années sur les automobiles, notamment pour le transport de poids lourds au moyen de voitures avec moteurs à vapeur et de trains à locomobiles. D’après les « Jahrbücher für die Deutsche Armee und Marine » (mars 1902), l’autorité militaire serait dès maintenant fixé en ce qui concerne les voitures pour le transport du personnel ; les expériences faites pour le transport des poids lourds par des voitures à vapeur, dans le genre des trains Scott, n’ont pas donné de résultats satisfaisants ; elles vont se poursuivre avec des moteurs à benzine et à alcool. Le ministère de la guerre et celui de l’agriculture viennent, en effet, d’instituer un concours de tracteurs avec moteurs à alcool pour les besoins de l’armée. Le journal officiel (Reichsanzeiger) du 26 mars 1902 a donné en grands détails les conditions du concours qui comportera : un premier prix de 12 500 francs, un deuxième prix de 6 250 francs, et un troisième prix de 3 125 francs.

Augmentation d’effectif du 1er bataillon du train bavarois.

A partir du 1er octobre 1902, le 1er bataillon du train bavarois sera augmenté de 9 hommes (dont 2 sous-officiers) et 14 chevaux pour le service de la compagnie de télégraphie et de la section d’aérostiers bavarois.

Ecoles et camps d’instruction. Haute école technique militaire.

L’autorité militaire demandait la création d’une école destinée à donner aux officiers de toutes armes, particulièrement à ceux des troupes de communications, des établissements de l’artillerie et du génie, les connaissances techniques ayant de l’importance au point de vue militaire. L’exposé des motifs citait entre autres la vapeur, l’électricité, la mécanique, les constructions ainsi que les routes, ponts, moyens de communication et transport, machines, manufactures. L’école devait ouvrir le 1er octobre 1902, à Charlottenburg dans les locaux de l’Ecole mixte de l’artillerie et du génie ; elle devait recevoir 100 élèves pour une première année d’études, 50 d’entre eux suivraient une deuxième et une troisième année de cours. La presse allemande et la Commission du budget elles même n’ont pas paru se faire une idée bien nette du but poursuivi par la création de cette école, ni du personnel destiné à recevoir un enseignement aussi vaste : la commission raya le crédit. Devant le Reichstag, le rapporteur fit valoir des raisons d’économie et trouva la question insuffisamment mûrie ; un député fit remarquer qu’il ne manquait pas d’écoles techniques civiles, dont les officiers pouvaient utilement suivre les cours, d’après les errements suivis jusqu’à ce jour. Finalement le Reichstag se rangea à l’avis de sa commission et repoussa sa demande de crédit.

Emploi des bicyclettes dans les écoles de guerre.

L’autorité militaire demande l’affectation de bicyclettes aux écoles de guerre comme moyens de transport des élèves pendant les exercices extérieurs. L’exposé des motifs fait ressortir que l’instruction théorique dans les écoles ne peut être suffisamment complétée par des exercices pratiques en raison du temps pris par la longueur des marches à pied. Les chevaux tirés des régiments de cavalerie et affectés aux écoles de guerre sont en nombre insuffisant et sont presque exclusivement employés à donner aux enseignes des troupes à pied les éléments d’équitation. Les bicyclettes pourront suppléer à ces inconvénients. Les besoins prévus sont de 300 bicyclettes pour les 10 écoles de guerre ; le coût d’une bicyclette étant évalué à 269 francs, la dépense prévue est de 80 700 francs, dont 16 140 francs seulement en 1902 (pour 60 bicyclettes).

Camps d’instruction.

Le camp d’instruction de Bitche (XVe corps) sera utilisable en 1902 ; son commandement a été organisé le 1er avril et confié, par raison d’économie, au commandant de la place de Bitche. Le montant des dépenses inscrites au budget de 1902, pour les camps d’instruction, s’élève à 4 895 000 francs, contre 9 100 000 francs environ de 1901, sans y comprendre la Bavière. Le détail est le suivant :

Deuxième annuité de 458 750 francs pour l’agrandissement du camp d’instruction d’Arys (Ier corps) ; Sixième annuité de 312 500 francs, pour l’achat de terrains et aménagement du camp d’instruction du Ve corps ; Troisième annuité de 1 250 000 francs, pour l’achat de terrains ; tracés de routes et aménagement du camp d’instruction du VIe corps ; Deuxième annuité de 112 500 francs, pour la construction de baraquements et de canalisations d’eau au camp d’instruction de Senne (VIIe corps). Deuxième annuité de 356 250 francs, pour baraquements ay camp de Münsingen (XIIIe corps) ; Quatrième annuité de 1 980 000 francs, pour l’achat de terrains, baraquements et aménagement du camp de Haguenau (XVe corps) ; Première annuité de 18 750 francs, pour les études préliminaires à la construction d’un camp d’instruction pour le XVIIIe corps ; Troisième annuité de 37 500 francs, pour les études préliminaires à la construction d’un camp d’instruction pour le XVIIIe corps ; Troisième annuité de 37 500 francs, pour les études préliminaires à la construction d’un camp pour le XIXe corps ; Septième annuité de 125 000 francs, pour l’aménagement spécial des camps d’instruction pour les divisions de cavalerie ; Troisième annuité de 243 750 francs, pour l’agrandissement des baraquements des camps de Munster, Senne, Arys, Darmstadt, Hammerstein et Lamsdorf.

A ces crédits, il convient d’ajouter :

1° Les sommes consacrées par la Bavière à ses camps d’instruction, environ 125 000 francs ;

2e Les dépenses faites par la Prusse pour les deux polygones de l’artillerie à pied, savoir : 95 000 francs pour le drainage et l’éclairage à l’électricité des baraquements du polygone de Wahn, et 444 000 francs pour des baraquements et la construction d’un chemin de fer de campagne au polygone de Thorn.

Service de santé. Hôpitaux et maisons de convalescence.

Les sommes consacrées par l’Allemagne, non compris la Bavière, à la construction ou l’agrandissement des hôpitaux de garnison s’élèvent à 2 842 425 francs contre 3 millions en 1901. Une maison de convalescence pour la Garde est installée à Biesenthal ; celle de Glasewaldsruhe (près de Dresde) est agrandie de façon à recevoir 30 lits au lieu de 24. Enfin la ville de Sulzburg (Bade) est disposée à construire, pour le XIVe corps, moyennant un loyer annuel de 13 125 francs, un établissement de convalescence qui fonctionnerait à partir du 1er avril 1904.

Subsistances, habillement, casernements. Construction et agrandissement de magasins.

Les dépenses pour la Prusse, la Saxe et le Wurtemberg s’élèvent à 1 909 000 francs contre près de 3 millions en 1901 et 3 500 000 francs en 1900 ; elles ne portent que sur des magasins déjà en cours de construction.

Organisation des magasins et ateliers d’habillement.

L’organisation des magasins et ateliers d’habillement a passé par deux phases successives. Tout d’abord on chercha à accroître leur production et à les charger de tout le travail fait autrefois, soit dans les corps, soit à l’extérieur, en augmentant leur effectif au moyen de prélèvements sur les corps de troupe. Les essais commencés en 1899 dans la Garde, continués en 1900 dans le VIe corps, en 1901 dans le VIIe, se poursuivent encore cette année dans le XVe corps, dont le magasin reçoit environ 170 hommes pris parmi les ouvriers affectés réglementairement aux corps de troupe. Une nouvelle expérience fut tentée en 1901 : elle avait pour but de remplacer les ouvriers militaires par la main-d’œuvre dans les magasins et ateliers d’habillement, et de rendre ainsi au service de l’armée des hommes employés dans ces établissements. L’essai fait au VIe corps devait être complété en 1902 dans ce corps d’armée et dans la Garde, et se poursuivre les années suivantes dans le VIIe et XVe corps ; mais le remplacement des ouvriers militaires par des civils coûte fort cher et la Commission du budget, tout en approuvant la voie suivie par l’autorité militaire, n’accorda qu’une partie des crédits demandés. En réalité, le remplacement a eu lieu pour 237 ouvriers du VIe corps le 1er avril et se fera pour centaine d’ouvriers de la Garde au 1er octobre. Il est intéressant de remarquer que les gains ainsi réalisés dans l’effectif des hommes de troupe ont permis de pourvoir en partie à certaines des augmentions prévues au budget (détachements de mitrailleuses, compagnie d’artillerie à pied). Les dépenses pour constructions et améliorations des magasins et ateliers d’habillement ne montent qu’à 625 000 francs contre 2 400 000 francs en 1901.

Constructions, améliorations agrandissements des bâtiments militaires.

Les crédits affectés à cet objet sont, en chiffres ronds, de 14 786 000 francs en Prusse, 5 855 000 pour l’Alsace-Lorraine, 6 526 000 en Saxe, 706 000 en Wurtemberg ; soit 24 873 000 francs au total, Bavière non comprise. La plus grande partie de cette somme, 16 millions environ, est consacrée au casernement proprement dit ; le reste à divers bâtiments militaires, tels que : hangars au matériel, maisons d’arrêt, hôtels et bureaux pour les états-majors, casinos d’officiers, églises de garnison, etc… Ce crédit est beaucoup plus faible que celui accordé pour le même objet les années précédentes ; cela tient en grande partie à ce que les constructions de casernes commencées en 1899 et 1900, lors du renforcement de l’armée allemande, sont actuellement sur point d’être terminées. D’une manière générale, on peut remarquer que la plupart des sommes consacrées aux constructions de bâtiments militaires, créations et aménagements des camps d’instruction, etc., sont très sensiblement inférieurs aux crédits des années précédentes. Le budget extraordinaire, sur lequel ces sommes sont prélevées, a dû en effet subir cette année une réduction très forte, en raison de la situation financière de l’empire. L’analyse rapide que nous venons de faire des principales dispositions du budget de la guerre pour l’exercice 1902, montre la préoccupation de l’autorité allemande d’accroître sans cesse la puissance de son armée :

1° En créant, par voie budgétaire, des unités nouvelles non prévues par les lois militaires (détachements de mitrailleuses, compagnies d’artillerie à pied) ;

2° En déchargeant les éléments combattants de tous les services qui ne rentreraient pas dans leurs occupations du temps de guerre (création d’un personnel spécial pour la construction des fortifications, remplacement des ouvriers militaires par la main d’œuvre civile dans les ateliers d’habillement).

Les accroissements d’effectifs sont maintenant arrêtés jusqu’en 1904, puisque le nombre des hommes de troupe fixé par la loi du 25 mars 1899 à 495 500, a été atteint ; l’autorité militaire peut encore, il est vrai, user de la faculté que lui laisse le Reichstag, lors de la discussion de la loi et demander un supplément de 7 000 hommes, si cette augmentation d’effectifs lui paraît nécessitée par des besoins impérieux.

Source : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°898, de septembre 1902, pages 153-166.

 

Allemagne, armée : les sociétés de vétérans en Allemagne.

La revue militaire des armées étrangères a publié cet article : A diverses reprises, la Revue a signalé l’importance des sociétés de vétérans (Krieger-Vereine), le rôle joué par ces associations au double point de vue militaire et social, ainsi que les encouragements qui leurs sont prodigués par le gouvernement impérial afin de développer, dans la société civile, l’esprit et les traditions de l’armée. Cette institution s’est progressivement développée depuis 1871 et a reçu récemment son organisation définitive. D’abord séparées et indépendantes les unes des autres à leur origine, les diverses sociétés de vétérans se sont groupées peu à peu par cercle, puis par district et par province ; les groupements d’un même état se sont ensuite réunis en une Fédération nationale (Landes-Verband). Enfin, après de longs efforts, le gouvernement impérial a obtenu la création d’une Fédération générale nationale de toutes les sociétés de vétérans de l’empire (Deutscher-Kriegerbund) qui a englobé peu à peu les groupements des états confédérés. C’est ainsi qu’en 1900 il ne restait plus en dehors de la Fédération générale que quelques sociétés isolées, notamment celles de la principauté de Reuss (branche aînée), qui ont voulu conserver leur indépendance. Le Deutscher Kriegerbund comprend actuellement 26 Fédérations d’états (Landes-Verbände). Il est dirigé par un comité central comprenant six membres pour la Prusse, trois pour la Bavière, trois pour la Saxe, deux pour le Wurtemberg, deux pour Bade, et un pour chacune des autres Fédérations d’état. Ce comité siège au lieu où se trouve le monument élevé par ses soins à la gloire de l’empereur Guillaume Ier, sur la montagne de Knyffäuser (d’où son nom de Knyffäuser-Ausschuss). Le nombre total de sociétés de vétérans est de 22 972, comprenant 1 940 000 membres, savoir :

Prusse : 12 453 sociétés formant 823 groupes de cercle.

Bavière : 2 805 sociétés formant 155 groupes de cercle.

Saxe : 1 524 sociétés formant 26 groupes de cercle.

Wurtemberg : 1 545 sociétés formant 65 groupes de cercle.

Bade : 802 sociétés formant 38 groupes de cercle.

Autres états : 2 525 sociétés.

L’action de ces sociétés est à la fois humanitaire et sociale. D’abord elles ont constitué des fonds de secours dont les revenus servent à venir en aide aux vétérans dans le besoin ; elles entretiennent trois orphelinats, deux protestants à Römhild (Saxe-Meiningen) et à Osnabrück, un catholique à Kanth (Silésie) ; elles publient un journal spécial, la Parole et un Annuaire ; elles ont organisé un institut d’escrime (Kriegerfechtanstalt), une caisse d’assurance en cas de décès (Sterbe-kasse), enfin une loterie annuelle. Au point de vue militaire, c’est parmi les membres des Krieger-Vereine que se recrutent les Sanitäts-Kolonnen, destinées, en temps de paix, à assurer le transport des malades et des blessés, à organiser des secours à l’occasion d’incendies, des accidents de chemins de fer, des inondations, des épidémies, et surtout, en temps de guerre, à renforcer les formations sanitaires de l’armée. Mais la fonction essentielle des Krieger-Vereine, celle qui leur vaut la sollicitude particulière du gouvernement, est surtout d’ordre social. Maintenir entre leurs membres le lien de la camaraderie militaire, entretenir en eux le souvenir du temps où ils avaient l’honneur d’être soldats, où ils ont appris qu’un étroit attachement au Souverain et à la patrie est la première des vertus, les préserver de l’influence que pourrait exercer sur eux, dans la vie civile, le contact d’éléments hostiles et le spectacle de certaines agitations, voilà le but spécial de ces associations militaires. Ce résultat est obtenu d’autant plus efficacement que les Krieger-Vereine se recrutant dans toutes les classes de la société, les propriétaires fonciers, les industriels, les chefs d’usine tenant à l’honneur d’en faire partie au même titre que les paysans et les ouvriers. Grâce à son organisation centralisée, le Krieger-Bund est devenu une image de la constitution politique du pays et forme, pour ainsi dire, un organe d’Etat. Mais cette situation prépondérante de la Fédération risque précisément de nuire à la vitalité des sociétés primitives. Déjà on accuse le Krieger-Bund de jouer un rôle politique et de plus être qu’une dépendance de l’administration. Quelques membres s’en détachent pour conserver leur liberté, et vont former des sociétés locales indépendantes (sociétés d’anciens artilleurs, d’anciens cavaliers, etc.), qui tendent à réveiller l’esprit de particularisme au lieu de fortifier l’esprit d’union qui régnait jusqu’à ce jour dans les Krieger-Vereine. L’avenir montrera si la centralisation complète des sociétés de vétérans, récemment réalisée, aura été utile à ces institutions.

Source : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°898, de septembre 1902, p. 185-187.

 

Octobre 1902

 

Allemagne, Strasbourg place forte & garnison : répartition des unités de la garnison dans les casernes et les ouvrages de fortification.

L’annuaire de la garnison de Strasbourg d’automne 1902 à priori en octobre 1902, nous donne la répartition suivante :

General-Kommando des 15. Armee-Korps (état-major du 15e corps d’armée)

Bureaux - Geschäftsräume : Brandgasse 11, 2. u. 3. Stock.

Tribunal - Gerichtslocal : Alte Post, Schlossplatz 5.

Intendance du corps d’armée - Corps-Intendantur : Kleberstaden 12.

Service de santé du corps d’armée- Sanitätsamt : Nicolausring 1, Hinterhaus.

Général commandant - General der Infanterie und komandierender General : Herwarth von Bittenfeld, Excellenz, Brandgasse 13.

Colonel chef d’état-major du corps d’armée, Oberst und Chef des Generalstabes : von Bagenski.

Gouvernement – Gouverneur militaire

Bureaux - Geschäftsräume : Blauwolkengasse 25.

Tribunal - Gerichtszimmer : Altes Postgebäude, Schlossplatz 5, II. Stock.

Gouverneur militaire de Strasbourg - General der Kavallerie und Gouverneur : v. Sick, Excellenz, Blauenwolkengasse 25.

Königlich Sächsiches 6. Infanterie-Regiment Nr. 105, König Wilhelm II von Württemberg

1., 2. und 2. Compagnie : Grosse Schleusen-Kaserne.

3. Compagnie : Margarethen-Kaserne.

5., 6., 7. 10. u. 11. Compagnie : Manteuffel-Kaserne I.

8. Compagnie : Kavalier 14.

9. Compagnie :

9., u. 10. Compagnie : Fort Veste Kronprinz.

8. Württembergisches Infanterie-Regiment Nr. 126 Grossherzog Friedrich von Baden

III. Bataillon : Bau II der Margarethenkaserne.

II. Bataillon : Bau III der Margarethenkaserne.

1. und 2. Compagnie : Fort Fürst Bismarck.

3. und 4. Compagnie : Bau I der Margarethenkaserne.

1. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Regiment Nr. 132

1. und 2. Compagnie : Kaiser Wilhelmkaserne.

4. Compagnie : Fort Moltke.

3. Compagnie : Fort Roon.

II. Bataillon : Kaiser Wilhelmkaserne.

III. Bataillon : Kaiser Wilhelmkaserne.

3. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 138

III. Bataillon : Mantteuffelkaserne, Gebäude 2.

II. Bataillon : Mantteuffelkaserne, Gebäude 3.

1. und 4. Compagnie : Kavalier 8-11.

2. Compagnie : Fort Werder, résident au fort le sous-lieutenant Wolff.

3. Compagnie : Fort Tann.

4. Unter-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 143.

I. Bataillon : Kaiser Friedrich-Kaserne.

II. Bataillon : Esplanaden-Baracke.

III. Bataillon : Mutzig.

3. Ober-Elsässisches Infanterie-Regiment Nr. 172

I. Bataillon : Illthorkaserne.

8 Compagnie : Fort Sachsen.

5., 6. und 7. Compagnie : Nikolauskaserne.

Husaren-Regiment Nr. 9

Nikolaus-Kaserne.

Eskadron Jäger zu Pferd (escadron de chasseurs à cheval)

Städtische Einquartierungs-Baracke I.

Feld-Artillerie-Regiment Nr. 15 (artillerie de campagne)

I. Abtheilung : Artillerie-Kaserne.

Feld-Artillerie-Regiment Nr. 51 (artillerie de campagne)

Artillerie-Kaserne.

Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 10 (artillerie de siège et de forteresse)

I. Bataillon : Kaserne von Decker.

7. u. 8. Compagnie : Kavalierkaserne 15 und 16.

5. u. 6. Compagnie : Fort Grossherzog von Baden.

Fuss-Artillerie-Regiment Nr. 14 (artillerie de siège et de forteresse)

I. Bataillon : Baracke (Schirmeckerthor).

II. Bataillon : Werder-Kaserne.

Pionier-Bataillon Nr. 14 (bataillon du génie)

Kehl, Grossherzog Friedrich-Kaserne.

Pionier-Bataillon Nr. 15 (bataillon du génie)

Pionier-Kaserne.

Pionier-Bataillon Nr. 19 (bataillon du génie)

Kaserne von Mertens.

Train-Bataillon Nr. 15

Train-Kaserne.

Bespannungs-Abtheilung (Détachement d’attelages de l’artillerie de siège et de forteresse)

Städtische Einquartierungs-Baracke I.

Handwerker-Abtheilung (Détachement d’ouvriers)

Kavalierkaserne 12.

Bezirks-Kommando (Commandement du district de recrutement)

Giesshausgasse (ancienne Fonderie)

Source : S0670 : Taschenbuch für die Garnison Strassburg i. E. Herbst-Ausgabe 1902, p. 49-50.

 

Allemagne, Strasbourg place forte : évocation du Fort Baden dans le règlement de garnison de 1902.

Le règlement de garnison de 1902 évoque le Fort Grossherzog von Baden dans plusieurs rubriques. Les dispositions préconisées par ce règlement sont les suivantes :

Garde

Composition de la garde du fort Baden qui est relevée toutes les 24 heures et dont le personnel provient de la garnison du fort. Elle est composée d’un sergent, chef de poste « Unteroffizier » et de 3 hommes du rang.

Le poste de jour « Tagesposten » est composé d’une sentinelle placée devant la porte, avec cartouches.

Le poste de nuit se compose de 2 sentinelles, chargées de garder la remise de matériels « Materialschuppen ».

Patrouilles des auberges « Wirthshaus-Patrouilleure »

Le but de la patrouille dans les auberges est d’empêcher, que des militaires fassent du tapage dans les bistrots et dans les rues, ou aillent dans les établissements interdits. Ces patrouilles des auberges sont mises en place pour les dimanches et jours fériés, ou à l’occasion de festivités particulières. Les personnels affectés à ces patrouilles gardent leur coiffure, même à l’intérieur des bâtiments. Ces patrouilles ont autorité sur tous les sous-officiers, avec ou sans porte épée, et sur les hommes de troupe. Des querelles qui éclatent entre militaires, ou avec des civils, doivent être maîtrisée dès le début, les personnes à l’origine de la querelle ou les principaux participants doivent être appréhendé. Les patrouilles des auberges circulent pendant leur service dans les rues de leur secteur, pénètrent également dans les auberges dans lesquelles l’accès est autorisé aux militaires, dans le cas où ils sont fréquentés par des militaires, essentiellement dans établissements où l’on peut danser « Tanzlokale ».

Le régiment d’artillerie à pied n°10 « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 » est chargé d’effectuer les patrouilles à Oberhausbergen. Il est fort vraisemblable que le personnel de ces patrouilles est fourni par la garnison du Fort Großherzog von Baden. La patrouille se compose d’un sous-officier et d’un caporal « Gefreiter ».

Travaux avec la poudre

Dans les forts et ouvrages de fortification, lors des travaux avec la poudre, l’accès à la cour ou au local où se déroulent les travaux doit être limité au personnel désigné pour ce service. Le chef du poste de garde « Wachthabender » doit être avisé avant le début des travaux, de prévenir toutes les personnes entrant dans le fort. Cette mesure tout comme les mesures ultérieures comme l’interdiction de fumer, etc. doivent être ordonnées par le commandant du fort « Fortkommandant » qui doit être averti par le dépôt d’artillerie « Artilleriedepot » avant le début des travaux.

Ordonnances cyclistes

Les forts envoient le courrier qui ne transite pas par le télégraphe au moyen d’ordonnances cyclistes. Ces derniers avant de quitter le fort se présentent au garde du génie « Wallmeister », au sous-officier de l’arsenal d’artillerie « Zeugunteroffizier » et au télégraphiste dans le cadre de la collecte du courrier. Tous les samedis matin vers 9 heures, ils passent dans les bureaux de la Kommandantur, du dépôt d’artillerie « Artilleriedepot », du service des fortifications « Fortifikation » et de leur unité. Cette tournée doit être faite le plus rapidement possible par les ordonnances cyclistes pour qu’elles soient de retour au plus tard à midi.

Service de télégraphie

Pour tous les forts disposant d’une garnison permanente, un télégraphiste est détaché par le Gouvernement, pour être mise à la disposition du commandant du fort. Le télégraphiste loge dans le local du télégraphe, où, en plus de l’ordonnance, logent également autant que possible, deux soldats instruit dans le service du télégraphe provenant du détachement du fort. Aucun autre personnel n’a l’autorisation de loger dans ce local. Une ordonnance est détachée à partir du détachement du fort, pour transmettre des télégrammes et pour aider au nettoyage du local de la station du télégraphe, mais ce dernier suit le service courant du détachement du fort tel que les rassemblements pour les ordres, les consultations médicales, les heures de formation. Si au cours de ces absences un télégramme doit être remis, le télégraphiste fait appeler l’ordonnance. C’est pour cette raison que le lieu où se trouve l’ordonnance doit être connu dans le local du télégraphe. En dehors des personnels cités précédemment, personne ne doit séjourner dans ce local. Il est interdit de fumer dans le local de la station. Le télégraphiste de service est responsable pour l’appareil et ces accessoires et dans ce cadre il reçoit des directives particulières. Lorsque le temps est sec il doit aérer le local du télégraphe. Pendant cette opération, tout comme lors du nettoyage journalier du local avant la prise de service, l’appareil doit être muni de son couvercle de protection. En temps de paix, les heures de service de la station de télégraphie du fort Grossherzog von Baden sont les suivantes : en semaine de 7 heures (Hiver 8 heures) à 12 heures, l’après-midi de 14 heures à 19 heures ; le dimanche et les jours fériés de 7 heures (Hiver 8 heures) jusqu’à 12 heures et l’après-midi de 13 heures à 14 heures. Le télégraphiste doit se tenir en permanence dans le local de station pendant les heures de service ; mais si doit quitter son poste pour faire ses besoins, pour une durée maximum de 10 minutes, il doit rendre compte à la station du Gouvernement. Après son service, il peut quitter son local de service (mais pas le fort), mais il doit mettre en route le réveil ou sonnerie d’alarme « Wecker » et donner sa position dans le fort. Le local du télégraphe doit être occupé en permanence (ordonnance, pour que le télégraphiste puisse être rappelé). Le commandant du fort peut donner un congé d’une durée maximum de 6 heures en dehors des heures de service, mais ce congé ne doit pas dépasser l’heure du couvre-feu « Zapfenstreich », si un remplaçant peut être désigné au sein du détachement du fort. Tout congé ou remplacement doit être signalé à la station Gouvernement. Pour un congé d’une durée supérieure, le commandant du fort ou le chef du détachement de garde doit en faire la demande au service des fortifications sous réserve de le remplacer par un télégraphiste de forteresse « Festungstelegraphisten ». Le service des fortifications règle le problème du remplacement, rend compte à l’unité d’origine du télégraphiste sollicitant le congé et au Gouvernement. Pendant les exercices des télégraphistes de réserve, les télégraphistes des forts peuvent obtenir des congés par les commandants des forts les dimanches et jours fériés, sans toutefois dépasser l’heure du couvre-feu et sans être remplacés. Si un télégraphiste tombe malade de telle façon qu’il ne peut plus exercer son service, il doit, dans la mesure du possible, en avertir par télégraphe la station Gouvernement et oralement le commandant du fort pour qu’il demande un remplacement. Sinon il doit envoyer l’ordonnance, pour qu’il rende compte de la maladie à un gradé.

Personnel du service des fortifications, du dépôt d’artillerie, du service de garnison et du service des vivres

Pour la gestion et la maintenance des ouvrages de fortifications est placé sous la responsabilité du service des fortifications, pour le matériel d’artillerie, le dépôt d’artillerie, et d’autre part, le service de garnison et le service des vivres sont responsables pour les matériels et instruments entreposés dans le fort. Mais tous ces personnels qui interviennent dans le cadre de leur service sont placés dans le cadre de la police militaire sous la responsabilité du commandant du fort ou du chef de détachement de la garde. En conséquence, ils doivent prouver de la légitimité de leur mission en présentant leurs papiers d’identité au chef du détachement de garde, et en précisant le but et le lieu de leur intervention. Par ailleurs, ce personnel est chargé de soutenir le détachement de garde dans sa mission de surveillance, en signalant au chef du détachement de garde ou au commandant du fort pour les cas les plus graves, de tous ce qui n’est pas règlementaire ou qui paraît suspect.

Alimentation en vivres

L’alimentation des équipages des forts est du ressort de leur unité. Les primes complémentaires d’alimentation suivantes sont payés : à chaque capitaine ou commandant de compagnie, ou personnel commandant la compagnie encasernée dans un fort : 0,50 Mark par jour ; pour tous lieutenants affecté à une compagnie désigné des équipages des forts et qui loge dans le fort ou dans un village à proximité : 1,00 Mark ; pour chaque sous-officier marié, logé au fort et séparé de sa famille : 0,50 Mark par jour ; pour les sous-officiers et hommes du rang des détachements de garde : 0,10 M par jour et par tête. Les détachements de la garnison perçoivent le pain tous les quatre jours. Le pain est livré par le service des subsistances « Proviantamt » au profit de la garnison du Fort Großherzog von Baden et du Fort Fürst Bismarck est perçu les 3, 7, 11, 15, 19, 23, 27 et dernier jour du mois hormis en février. Si cette date de perception tombe sur un jour férié, elle est reportée au jour précédent. Il doit être perçu en présence d’un officier. Le détachement fournit une voiture propre et un homme de troupe pour cette mission.

Alimentation en eau potable

En règle générale, le pompage de l’eau par des personnels de l’équipage désignés par le sous-officier de jour après requête du garde du génie « Wallmeister » auprès du commandant du fort, doit être fait sous le contrôle de ce dernier. Si subitement il y avait un manque d’eau, le sous-officier de jour peu percevoir les clés auprès de la garde et faire mettre en route les pompes sous sa surveillance. L’alimentation en eau des forts Moltke, Roon, Feste kronprinz, Grossherzog von Baden, Kronprinz von Sachsen et Fürst Bismarck est réalisé à l’aide de moteurs par le responsable de l’entretien des casernes « Kasernenwärter », qui détient également les clés pour les locaux correspondants (local du moteur, du puits et des réservoirs). Dans ces derniers forts, l’entretien de l’ensemble des tuyaux d’eau potable et des installations est du ressort du servie de garnison « Garnisonverwaltung ». En dehors des pannes éventuelles, les pompes sont démontées et inspectées minutieusement une fois par an vers les mois d’avril-mai. A cette occasion les cylindres de pompe sont démontés, nettoyés et remontés, les pièces défectueuses sont réparées ou changées ; la graisse durcie doit être enlevée et tout le mécanisme doit être huilé et remis dans un état impeccable.

Soutien médical

Le service médical au profit des équipages des forts est du ressort du commandement du service médical. Sur chaque fort, sur lequel est encasernée une compagnie, le corps de troupe dont il relève doit détacher un sous-officier du service médical « Sanitätsunteroffizier ». Le médecin de garde de l’hôpital militaire de garnison n°2 « Garnison Lazaret II » est chargé du soutien médical du Fort Grossherzog von Baden et du Fort Fürst Bismarck. Les médecins concernés ont obligation d’assurer une consultation des malades de l’infirmerie tous les matins, dans les forts disposant d’au moins une compagnie, et pour les autres forts ils sont appelés en cas de besoin. Cette activité concerne : les soins des malades de l’infirmerie, de donner les consignes relatives à l’hébergement approprié de ces derniers, le maintien des conditions de santé dans les infirmeries, le contrôle du rangement et de la propreté de la chambre et le contrôle des soins prodigués par les soldats du service de santé. Si l’officier commandant le fort est présent, le médecin doit lui rendre compte de sa sortie. Les médecins des Forts sont soumis aux règles du service de garnison, et à ce titre sont détachés sous l’autorité militaire et disciplinaire du Gouverneur, et sur le plan médical sous l’autorité du médecin en chef de la Division.

Courriers

Les lettres ordinaires, cartes postales, imprimés, bons de livraison pour envoie de valeurs et lettres recommandées, ainsi que les directives de la poste, etc., sont récupérés pour tous les forts dans l’agence postale la plus proche par une ordonnance. Les officiers doivent rédigés une autorisation de chercher leur courrier et la déposée dans l’agence concernée. Les détachements doivent s’assurer que le nom du fort ne manque pas sur l’adresse. Les autres prestations postales non citées comme les envois urgent etc., sont ramené par le facteur local au poste de garde. Un registre de réception postal doit être créé. Une ordonnance du Fort Großherzog von Baden récupère le courrier à l’agence postale d’Oberhausbergen.

Changement du linge et du matériel des forts

Le changement de linge de lits est effectué tous les mois. Les détachements du Fort Großherzog von Baden, du Fort Fürst Bismarck et du Fort Feste Kronprinz échangent leur linge au dépôt du Großherzog von Baden. Les détachements du Fort Werder et Kronprinz von Sachsen échangent leur linge au dépôt du Fort Tann. Les détachements du Fort Moltke et Roon échangent leur linge au dépôt du Fort Moltke. Les serviettes sont échangées directement à la buanderie de garnison « Garnison-Waschanstalt » tous les samedis. Les forts qui n’ont qu’un détachement de garde changent leurs serviettes lors de la relève.

Stand de tir des forts

Le stand de tir dans le fossé du Fort Großherzog von Baden est réservé au régiment d’artillerie à pied n°10 « Fuß-Artillerie-Regiment Nr. 10 ». Le régiment d’infanterie n°105 « Infanterie-Regiment Nr. 105 » peut utiliser ce stand lorsqu’il est disponible.

 

Mardi 15 octobre 1902

 

Allemagne, armée : le recrutement de l’armée en 1901.

La revue militaires des armées étrangères nous a livré l’article suivant : Le compte rendu officiel des opérations de recrutement, en 1901, a été présenté au Reichstag le 15 octobre 1902 ; les résultats sont les suivants : Le nombre de jeunes gens sur lesquels les conseils ont eu à statuer, en 1901, a été de 1 198 499, se décomposant ainsi : 513 947 jeunes gens de 20 ans, à examiner pour la première fois ; 340 888 jeunes gens de 21 ans ; 263 911 jeunes gens de 22 ans ; 79 753 jeunes gens plus âgés : 79 753 ; total 1 198 499. Sur ce total, 135 966 ne se sont pas présentés, savoir : 49 244 comme introuvables, 86 722 come insoumis, total 135 966. Sur les 1 062 533 jeunes gens examinés, ont été : exclus 1 219, réformés 41 332, ajournés 564 127 (dont 309 186 de 20 ans, 229 497 de 21 ans, 12 780 plus âgés). On été affectés au Landsturm (1er ban) 100 071 ; à l’Ersatz-Reserve de l’armée de terre : 83 446 ; à l’Ersatz-Reserve de la marine : 1 308. Ont été déclaré bon à être incorporés 228 406 se décomposant en : jeunes gens de 20 ans 99 310, jeunes gens de 21 ans 54 615, jeunes gens de 22 ans 71 993, jeunes gens plus âgé 2 48, total 228 406. De plus, 13674 jeunes gens (12 766 de 20 ans, 908 de 21 ans) ont été classés dans la catégorie en surnombre (Überzählig) ; comme susceptibles d’être appelés sous les drapeaux en cas de déficit dans les hommes déclarés bon à être incorporés. Enfin le nombre des engagés volontaires de 20 ans et au-dessus, pendant l’année 1901, a été de 27 494 dans l’armée de terre et de 1 773 dans la marine. Lé décomposition du contingent à incorporer (228 406) est la suivante : armée de terre, service armé 215 479, service non armé 4 701, marine 8 226. Le total des jeunes gens entrés dans l’armée de terre a donc été, en 1901 : 220 180 hommes de class incorporés, 27 494 hommes de la classe ayant devancé l’appel comme engagés volontaires, 21 492 engagés volontaires avant 20 ans, y compris les volontaires d’un an, soit un total de 269 166.

Source : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°901, de décembre 1902, p 431-433.

 

Vendredi 18 octobre 1902

 

Allemagne, armée : mutations dans le Haut-Commandement.

La revue militaire des armées étrangères nous livre l’information suivante : Par décision du 18 octobre 1902, le grand-duc héritier de Bade, commandant le VIIIe corps d’armée, a été remplacé à la tête de ce corps d’armée par le général-lieutenant von Deines, commandant la 21e division d’infanterie.

Source : S0462 : Revue militaire des armées étrangères, tome 60, juillet – décembre 1902, n°900, de novembre 1902, p 351.

 

Lundi 17 novembre 1902

 

Empire allemand, voies de communication : les chemins de fer à voie étroite et d’intérêt local en cas de mobilisation.

La revue militaire des armées étrangères nous livre les informations suivantes : « Les ministres prussiens des travaux publics et de l’intérieur ont pris, à la date du 17 novembre 1902, un arrêté réglementant : 1e l’utilisation, en cas de mobilisation, des chemins de fer à voie étroite et d’intérêt local, par les hommes des réserves rejoignant leur lieu de mobilisation ; 2e le maintien à leur poste des employés de ces mêmes lignes appartenant à l’une des catégories des réserves.

Les compagnies de chemin de fer à voie étroite ou d’intérêt local sont tenues d’assurer, en cas de mobilisation, le transport des hommes des réserves sur la production des pièces justificatives réglementaires, ou même sur leur simple déclaration verbale.

Le maintien à la disposition des compagnies des employés mobilisables est prononcé par l’autorité militaire sur la demande des compagnies et l’avis du président du district de gouvernement (Regierungs Präsident). Pour les décisions de cette nature, les règlements antérieurs prescrivaient de tenir compte uniquement des intérêts militaires et des avantages sur pourraient présenter, pour la rapidité de la mobilisation, le maintien d’une exploitation intensive sur les lignes visées. Les règles posées par le nouvel arrêté sont moins étroites ; il devra, dorénavant être également tenu compte, dans des cas exceptionnels et particulièrement intéressants, des besoins de la vie économique générale. C’est dans ce but que l’autorité civile est associée à l’autorité militaire pour les décisions à prendre ».

Source : S0463 : Revue militaire des armées étrangères, Tome 61, janvier – juin 1903, n°902 Janvier 1903, R. Chapelot & Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris, 1903, page 86.

 

 

Contact

Fort Großherzog von Baden - Fort Frère Rue de la Colline
Oberhausbergen
67205
+33(0)6.98.23.30.14 contact@fort-frere.eu